OpenAI lance GPT-5.6 et ChatGPT Work : la guerre des agents est déclarée face à Anthropic

La riposte d'Altman

 
OpenAI vient de libérer GPT-5.6 au grand public et lance dans la foulée ChatGPT Work, un agent qui rend des documents finis. Le calendrier n’a rien d’un hasard : Anthropic a dégainé son équivalent Claude Cowork deux jours plus tôt.
Crédits : Frandroid

Sam Altman, patron d’OpenAI, a qualifié GPT-5.6 de meilleur modèle que son entreprise ait jamais produit. La formule est attendue à chaque lancement. Ce qui l’est moins : il aura fallu le feu vert de l’administration Trump pour que le modèle sorte de sa cage. Pendant deux semaines, GPT-5.6 est resté réservé à une vingtaine d’organisations triées sur le volet, dans le cadre d’une prévisualisation validée par Washington.

GPT-5.6, ce n’est pas un modèle mais trois. OpenAI a changé sa façon de nommer : le chiffre désigne la génération, les noms Sol, Terra et Luna désignent des niveaux de puissance. Sol est le modèle haut de gamme, tourné vers le code, la cybersécurité et la science. Terra vise les tâches d’entreprise en volume, Luna joue la carte du rapide et pas cher.

Côté tarif développeur, Sol coûte 5 dollars par million de « tokens » en entrée et 30 en sortie (environ 4,40 € et 26 € HT), Luna descend à 1 et 6 dollars (environ 0,90 € et 5,20 € HT). Un « token » est un morceau de mot : plus le texte est long, plus la facture grimpe.

Le même jour, OpenAI a dévoilé ChatGPT Work. L’idée est de donner à un utilisateur non technique les capacités de Codex, l’outil de codage maison, pour des tâches qui n’ont rien à voir avec la programmation. L’agent va chercher le contexte dans vos applications et vos fichiers, puis produit des documents, des tableurs, des présentations. Un « annuaire de plugins » le connecte à Slack, Gmail, Google Drive, aux agendas et aux logiciels de gestion de clients. Sur ordinateur Mac et Windows, même les utilisateurs gratuits y ont accès immédiatement ; sur mobile et web, le déploiement se fait par vagues.

OpenAI contre Anthropic, coup pour coup

Le calendrier trahit une bataille rangée. ChatGPT Work est le clone assumé de Claude Cowork, l’agent d’Anthropic qui combine son modèle Claude et Claude Code. Or Anthropic a justement étendu Cowork au mobile et au web deux jours avant, après l’avoir lancé en janvier sur ordinateur. Même promesse des deux côtés : un assistant qui bosse en arrière-plan, vous prévient sur le téléphone quand il a besoin d’une décision, et ne valide rien sans votre feu vert. Les deux entreprises visent le même terrain, celui du salarié de bureau qui n’ouvre jamais un terminal.

La donnée la plus parlante vient d’Anthropic : sur 1,2 million de sessions Cowork analysées, le développement logiciel représente moins de 9 % des usages. Le reste, ce sont des rapports, des comptes rendus, des tableurs, des présentations client. Ces agents nés pour coder servent surtout à abattre la paperasse. C’est exactement le marché que vise ChatGPT Work, et c’est plus large que celui des développeurs.

Ce duel n’est pas théorique. Un utilisateur raconte que GPT-5.6 Sol lui a fait économiser 650 euros d’assurance en comparant seul des dizaines d’assureurs pendant qu’il promenait son chien. C’est le genre de démonstration qui a lancé toute cette course, dans le sillage de l’agent open source viral OCPlatform, qu’on héberge soi-même. D’autres projets suivent la même logique d’agent qui s’améliore, comme Hermes Agent, qui apprend de ses erreurs.

OpenAI mise gros sur Sol pour reprendre la main, et le vend comme une alternative moins chère aux modèles les plus puissants de la concurrence, en pleine grogne sur la hausse des coûts de l’IA.

Face à Claude Fable 5 et à Cowork, la promesse tient sur le papier. En pratique, l’assistant qui gère vraiment votre journée reste hors de portée des deux camps : on jugera sur l’usage réel, une fois passé l’effet d’annonce.


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