
L’information vient de deux fonctionnaires de la Commission, anonymes, qui parlent à CNBC. Rien n’est gravé dans le marbre, mais une date est posée : le 27 mai 2026. C’est ce jour-là que Bruxelles doit présenter son paquet « Tech Sovereignty », qui inclura le Cloud and AI Development Act (CADA) et un Chips Act 2.0. Bref, l’arsenal réglementaire pour reprendre la main sur l’infrastructure numérique européenne.
Concrètement, l’idée n’est pas d’interdire Amazon (AWS), Microsoft (Azure) ou Google Cloud sur le sol européen. Le projet, tel que rapporté par CNBC, consiste à définir des secteurs critiques dont les données devraient tourner sur des plateformes européennes. « L’idée centrale, c’est de définir les secteurs qui doivent être hébergés sur de la capacité cloud européenne », a expliqué l’un des fonctionnaires de la Commission à CNBC. Trois domaines sont sur la table : les données financières, judiciaires et de santé. Le privé, lui, ne serait pas concerné.
Pourquoi Bruxelles s’agite maintenant
Parce que la dépendance européenne est devenue embarrassante. Selon les données du cabinet Synergy Research Group, les fournisseurs américains détiennent 85 % du marché du cloud en Europe. Et avec le CLOUD Act voté en 2018, le gouvernement américain peut demander à Amazon, Microsoft ou Google des données stockées en Europe, même celles de citoyens européens. Difficile à vendre quand on parle de dossiers médicaux ou de fichiers judiciaires.
Le contexte géopolitique pèse aussi. Les tensions avec l’administration Trump et la guerre en Ukraine ont accéléré la prise de conscience. D’ailleurs, en novembre dernier, les 27 États membres ont signé une déclaration commune pour renforcer la « souveraineté numérique » du bloc et réduire les « dépendances stratégiques ».
Du discours aux actes, ça commence à bouger
Bruxelles a déjà mis 180 millions d’euros sur la table en avril dernier pour quatre projets de cloud souverain destinés aux institutions européennes, selon CNBC. La France, de son côté, déploie Visio, son outil de visioconférence développé en interne, censé remplacer Microsoft Teams et Zoom dans les administrations d’ici 2027. Il est également question de remplacer Windows sur les PC.
Pour aller plus loin
La France déploie Visio, son outil censé remplacer Microsoft Teams et Google Meet
Reste l’obstacle politique. Le paquet devra être validé par les 27 États membres pour devenir loi, ce qui est rarement une formalité.
Tout le monde n’a pas la même grille de lecture : certaines capitales ont signé des contrats pluriannuels avec Microsoft ou Google, d’autres misent déjà sur de l’open source.
Une porte-parole de la Commission a vendu l’opération à CNBC en disant qu’il s’agissait pour « l’Europe de se réveiller et de se ressaisir ».
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