Piratage de l’Éducation nationale : une fuite de données expose 1,22 million d’élèves

 
Troisième fuite de données à l’Éducation nationale en 2026, en plein feuilleton du piratage des impôts. Même scénario et même point d’entrée, un compte professionnel usurpé, par le même pirate que la DGFiP.
Piratage massif du Ministère Éducation nationale // Source : Montage Frandroid

On en sait plus sur le piratage massif des services du ministère de l’Éducation nationale cet été. L’accès frauduleux remonte à fin juillet, via un compte professionnel usurpé. Les pirates ont visé le système dédié à la formation des personnels. C’est la troisième attaque du genre contre le ministère depuis le début de l’année.

Quelles données ont fuité ? Selon les revendications de ZeroBytes, le même groupe pirate que dans l’affaire DGFiP, la base de données est plutôt généreuse.

  • 43 Go de fichiers
  • 4,35 millions d’identifiants de personnels
  • 1,22 million d’élèves distincts
  • 602 000 comptes académiques

On y trouve des informations d’identité, des coordonnées postales, des numéros de téléphone et, pour une partie des personnes concernées, des numéros de sécurité sociale. S’ajoutent des éléments professionnels, comme le statut et les fonctions. Les enseignants figurent parmi les principales cibles.

L’académie de Créteil serait particulièrement touchées, mais la base de données comprendrait aussi des informations issues des bases SCONET, MGI/PELV2, I-Prof et d’annuaires LDAP.

Après les impôts, l’Éducation nationale

Cette fuite refait surface seulement quelques jours après la découverte d’une cyberattaque sur la Direction générale des finances publiques. La DGFiP reconnait le vol des données de 678 000 contribuables, un dossier assez sérieux pour que Sébastien Lecornu réunisse une cellule de crise.

Là encore, l’administration fiscale a confirmé l’intrusion après l’usurpation des identifiants d’un agent : numéro fiscal, revenu de référence, quotient familial et taux de prélèvement à la source sont sortis.

Ce n’est pas la première fois de l’année pour l’Éducation nationale non plus. En mars, le portail RH Compas avait déjà exposé 243 000 agents. En avril, l’attaque de la plateforme EduConnect touchait 3,5 millions d’élèves, quasi tous mineurs. S’y ajoutent les 774 000 étudiants du CROUS, piratés la même année.

Les bons réflexes en cas de piratage

Si vous avez été victime d’un piratage ou d’une fuite de données, quelques bonnes pratiques sont à garder en tête pour mieux vous protéger. Frandroid en a fait une liste :

  • Changer sans attendre les mots de passe des comptes concernés ;
  • En profiter pour changer aussi les mots de passe identiques ou similaires sur d’autres services ;
  • Utiliser des mots de passe uniques et solides (avec, pourquoi pas, un gestionnaire de mots de passe) ;
  • Activer la double authentification (2FA) partout où c’est possible ;
  • Activer les Passkeys quand c’est possible ;
  • Dans les semaines à venir, se méfier des emails, SMS ou appels suspects, même s’ils semblent crédibles ;
  • Ne jamais cliquer sur un lien ou télécharger une pièce jointe en cas de doute ;
  • Prévenir ses contacts si le piratage peut les concerner ;
  • Mettre à jour ses appareils et logiciels pour corriger d’éventuelles failles de sécurité ;
  • En cas de virements frauduleux, faire un signalement sur la plateforme Perceval.

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