
L’humeur n’est pas au beau fixe au sein de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Après un piratage massif en février 2026 avec 1,2 million d’IBAN de contribuables exfiltrés par les cybercriminels, rebelote fin juin, avec une confirmation de Bercy à la mi-août. Près de 700 000 personnes sont concernées cette fois-ci, particuliers comme professionnels.
L’événement secoue au point que le premier ministre Sébastien Lecornu annonce rapidement la constitution d’une cellule de crise. Elle se tient dans un contexte tendu où la France est régulièrement frappée par des cyberattaques ciblant ses institutions.
En parallèle, certains demandent des comptes. Plusieurs centaines de victimes du dernier piratage de la DGFiP portent plainte contre l’État dans le cadre d’une action collective. Dans le même temps, l’association AC !! Anti-Corruption annonce elle aussi entamer une procédure judiciaire contre X.
AC !! Anti-Corruption dépose une plainte contre X suite au piratage de la DGFiP
L’association est relativement jeune puisqu’elle voit le jour en 2021. Elle explique combattre « contre la corruption, mais aussi pour défendre l’intérêt général, la défense de l’environnement et pour soutenir les lanceurs d’alerte partout en France ».


L’IA générative crée du contenu en quelques secondes, mais souvent au prix de vos données personnelles. Avec Lumo AI, l’assistant européen de Proton, vos conversations restent 100 % confidentielles.
AC !! Anti-Corruption a déjà porté plainte contre X auprès du
tribunal judiciaire de Paris, avec copie au parquet national financier (PNF), après le piratage de la DGFiP en février dernier.
Cette fois-ci, la plainte, consultée par l’AFP, a directement été déposée sur le bureau du PNF. « Il ne s’agit pas de mettre en cause l’administration fiscale, mais de rechercher l’éventuelle existence d’un acte individuel de corruption commis au sein ou à proximité de celle-ci au bénéfice des auteurs des cyberattaques », peut-on y lire.
À lire aussi :
Piratage des impôts : comment bloquer les prélèvements SEPA frauduleux pour se protéger des IBAN volés ?
À ce stade de l’enquête, rien ne permet d’affirmer qu’un agent de la DGFiP a aidé les pirates d’une quelconque manière. En l’occurrence le groupe de ZeroBytes, qui a revendiqué l’attaque. Le gouvernement évoque « des usurpations d’identifiants d’un agent de la DGFIP et d’un tiers habilité », pas un accès sciemment confié aux hackers.
AC !! Anti-Corruption a d’autres demandes. D’abord que la justice s’intéresse à la façon dont les budgets alloués à « la maintenance, la modernisation et la sécurisation du système d’information de la DGFiP » ont été dépensés. Ensuite que la généralisation de la facturation électronique en France soit reportée.
La facturation électronique au cœur des inquiétudes
Petit rappel : au 1er septembre 2026, les entreprises françaises auront l’obligation de passer par une plateforme numérique agréée pour émettre et recevoir des factures. Dans le détail, c’est plus nuancé. Ainsi, seules les 12 000 plus grandes entreprises du pays devront le faire dans un premier temps.
Les autres, même les auto-entrepreneurs, devront seulement être en mesure de recevoir les factures de leur clients et fournisseurs. L’envoi sera obligatoire pour tout le monde le 1er septembre 2027.
À lire aussi :
770 000 IBAN piratés et mis en vente après une cyberattaque contre une mutuelle en France
Pour AC !! Anti-Corruption, les piratages successifs de la DGFiP montrent que la France n’est pas prête à généraliser un tel dispositif. Bien qu’elle ne gère pas directement les échanges de factures, l’administration fiscale stocke certaines données sensibles comme le numéro de TVA. C’est aussi elle qui accrédite les services de réception/émission, et donc se porter garant de leur sécurité. L’association demande le report de la réforme « tant que des garanties concrètes de cybersécurité n’auront pas été mises en place. »
Elle prend l’exemple de l’Italie, où la facturation électronique obligatoire est en vigueur depuis 2019. Bien qu’il n’y ait pas eu de piratage massif de son système centralisé, de multiples évènements montrent qu’il n’est pas sans faille : campagnes de phishing ciblées, création de fausses entreprises et de fausses factures, piratage d’intermédiaires privés…
Un report n’est cependant pas à l’ordre du jour du côté de Bercy. La cyberattaque de la DGFiP a tout de même entraîné quelques mesures supplémentaires, comme des tests d’intrusion généralisés à l’automne 2026.
David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, porteur de la réforme, a fait savoir que « lui et son administration n’auraient pas la main qui tremble pour suspendre les opérations d’une plateforme dont le niveau d’exigence [en matière de cybersécurité] serait insatisfaisant. »
Téléchargez notre application Android et iOS ! Vous pourrez y lire nos articles, dossiers, et regarder nos dernières vidéos YouTube.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.