Le boycott d’Anthropic par la Maison-Blanche constitue des « représailles illégales », tranche la justice

 
Écarté par Donald Trump il y a quelques mois en raison de son refus de travailler avec l’armée américaine, Anthropic va pouvoir faire son retour au sein de l’administration étasunienne, a décidé la justice.
Claude de nouveau bienvenu à la Maison-Blanche ? // Crédit : Anthropic

C’est un revers de plus pour Donald Trump. Alors que le président de la première puissance mondiale avait récemment interdit l’usage de Claude et consorts dans toutes les branches de son gouvernement, voilà que la justice s’est prononcée en faveur de la célèbre entreprise d’IA.

Dans un verdict rendu le 27 août et remarqué par Reuters, la juge américaine Rita Lin a décrété que le boycott d’Anthropic par Donald Trump constituait des « représailles illégales » aux yeux de la loi et que le président n’avait donc pas la légitimité pour bannir l’utilisation de ces grands modèles de langage au sein de son administration.

Un cas hissé en « exemple » par Trump

« L’invocation sans fondement des prétextes de sécurité nationale ne constitue pas un blanc-seing pour punir et réprimer les détracteurs du gouvernement », a statué la justice. Hors de question de laisser le président faire de cette affaire un exemple sous prétexte qu’il juge l’entreprise « arrogante ».

Une décision accueillie favorablement par Anthropic, qui se dit « déterminée à collaborer efficacement avec le gouvernement afin de mettre l’IA au service de notre sécurité nationale ». Exit donc la qualification de la firme comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement » qui handicapait l’entreprise dans ses possibilités de partenariat. À moins que la Maison-Blanche ne fasse appel.

Après avoir refusé de faire sauter les garde-fous autour de l’utilisation de ses IA pour renforcer la surveillance intérieure et équiper les systèmes d’armes autonomes du pays, Anthropic s’était fait gentiment qualifier d’entreprise « hors de contrôle » appartenant à la « gauche radicale ». Un épisode qui avait rappelé le pouvoir qu’exerce la parole de Donald Trump sur le monde de l’IA. Une inquiétude accentuée par la désactivation forcée de Fable 5 et Mythos 5 quelques semaines plus tard sur ordre du département du Commerce.

Les relations s’étaient d’ailleurs améliorées suite à cet épisode, Donald Trump estimant que Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, avait agi « très rapidement » et « de manière responsable ». Un retour dans les bonnes grâces du président qui devrait rendre le jugement récent plus facile à avaler.

Volte-face d’Anthropic ?

Notons tout de même que si Anthropic s’était positionnée comme un rempart face au pouvoir de Donald Trump à cette occasion, la firme collaborait tout de même avec le ministère de la Défense, qui avait obtenu une exemption au boycott sous prétexte que les modèles étaient les seuls habilités à manipuler des informations secret-défense.

Pour aller plus loin
Anthropic : derrière la désactivation de Fable 5 et Mythos 5, une peur de la Chine et de la Russie

L’enthousiasme avec lequel les porte-parole de la firme ont accueilli la possibilité de travailler de nouveau avec le gouvernement montre bien qu’on ne se passe pas d’un client comme la Maison-Blanche aussi facilement que ça.


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