Pour l’ADEME, l’IA est une bombe énergétique avec un scénario noir à la clé

 
Parce qu’ils font tourner en permanence des milliers de serveurs tout en évitant leur surchauffe, les centres de données sont de véritables gouffres énergétiques. Quelle sera leur consommation électrique dans les années à venir ? L’ADEME a étudié la question et estime qu’une hausse spectaculaire de la demande se dessine à l’horizon.
Source : Freepik

Dans les années à venir, la consommation électrique mondiale devrait augmenter fortement en raison de l’électrification massive des usages, mais surtout de l’essor des centres de données. La demande en électricité de ces infrastructures ne cesse de croître. En 2024, leur consommation mondiale a déjà atteint 415 térawattheures (TWh), soit presque autant que celle de toute la France sur la même période (449 TWh).

Face à cette situation, de nombreux organismes se penchent sur les impacts des data centers sur le réseau électrique. Ce mois de janvier, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a publié une étude offrant un aperçu des trajectoires possibles de consommation énergétique de ces systèmes.

Quelles technologies feront le plus appel aux centres de données ?

Selon l’ADEME, l’intelligence artificielle sera le principal moteur de la croissance du numérique, et par conséquent de la consommation des centres de données. Cette nouvelle technologie requière des capacités importantes de calcul, fonctionne en continu, et se multiplie dans presque tous les secteurs.

De plus, son fonctionnement ne se limite pas aux usages directs : l’entraînement, la mise à jour, le test et l’affinage des modèles nécessitent des semaines, voire des mois, de calcul dans d’immenses fermes de serveurs.

Pointée également par l’ADEME, la blockchain pourrait connaître une forte expansion dans les prochaines années, même si elle reste encore marginale en France.  En effet, dans ce système, chaque transaction n’est pas traitée par un seul serveur, mais par des milliers de machines réparties dans le monde, qui vérifient et enregistrent la même information.

L’agence évoque aussi l’interconnexion croissante des machines via capteurs, objets connectés et systèmes automatisés. Cet échange entre machines génère un flux continu de données et amplifie les besoins en calcul et en stockage.

Enfin, la souveraineté numérique, la sécurité des données et les besoins liés à la défense sont autant de facteurs susceptibles de stimuler la construction et l’exploitation de nouveaux centres de données, avec évidemment leurs besoins énergétiques associés.

Une consommation quadruplée dans moins de 10 ans ?

L’étude décrit cinq scénarios d’évolution de la consommation des data centers. Le premier est basé sur la tendance actuelle, c’est-à-dire en tenant compte du contexte où les usages numériques explosent et où les infrastructures continuent de s’agrandir. Résultat : d’ici 2035, la consommation induite par les usages français pourrait quadrupler, passant de 23,7 TWh en 2024 à 105,5 TWh, puis à 234,97 TWh en 2060.

L’étude précise qu’une part importante de cette électricité est consommée à l’étranger. En clair, cette part correspond aux services numériques utilisés par les Français, mais qui sont hébergés ailleurs.

Les estimations de l’ADEME concernant l’évolution de la consommation des centres de données induite par les usages français. Estimations basées sur le scénario actuel. // Source : ADEME

Parmi tous les scénarios étudiés, seuls ceux fondés sur la sobriété permettent de contenir la consommation électrique et l’empreinte carbone du numérique. À l’inverse, miser uniquement sur la technologie conduit à une explosion des besoins énergétiques, difficilement compatible avec les objectifs climatiques.


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