
La synchronisation des données via le cloud est à coup sûr une innovation pratique. Sauf quand elle sert à récupérer des preuves pouvant être utilisées contre soi dans un procès pénal aux enjeux colossaux. C’est ce qui semble pourtant être arrivé à un ancien ingénieur de chez Apple accusé de recel de secrets industriels.
Dans l’affaire qui oppose la firme à la pomme à OpenAI, des données prouvant le méfait auraient ainsi été récupérées à cause d’une bête synchronisation iCloud entre les machines utilisées par Chang Liu, l’employé transfuge au cœur de toute cette polémique remarque 9to5Mac.
Des risques de destruction de preuve
Notamment accusé d’avoir conservé un accès non réglementaire aux serveurs d’Apple après son départ, l’ex-collaborateur a été obligé, après des semaines de tractations, de rendre un MacBook embarqué lors de son départ. Petit problème, ce MacBook était encore synchronisé avec son compte iCloud. Résultat, d’autres projets entamés sur un Mac Mini se sont retrouvés téléchargés sur la mémoire de l’ordinateur portable auquel Apple a pu avoir accès.
Pas de chance, l’outil utilisé pour travailler sur ces fichiers porte le même nom qu’une application interne de chez Apple utilisée pour le travail de développement. De quoi prouver, selon la firme, le besoin d’agir vite et de récupérer un maximum de preuves le plus rapidement possible.
Car, dans le document partagé avec la cour, Apple réitère son envie de voir ce procès se tenir le plus rapidement possible, le risque de voir des preuves disparaître étant non négligeable. En effet, des messages laissent penser que Chang Liu et d’autres employés d’OpenAI ont envisagé de remettre le fameux MacBook à zéro pour effacer un maximum de données potentiellement incriminantes.
« En d’autres termes, ils ont évoqué la possibilité de détruire les types de données judiciaires dont Apple a besoin […] Ces nouveaux éléments mettent en évidence le risque bien réel de destruction de preuves », clame Apple.
Le secret industriel à l’heure de l’IA
Avant ces révélations, OpenAI affirmait que la requête en référé d’Apple était « sans fondement » et que la firme était partie « à la pêche » aux preuves pour essayer de faire tenir cette affaire debout.
Pour aller plus loin
« Apple se trompe » : OpenAI riposte et dézingue la plainte d’Apple, captures d’écran à l’appui
Comme le souligne Apple cela dit, les risques dans cette affaire vont bien au-delà de cet acte isolé de potentiel piratage. « Lorsqu’un secret industriel passe dans la moulinette d’un modèle d’IA qui “s’éduque” à partir de ces données, cet apprentissage peut donner lieu à des utilisations incontrôlables, propageant de manière continue ces données. » Avec l’IA, le vol de secret industriel passe aussi la seconde.
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