Piratage des impôts : Sébastien Lecornu réunit une cellule de crise après le vol des données de 678 000 contribuables

Urgence au fisc

 
Les données fiscales de 678 000 contribuables ont été volées à l’administration. Sébastien Lecornu réunit une cellule de crise ce lundi, au moment même où les premiers e-mails d’alerte partent vers les victimes.

Sébastien Lecornu, Premier ministre, organise ce lundi 17 août après-midi une cellule interministérielle de crise consacrée au piratage de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). La réunion se tient en visioconférence sécurisée, au retour de son déplacement en Gironde. C’est le format qu’il a déjà employé cet été pour gérer les canicules. L’État range donc cette énième fuite de données au rang des urgences nationales.

Fin juin, un intrus s’est glissé dans le système d’information de la DGFiP, l’administration qui gère l’impôt en France. Il a usurpé les identifiants d’un accès légitime, puis extrait des données. Le 12 août, un pirate se présentant sous le pseudonyme « ZeroBytes » revendique le vol ; la DGFiP confirme l’intrusion le lendemain. Au total, 678 000 particuliers et professionnels sont concernés. Les informations exposées vont du nom au revenu fiscal de référence, en passant par le quotient familial et le taux de prélèvement à la source.

L’administration reconnaît avoir mis du temps à réagir : ses contrôles n’avaient pas repéré que l’intrusion s’était doublée d’un vol, faute d’avoir mesuré la sophistication de l’attaque. La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête. Matignon a de son côté confié un audit sur la sécurité des systèmes de la DGFiP au ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, avec des mesures opérationnelles attendues en septembre.

Une administration qui enchaîne les fuites

Ce piratage n’est pas un accident isolé. En février, la même DGFiP avait déjà reconnu un accès frauduleux au FICOBA, le fichier national des comptes bancaires, touchant environ 1,2 million de comptes. Là aussi, l’attaquant avait usurpé les identifiants d’un fonctionnaire pour entrer sans déclencher d’alerte. Deux fuites d’ampleur sur la même administration en six mois, ça pose forcément la question de ses défenses. D’autant que le problème dépasse la DGFiP. D’autres services publics ont subi des cyberattaques et des vols de données depuis plus d’un an.

Face aux critiques qui montent dans la classe politique, le gouvernement met en avant son plan de sécurisation cyber des administrations, lancé le 30 avril, avec 200 millions d’euros débloqués. Les sénateurs socialistes, eux, réclament déjà une commission d’enquête parlementaire.

Pour les 678 000 personnes concernées, la DGFiP doit commencer à communiquer par email à partir d’aujourd’hui. Le danger le plus immédiat reste l’hameçonnage. Avec un nom, un revenu fiscal et un taux de prélèvement authentiques, un faux courriel des impôts devient nettement plus crédible. Attention donc et vigilance extrême, il faut se méfier de tout lien reçu par mail ou SMS au nom du fisc, et se connecter uniquement via impots.gouv.fr.

Les bons réflexes en cas de piratage

Si vous avez été victime d’un piratage ou d’une fuite de données, quelques bonnes pratiques sont à garder en tête pour mieux vous protéger. Frandroid en a fait une liste :

  • Changer sans attendre les mots de passe des comptes concernés ;
  • En profiter pour changer aussi les mots de passe identiques ou similaires sur d’autres services ;
  • Utiliser des mots de passe uniques et solides (avec, pourquoi pas, un gestionnaire de mots de passe) ;
  • Activer la double authentification (2FA) partout où c’est possible ;
  • Activer les Passkeys quand c’est possible ;
  • Dans les semaines à venir, se méfier des emails, SMS ou appels suspects, même s’ils semblent crédibles ;
  • Ne jamais cliquer sur un lien ou télécharger une pièce jointe en cas de doute ;
  • Prévenir ses contacts si le piratage peut les concerner ;
  • Mettre à jour ses appareils et logiciels pour corriger d’éventuelles failles de sécurité ;
  • En cas de virements frauduleux, faire un signalement sur la plateforme Perceval.

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