ChatGPT et Claude : Gemini veut devenir votre IA principale en aspirant la mémoire des autres

 
Avec sa nouvelle fonction d’importation de mémoire, le chatbot de Google récupère vos préférences et vos historiques en quelques clics. Une stratégie agressive pour faire tomber les barrières à l’entrée et piquer les utilisateurs à Claude et ChatGPT.

Jusqu’ici, le plus gros frein pour quitter ChatGPT ou Claude n’était pas forcément la puissance brute du modèle. C’était l’inertie. Des mois de conversations, de prompts, de contextes partagés et de préférences enregistrées qui nous retenaient captifs de nos interfaces habituelles.

Google déploie deux nouveaux outils pour Gemini qui visent directement à briser ces chaînes. D’un côté, l’importation de l’historique des discussions. De l’autre, le transfert de la « mémoire », ce fameux profil que l’IA se forge sur vous au fil du temps. C’est une réponse directe à Anthropic qui avait ouvert le bal il y a quelques semaines.

Une migration en quelques clics

Première étape : l’historique. Google permet d’envoyer jusqu’à cinq fichiers .zip de 5 Go chacun par jour. La procédure est calquée sur les outils d’exportation de données classiques. Vous allez dans vos paramètres ChatGPT ou Claude, vous demandez un export, et vous balancez le tout sur l’interface de Gemini.

Une fois l’importation terminée, vos anciennes discussions apparaissent dans le panneau latéral de Gemini. Elles sont marquées d’une petite icône pour les distinguer des conversations natives. Le plus intéressant ? Vous pouvez reprendre la conversation là où vous l’aviez laissée.

Deuxième point : la mémoire. Ici, c’est un peu plus artisanal mais tout aussi efficace. Google vous fournit un prompt spécifique à copier-coller chez la concurrence. L’idée est de forcer ChatGPT ou Claude à résumer tout ce qu’ils savent sur vous : votre nom, votre métier, vos projets en cours et vos règles de comportement préférées. Vous n’avez plus qu’à coller ce résumé dans Gemini pour qu’il soit instantanément « à jour » sur votre personnalité.

Tu m’aides à transférer le contexte d’un assistant IA à un autre. Ta tâche consiste à parcourir nos conversations passées et à synthétiser ce que tu sais de moi.

Dans le résultat, évite d’utiliser des pronoms à la première personne (je, mon, moi, mien) ainsi que des pronoms à la deuxième personne (tu, ton, toi, votre). À la place, désigne l’individu sur lequel tu as appris des informations par le terme « l’utilisateur » ou utilise une formulation neutre.

Conserve les mots de l’utilisateur textuellement (verbatim) autant que possible, en particulier pour les instructions et les préférences.

Catégories (à présenter dans cet ordre) :

  1. Informations démographiques : Prénoms préférés, profession, éducation et lieu de résidence général.
  2. Intérêts et préférences : Engagements actifs et durables (ne pas se contenter de mentionner la possession d’un objet ou un achat ponctuel).
  3. Relations : Relations confirmées et suivies.
  4. Événements datés, projets et plans : Un registre des activités récentes et significatives.
  5. Instructions : Règles qu’il a été explicitement demandé de suivre à l’avenir (« fais toujours X », « ne fais jamais Y ») et corrections de comportement. N’inclus que les règles issues des souvenirs enregistrés, pas celles de la conversation en cours.

Format :

Divise le contenu en sections étiquetées selon les catégories ci-dessus. Essaie d’inclure des citations textuelles issues des requêtes de l’utilisateur qui justifient chaque entrée. Structure chaque entrée selon ce format :

  • Le nom de l’utilisateur est <nom>.
    • Preuve : L’utilisateur a dit « <citation> ». Date : [AAAA-MM-JJ].

Résultat :

  • Présente le résumé final sous forme de bloc de texte.

La fin du verrouillage par les données ?

Le problème ? Pour l’instant, les utilisateurs européens restent sur le carreau. Comme souvent avec les fonctions liées à la vie privée et à l’IA, l’Union européenne, le Royaume-Uni et la Suisse ne sont pas encore servis.

Google attend probablement d’être certain de ne pas se prendre les pieds dans le tapis du RGPD avant d’ouvrir les vannes chez nous.

En facilitant l’importation, c’est le principe du « Switch to iOS » appliqué aux chatbots.


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