Le service de SVoD de TF1, France Télévisions et M6 tarde toujours à sortir. L’Autorité de la concurrence a reçu les responsables de la plateforme pour entendre leurs propositions visant à éviter tout abus d’influence.

TF1, France Télévisions et M6 vont lancer leur propre service de SVoD baptisé Salto. Les trois groupes de télévision comptent bien avoir leur part du gâteau dans un secteur en pleine croissance, même si parler d’un « Netflix français » serait présomptueux.

Passant devant l’Autorité de la concurrence pour avoir leur aval, ils ont dû se mettre des barrières pour respecter les prérogatives de l’organisation. Ainsi, les trois groupes ne devraient pas avoir autant d’influence sur le service qu’ils l’espéraient.

Éviter l’abus d’influence

L’autorité de la concurrence veut éviter la multiplication de passerelles entre Salto et les groupes. Les maisons mères l’ont compris et ont décidé de lui proposer plusieurs engagements auxquels Les Echos ont eu accès.

Important à savoir : d’après les informations de Les Echos, seuls 40 % du volume horaire des contenus proposés par Salto pourront provenir de programmes dont les droits appartiennent en exclusivité à TF1, M6 ou France Télévisions. En d’autres termes, 60 % du catalogue devront être acquis auprès d’ayants droit tiers.

Salto devrait également diffuser des chaines de la TNT, mais le service ne pourra pas bénéficier de tarifs préférentiels et devra payer les droits de diffusion au même prix que Free, Bouygues, SFR, Orange ou encore Molotov. Il ne pourra pas non plus proposer des chaines en exclusivité.

Il sera interdit également de faire de la promotion pour Salto de manière préférentielle, à la manière de la diffusion de chaines, le service devra payer la somme due pour pouvoir apparaître sur une page de pub.

Des bâtons dans les roues

Enfin, les collaborateurs de Salto ne pourront pas être des employés de TF1, France TV ou M6. L’Autorité de la concurrence se chargera de vérifier que ces conditions sont respectées, si elles sont acceptées. Elles seront mises en place pour une durée de 5 ans avant d’être potentiellement renouvelées.

L’Autorité va étudier ces propositions dans les prochaines semaines et rendra son verdict par la suite. Ainsi, Salto pourra se constituer une équipe qui mettra en place la stratégie du service. De la sortie officielle de la plateforme à son prix, etc.

Ce que l’on retient surtout, c’est que l’ensemble de ces mesures semblent mettre des bâtons dans les roues de Salto qui devrait avoir encore plus de difficultés à s’imposer dans un marché très concurrentiel.