« Un préjudice envers Renault » : pourquoi la marque au losange menace de lâcher Verkor, le fleuron français de la batterie

 
Fondée en 2020, la start-up française Verkor traverse une période très compliquée. Spécialisée dans la production de batteries pour voitures électriques, elle risque désormais de perdre Renault, son seul et unique client.
Alpine A390 // Source : Cetadi Prod pour Alpine

Si la demande en voitures électriques continue de progresser, en Europe et en France, tout n’est pas rose non plus. Et les équipementiers installés sur le Vieux Continent sont constamment sous pression. La faute à la concurrence chinoise, qui reste toujours très forte. Car le pays domine une grande partie de l’industrie automobile et de la filière des batteries. Cependant, certains acteurs ne comptent pas se laisser faire, au prix de nombreuses difficultés. On pense par exemple à ACC, la coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, qui traverse une situation très difficile.

Mais elle n’est pas la seule. Car c’est aussi le cas de Verkor. Fondée en 2020, la jeune start-up française est dans une période charnière, et pas simple du tout. Pour mémoire, l’entreprise possède actuellement une usine située à Dunkerque. Et elle travaille avec Renault, qui est l’un de ses actionnaires, et surtout son unique client pour le moment. Oui mais voilà que la firme au losange est loin d’être satisfaite. C’est en effet ce que nous explique le site Connaissance des Energies.

Alpine A390 // Source : Cetadi Prod pour Alpine

Si le groupe tricolore rappelle que « nous restons partenaire de long terme de Verkor », il explique que « nous assumons notre rôle de client industriel et nos contraintes économiques ». Or, la situation ne plaît pas à la firme, qui souligne que « les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des produits similaires fabriqués en Europe se sont fortement accrus ces derniers mois et ne peuvent pas être absorbés par Renault ». Et c’est ainsi que la firme a indiqué qu’elle ne fera pas appel à son partenaire pour équiper son nouveau Master électrique.

Concrètement, le grief de Renault porte sur deux points. D’abord, un retard de fabrication d’environ 18 mois, qui a obligé le constructeur à se fournir ailleurs. Ensuite, le prix : selon l’AFP, les écarts de compétitivité de Verkor par rapport à des cellules équivalentes produites en Europe se sont « fortement accrus ces derniers mois ».

Verkor s’engage à faire des efforts

Pour mémoire, Verkor équipe actuellement l’Alpine A390 avec ses batteries made in France, mais aussi une partie de la production du Renault Scénic E-Tech et de l’utilitaire FlexEVan. Mais la firme
pourrait finir par perdre son client si elle ne fait rien. Et ce alors que le constructeur au losange a fait des demandes claires à son sous-traitant. La firme au losange indique que « Verkor doit démontrer sa capacité à redresser sa trajectoire industrielle ».

Elle précise que « nous demandons à Verkor une feuille de route crédible et une gouvernance crédible, tenant compte du préjudice envers Renault ». Le tout tandis que l’entreprise a été contrainte de se tourner vers la firme coréenne LG pour fournir des packs pour son A390 GT. Mais Verkor n’a de son côté pas tardé à réagir à la demande de son partenaire. Dans un communiqué, la société a promis qu’elle tiendrait les délais pour lancer la production de série de ses batteries, « au second semestre 2026 ».

Renault Scenic E-Tech // Source : Renault

L’entreprise explique qu’elle « poursuit très activement avec Renault ses efforts pour renforcer sa compétitivité et apporter des réponses concrètes aux objectifs de son client ». Et elle souligne être pleinement consciente « de la pression concurrentielle du marché ». Pour mémoire, le constructeur au losange détient actuellement 12 % de Verkor. Et celle-ci a investi pas moins de 1,5 milliard d’euros dans son usine, dont près de la moitié est constituée d’aides publiques.

Le risque est d’autant plus grand que l’équilibre financier de Verkor reposait sur Renault. À sa signature, le contrat prévoyait que le constructeur commande 12 GWh de batteries par an, soit l’essentiel de la capacité de l’usine. Or les commandes fermes (Alpine A390, FlexEVan, une partie du Scénic) plafonnent aujourd’hui autour de 3 GWh, soit à peine le quart de ce qui était promis.


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