Stocks au plus bas : votre facture de gaz va encore grimper au 1er septembre

Les stocks de gaz sont insuffisants en Europe, et ça risque de nous coûter cher.

 
La crise du détroit d’Ormuz a eu des conséquences directes sur le portefeuille des Français, notamment sur le gaz. La situation n’est pas près de changer à quelques mois de l’hiver.
Méthanier Gaselys. // Source : RamaMore, Wikipedia

Chaque année, en Europe, le gaz est géré de manière cyclique : des stocks sont constitués d’avril à octobre, pour répondre aux besoins énergétiques accrus pendant la période de chauffe. L’idée de stocker le gaz permet non seulement de lisser le coût de l’achat du gaz, mais également d’avoir de la marge pour absorber les pics de froid pendant la saison hivernale.

Ce stock constitue également un tampon stratégique en cas de problème d’importation comme un incident géopolitique, un problème de gazoduc, etc.

Une situation géopolitique tendue

Cette année, il y a pourtant un problème : alors que l’objectif de remplissage des réserves est fixé à 90 % pour le 1er novembre, les réserves ne sont, selon Gas Infrastructure Europe, remplies qu’à 63 % à l’échelle européenne, contre environ 75 % en temps normal à cette période de l’année.

Cette situation est en partie due à un hiver 2025-26 qui a duré particulièrement longtemps, ce qui a eu pour effet de vider les stocks de manière plus importante que les autres années. En parallèle, les achats européens de gaz russe ont fortement diminué, restreignant l’offre.

Surtout, c’est la guerre au Moyen-Orient qui a limité le nombre de cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), faisant, par la même occasion, grimper les prix.

Pour rappel, c’est le détroit d’Ormuz qui se trouve au cœur de cette flambée : depuis le 28 février 2026, l’Iran en bloque le passage après des frappes américano-israéliennes. Or près de 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié transitent normalement par ce goulot stratégique, de quoi suffire à faire s’envoler les cours sur le marché européen.

Quels sont les risques cet hiver ?

Par rapport à la dernière crise de 2022, l’Europe est mieux armée pour répondre à une telle situation avec des capacités renouvelables bien supérieures, et des terminaux méthaniers supplémentaires pour une consommation de gaz inférieure.

Néanmoins, un épisode de froid prolongé associé à une faible production éolienne ou à une forte indisponibilité nucléaire pourrait avoir un impact financier direct sur le prix du gaz.

Car le risque principal est financier : si le stock européen n’est pas suffisamment rempli, de plus grandes quantités de gaz devront être achetées « au jour le jour » sur le marché de gros, c’est-à-dire à des tarifs plus élevés.

Où en est la France ?

La situation française est un peu meilleure que pour le reste de l’Europe, avec un taux de remplissage évalué à presque 67 % au 23 août 2026. Mais l’année dernière, à la même période, les stocks étaient remplis à 85 % pour atteindre 93 % à la mi-novembre. En février 2026, les stocks avaient été vidés au point de frôler les 20 %.

Si les risques de pénuries sont extrêmement faibles, le coût du gaz, lui, devrait augmenter. C’est d’ailleurs ce qu’a annoncé la Commission de régulation de l’énergie (CRE) le 10 août, avec une hausse de 5,6 % prévue pour le 1er septembre.

Dans le détail, tout le monde n’est pas concerné : la hausse touche les quelque 6 millions de foyers abonnés à une offre indexée sur le prix repère, soit environ 60 % des clients résidentiels au gaz.

Pour un ménage qui se chauffe au gaz et consomme autour de 12 000 kWh par an, la facture grimpe d’environ 115 euros sur l’année, le prix repère passant à 172,05 euros TTC le mégawattheure. Les abonnés à un contrat à prix fixe, eux, restent provisoirement à l’abri.


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