
L’IA sait corriger un bug ou répondre à un client. Diriger une entreprise pendant des mois, c’est une autre histoire. Trois chercheurs de l’université de Princeton, Haozhe Chen, Karthik Narasimhan et Zhuang Liu, viennent de le mesurer avec un test baptisé CEO-Bench : ils ont placé des agents d’IA à la tête d’une start-up fictive de logiciels pendant 500 jours simulés.

Chaque modèle partait avec un million de dollars en caisse et devait fixer les prix, répartir le budget marketing, surveiller la concurrence et tenir une stratégie. Le bilan n’est pas glorieux.

Un script sans IA bat presque tous les modèles
Sur l’ensemble des modèles testés, seuls trois ont fini avec plus d’argent qu’au départ. Selon le papier de recherche publié sur arXiv, Claude Opus 4.8 termine autour de 27,8 millions de dollars (environ 24,6 millions d’euros) et GPT-5.5 vers 21,3 millions (environ 18,9 millions d’euros), sur leur meilleur essai.
Les autres ont soit perdu de l’argent, soit fait carrément faillite avant la fin : Grok 4.20 n’a tenu que 37 jours dans le meilleur des cas, Gemini 3 Flash et DeepSeek V4 Pro n’ont pas survécu non plus. Le plus parlant : un agent « bête », codant des règles fixes sans la moindre IA, a fini avec 15,76 millions de dollars (environ 14 millions d’euros), devant la quasi-totalité des modèles de langage. Il n’a jamais réellement compris son marché, mais il a tenu sa ligne sans se saborder.

Evidemment, il y a des limites à garder en tête avant de conclure. D’abord, les résultats varient énormément d’un essai à l’autre : GPT-5.5 a oscillé entre une faillite au bout de 77 jours et un parcours complet sur 500 jours. Ensuite, un détail qui concerne directement les entreprises : quand les chercheurs lancent Claude Opus 4.7 via Claude Code, un outil conçu pour le développement logiciel, les performances chutent nettement. Les consignes pensées pour coder brident le modèle dès qu’on lui demande de gérer une entreprise. L’agent qui sait écrire du code n’est pas pour autant un bon dirigeant.
Pour l’instant, le métier de patron reste un métier d’avenir. CEO-Bench montre surtout que ces modèles peinent à enchaîner des centaines de décisions liées sous incertitude, là où ils brillent sur des tâches courtes et cadrées. Si une entreprise rêve de confier ses opérations à un agent autonome, ce travail invite clairement à garder un humain aux manettes.

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