Vous avez connu cet écran noir dans les années 90 ? Lenovo vient de le racheter

 
Lenovo vient de boucler le rachat de Phoenix Technologies, l’un des trois grands noms du BIOS depuis 1979. Une acquisition discrète, mais qui en dit long sur la bataille que se livrent les fabricants de PC à l’heure de l’intelligence artificielle embarquée.

Si vous avez monté et bidouillé un PC dans les années 90 ou 2000, vous avez forcément vu défiler ces lettres blanches sur fond noir au démarrage : « Phoenix BIOS ».

Une demi-seconde de texte ésotérique avant que Windows ne prenne la main. On n’y prêtait pas attention, et pourtant, c’est ce petit bout de code qui décidait si la machine voulait bien se réveiller.

Lenovo a annoncé le 28 avril 2026 avoir finalisé l’acquisition de l’activité firmware de Phoenix Technologies, entité enregistrée à Dublin, en Irlande. Le montant n’a pas été communiqué, ce qui est rarement bon signe pour les curieux. Concrètement, le chinois récupère la propriété intellectuelle du BIOS, les équipes d’ingénieurs, et au passage les relations historiques de Phoenix avec les fondeurs de puces.

Phoenix fournit déjà le firmware d’une partie de la gamme ThinkPad depuis plus de 20 ans, donc on parle d’un mariage déjà très avancé qu’on officialise.

Phoenix existe depuis 1979, a inventé le premier BIOS compatible IBM PC commercialisé en 1984 grâce à une technique de rétro-ingénierie en « clean room », et a fusionné avec Award en 1998. Bref, 47 ans d’histoire du PC qui basculent sous pavillon chinois.

Pourquoi Lenovo veut maîtriser ce qui s’exécute avant même Windows

Le BIOS, ou plutôt l’UEFI dans sa version moderne, c’est la première couche logicielle qui s’allume quand on appuie sur le bouton power. Il initialise les composants, gère la sécurité bas niveau, et passe ensuite la main à l’OS.

Jusqu’ici, Lenovo, comme Dell et HP, dépendait d’éditeurs tiers pour cette couche critique. Phoenix, AMI et Insyde se partagent le marché.

En internalisant Phoenix, Lenovo s’offre un « composant » que ses concurrents devront continuer à sous-traiter : la maîtrise verticale du démarrage de ses propres machines. Luca Rossi, président du groupe Intelligent Devices, parle de « tournant stratégique » et d’« économies significatives ».

Ils vont surtout arrêté de payer des licences à un fournisseur, et ils peuvent potentiellement optimiser le firmware spécifiquement pour nos machines, notamment les futurs PC IA dont tout le monde parle.

Lenovo joue l’intégration verticale à la Apple, version Wintel. C’est cohérent avec sa position de numéro un mondial du PC, et ça lui donne un levier que ses rivaux n’ont pas.


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