Pour Bill Gates, l’IA pourrait causer « un milliard de morts »

L'IA devenue arme

 
Bill Gates estime que l’IA est « assez puissante » pour provoquer « un milliard de morts », dans une interview à l’émission Meet the Press de NBC dont des extraits ont été publiés le 25 septembre 2026. Le cofondateur de Microsoft en conclut que les laboratoires d’IA ne peuvent plus se surveiller eux-mêmes.
Bill Gates

Ces dernières semaines, les débats autour du danger potentiel de l’IA à l’avenir font rages. Pour le patron de Nvidia, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais pour le co-cofondateur de Microsoft, Bill Gates, la situation est plus critique.

Bill Gates ne décrit pas une IA qui déciderait seule d’exterminer l’humanité. Il parle des humains qui s’en servent. D’après les extraits publiés par Axios, il affirme qu’il n’y a « jamais eu d’arme aussi puissante que la combinaison de gens mal intentionnés et des derniers outils d’IA ». Le danger qu’il pointe est donc l’usage criminel de l’IA, dès aujourd’hui.

Bill Gates a enregistré cet entretien le mercredi 23 septembre avec Kristen Welker, la présentatrice de Meet the Press, l’émission politique du dimanche de NBC. Dans les extraits disponibles, il ne détaille aucun scénario précis. Il ne parle ni d’arme biologique ni de drone autonome, et n’explique pas d’où sort son milliard de morts.

Le cofondateur de Microsoft consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à sa fondation, mais il a joué un rôle déterminant dans le partenariat entre Microsoft et OpenAI, celui qui a mis ChatGPT dans les mains du grand public.

« Personne ne pense que l’autorégulation suffit »

Bill Gates tire de son constat une conclusion politique. « Personne ne pense que l’autorégulation suffit », a-t-il déclaré dans la partie de l’entretien consacrée à la régulation, publiée par NBC News. Kristen Welker lui a demandé si Washington devait voter une loi. Il a répondu « absolument ».

Sa proposition reste pourtant floue. Il veut que les forces de l’ordre et les responsables politiques participent à la définition des garde-fous et de la surveillance, et que ces règles soient obligatoires. Il concède un coût pour les entreprises, « un peu de charge », sans « ralentissement spectaculaire » selon lui.

Quelques semaines plus tôt, les CEO de plusieurs géants de l’IA américains ont reconnu qu’il fallait ralentir le rythme. Bill Gates juge que cette bonne volonté ne suffit pas, alors que la Silicon Valley a longtemps défendu l’idée qu’elle pouvait se contrôler seule. Sans contrôle extérieur, rien n’oblige un géant à tenir sa promesse quand un concurrent accélère.

Chez lui, le discours s’est durci depuis plusieurs mois. Il a déjà réclamé une taxe sur l’IA et désigné trois métiers qu’elle épargnerait. En août, dans un long texte publié sur son blog Gates Notes, il estimait qu’au rythme actuel, le risque d’un bilan globalement négatif était « très élevé ».

NBC diffusera l’entretien complet le dimanche 27 septembre. Le Congrès américain, lui, n’a toujours pas voté de garde-fous fédéraux pour l’IA.


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