Data centers IA : pourquoi votre facture d’électricité peut grimper

Qui paie la facture ?

 
Bruxelles veut encadrer la consommation des data centers IA, dont la capacité doit doubler d’ici 2030. La question qui fâche : qui paiera la facture, eux ou nous ?
Le datacenter Roubaix 8 d’OVHcloud // Source : OVHcloud

La Commission européenne a dégainé le 3 juin des normes minimales d’efficacité énergétique pour les centres de données, ces immenses entrepôts de serveurs qui font tourner le cloud et l’IA. Le calendrier n’a rien d’anodin : leur capacité installée en Europe doit passer de 12 à 28 gigawatts d’ici 2030, soit plus du double. Et ils pèsent déjà plus de 2,5 % de l’électricité consommée dans l’UE. Le hic, c’est ce qui manque.

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Car un label de durabilité, censé couvrir la consommation d’eau et l’origine de l’électricité, devait sortir le même jour. Il n’est pas paru. Selon TheNextWeb, relayé par Clubic, la Commission bloque encore sur un point : comment traiter les installations alimentées au nucléaire. Le reste du paquet « souveraineté technologique » est bien là, lui, avec un règlement cloud et IA et une révision du Chips Act.

L’Irlande, le cas d’école qui fait peur à Bruxelles

Pour comprendre l’urgence, regardez l’Irlande. En 2024, ses data centers ont avalé 22 % de l’électricité nationale, plus que tous les foyers urbains du pays réunis. Aucun autre État membre n’en est là.

Depuis fin 2021, l’opérateur du réseau EirGrid n’a accordé qu’un seul nouveau raccordement, et un troisième centre de données Google s’est vu refuser son permis faute de capacité. Bruxelles a cité ce blocage pour justifier d’agir vite, avant que « ces défis » ne deviennent ingérables.

La France n’est pas à l’abri. La consommation de ses data centers a bondi de 38 % en trois ans, dont 70 % en Île-de-France, et RTE table sur une multiplication par 4 à 8 d’ici 2035. Des travaux cités par la Commission évoquent une hausse possible des prix de l’électricité de 20 à 40 % dans les zones très densifiées, dont Paris. Aux États-Unis, plus en avance, les factures ont déjà grimpé de 20 % dans des États comme l’Ohio ou la Virginie. Le problème, c’est que des normes d’efficacité ne créent pas de mégawatts en plus : elles rendent les machines moins gourmandes, pas le réseau plus grand.

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Et c’est là que ça coince pour nous. Le texte du 3 juin parle d’efficacité, point. Aucun mécanisme pour répartir la facture entre opérateurs et ménages, aucun calendrier contraignant avant une simple « évaluation des besoins » en 2027.

Pendant ce temps, le programme InvestAI prévoit cinq gigafactories IA d’un gigawatt chacune, soit la consommation annuelle de plus de 700 000 foyers par site.

Tant que personne ne tranche qui paie, le risque qu’on demande aux foyers de lever le pied aux heures de pointe pour laisser tourner l’IA n’a rien de théorique.


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