8300 connexions par jour : comment votre téléphone Android vous espionne continuellement (et comment GrapheneOS peut vous aider)

 
Une récente étude a mis en lumière le nombre de fois qu’un téléphone Android transmet discrètement des informations à Google en 24 heures. De quoi donner envie de jeter son téléphone dans l’océan et de partir vivre dans les bois.
Votre téléphone est plus bavard que vous ne le pensez // Crédit : Corentin Béchade pour Frandroid

« Votre téléphone ne dort jamais ». En une simple phrase, l’étude menée par PraveenTechWorld Engineering Lab résume bien l’ampleur de l’espionnage permise par nos smartphones. Un simple Pixel 8 avec ses paramètres par défaut se connecte discrètement 348 fois par heure aux serveurs de Google, soit 8300 fois par jour environ.

Pour mener cette enquête, les chercheurs ont laissé le téléphone en veille pendant 72 heures et ont analysé les requêtes réseau qui en émanaient. Ils ont ensuite fait la même expérience avec un téléphone sous GrapheneOS, le système d’exploitation dégooglé et basé sur Android.

Des pings dans tous le sens

Par défaut donc, sans rien toucher aux paramètres de transmission des données, un téléphone, même inutilisé, transmet des données en permanence. Mais lesquelles exactement ?

Les plus courantes (avec 84 pings par heure environ) sont celles relatives aux réseaux Wi-Fi à proximité. Cela permet à Google de déterminer votre position, même sans signal GPS. Viennent ensuite les informations relatives au profil de votre téléphone (identifiant unique, profil de configuration, empreinte de carte SIM, etc.) pour lier l’appareil à votre identité (48 pings par heure). Les requêtes vers Google Photos interviennent 28 fois par heure et celles vers Google Search 22 fois par heure. Bizarrement, celles pointant vers le serveur de notification n’arrivent qu’une quinzaine de fois par heure, malgré leur utilité plus évidente.

Les comparaisons selon les paramètres et les OS utilisés // Crédit : PraveenTechWorld 2026 DeGoogle Telemetry Study

Bonne nouvelle tout de même, si vous décochez patiemment toutes les options de transmission de données et que vous n’activez aucun capteur, vous pouvez passer de 348 requêtes par heure à 194. Une baisse de 44 % des données transmises qui se gagne de haute lutte tellement les menus pour limiter la transmission de données peuvent être obscurs et éclatés à droite à gauche.

L’avantage de GrapheneOS

Le même test avec GrapheneOS, cette fois-ci, permet de visualiser la différence entre l’Android Stock et les versions alternatives de l’OS.

Un Pixel 8 avec l’OS dégooglé émet seulement 12 requêtes par heure, uniquement pour aller interroger le serveur de notifications de Google. Celles et ceux qui utilisent GrapheneOS, mais sans les services Google Play (qui assurent la compatibilité avec certaines apps), atteignent fort logiquement le joli nombre de zéro requête par heure. Preuve s’il en faut que dégoogler son téléphone peut avoir des effets concrets.

Pour aller plus loin
GrapheneOS vs /e/OS : j’ai utilisé ces deux alternatives à Android, voilà la meilleure pour se dégoogler au quotidien

Si vous souhaitez bloquer certaines requêtes vers les serveurs de Google sans pour autant changer votre système d’exploitation, les chercheurs ont mis à disposition une liste de blocage DNS. Attention, cela dit, l’implémenter risque de bloquer certaines fonctionnalités, notamment la distribution des notifications et les vérifications de sécurité de certaines apps. Et si vous voulez jauger votre degré de dégooglage, un petit module sur le site permet de faire précisément cela.


Si vous voulez recevoir les meilleures actus Frandroid sur WhatsApp, rejoignez cette discussion.

Recherche IA boostée par
Perplexity