Un ancien d’Epic Games veut construire une alternative européenne à l’Unreal Engine

 
La souveraineté européenne est à la mode et cela devrait se traduire jusque dans nos jeux vidéo, estime Arjan Brussee, ancien de chez Epic Games qui s’est lancé le défi de faire un moteur 3D concurrent à celui d’Epic Games.
L'Unreal Engine 5.
Le moteur Unreal Engine 5 // Source : Unreal Engine

Omniprésent dans l’industrie du jeu vidéo, l’Unreal Engine pourrait bientôt avoir de la concurrence. Un développeur indépendant s’est en effet lancé dans la lourde tâche de développer une solution de moteur 3D concurrente et 100 % européenne.

Ce projet n’est pas exactement porté par n’importe quel développeur indépendant cela dit, puisque c’est Arjan Brussee, cofondateur de Guerrilla Games (connu pour Killzone et Horizon) et ancien de chez EA Games et Epic, qui s’est lancé ce défi explique Video Games Chronicles.

Une responsabilité au-delà du jeu vidéo

Après plus d’une dizaine d’années passées chez Epic Games, le Néerlandais estime qu’il est temps de construire « un moteur 3D 100 % européen qui obéit aux lois et aux directives européennes ». Son petit nom ? L’« Immense Engine ». Son immense tâche ? Rien de moins que de remplacer l’une des pierres angulaires de l’industrie vidéoludique moderne.

Selon Brussee, réduire la dépendance de l’UE à l’Unreal Engine, qui est développé et maintenu par une entreprise américaine, est une tâche critique. « La création d’univers 3D revêt une importance croissante, et ce, bien au-delà du simple domaine du jeu vidéo », explique le célèbre développeur, citant volontiers les besoins du secteur de la défense ou de l’industrie logistique. Liste à laquelle on pourrait rajouter celle de l’industrie cinématographique, qui utilise aussi volontiers l’Unreal Engine.

Arjan Brussee (centre gauche), en 2016 // Crédit : Official GDC – Flickr (CC BY 2.0)

Par ricochet, Arjan Brussee s’attaque donc aussi au monopole de Unity, l’autre grand moteur 3D de l’industrie, lui aussi américain malgré une naissance historique au Danemark. Godot, moteur 3D open-source, est aussi dans le viseur même s’il n’est pas nommé. Fort de sa réputation d’ancien du secteur, le développeur explique qu’il y a une opportunité grâce à l’utilisation de l’IA.

L’IA en atout ?

« Si vous êtes malin et savez comment mettre à profit une galaxie d’IA agentique, vous pouvez accomplir le travail de dix ou quinze personnes », affirme Arjan Brussee. Selon lui, les possibilités offertes par cet outil exigent « de repenser le développement de ces outils cruciaux » sans exactement expliquer ce qu’il entend par là.

Pour aller plus loin
Les soucis de performance de l’Unreal Engine 5, bientôt de l’histoire ancienne ? Le président d’Epic Games répond

Si la mission est indéniablement noble, elle est aussi titanesque, puisque le développement et l’entretien d’un moteur comme l’Unreal Engine nécessitent l’implication d’une lourde équipe. Aux dernières nouvelles, le moteur 3D d’Epic est utilisé par 850 000 personnes à travers le monde. Pas sûr qu’une poignée d’IA méticuleusement choisie suffise à faire face à ces besoins.


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