L’État encore piraté : les données de 48 millions de propriétaires dérobées par ZeroBytes

 
Jamais deux sans trois. Après le piratage du fisc et de l’Éducation nationale, le hacker (ou groupe de hackers) ZeroBytes a revendiqué ce week-end le piratage d’une nouvelle plateforme publique : Zéro Logement Vacant. 48 millions d’individus seraient concernés.

Zéro Logement Vacant est une plateforme publique développée par la Fabrique Numérique de l’Écologie, un organisme rattaché au ministère de la Transition Écologique. Son rôle est d’accompagner les collectivités territoriales à repérer et remobiliser les logements privés inoccupés.

Pour cela, elle s’appuie notamment sur les données immobilières de DataFoncier et de la DGFiP, et ce sont ces données que ZeroBytes revendique avoir siphonnées ce week-end comme le rapportent nos confrères de France Info. Signe que l’alerte est prise au sérieux : la plateforme Zéro Logement Vacant a été mise hors ligne après la découverte de l’intrusion et restait inaccessible au moment de la publication.

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Une nouvelle cyberattaque d’ampleur

Le plus frappant avec cette cyberattaque, après celles de la DGFiP, de l’Éducation nationale ou encore de SFR, c’est son ampleur. Le pirate revendique avoir extrait 148,9 millions de lignes brutes de données des fichiers de DataFoncier et de la DGFiP, données qui concerneraient 47,9 millions d’individus distincts après déduplication des identifiants comme le rapporte Cyberattaque.org. Pour réussir ce coup, ZeroBytes affirme avoir utilisé une session superutilisateur de Metabase, un logiciel d’analyse de données utilisé pour les statistiques de Zéro Logement Vacant.

Dans les données siphonnées, on retrouve les identités, dates de naissance, adresses postales, informations liées aux droits de propriété et les identifiants issus des fichiers fonciers. Les adresses mail et les numéros de téléphone ont également été compromis selon un autre échantillon. Enfin, la fuite de données concerne également les agents de collectivités et les services de l’État qui se sont vus dérober leurs adresses mail professionnelles et leurs identifiants, leurs adresses IP, l’horodatage de leurs sessions ou encore les empreintes de mots de passe au format bcrypt.

Les coordonnées bancaires des victimes ne figurent pas parmi les données subtilisées. Mais même sans, ces données sont très utiles aux escrocs pour lancer des campagnes de phishing. Ces campagnes explosent du fait de la multiplication des fuites de données et de l’usage de l’intelligence artificielle. Un risque plus grand encore est celui de l’usurpation d’identité. En croisant ces données avec d’autres données issues de précédentes fuites, les escrocs peuvent être en mesure de reproduire un profil complet.

Si vous vous sentez concernés par cette nouvelle fuite de données, bien plus conséquente que les précédentes, voici les réflexes à adopter ci-dessous. Bien que pour l’heure, cette cyberattaque n’a pas encore été confirmée par l’État et que le conditionnel reste de mise, il vaut mieux prévenir que guérir.

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Les bons réflexes en cas de piratage

Si vous avez été victime d’un piratage ou d’une fuite de données, quelques bonnes pratiques sont à garder en tête pour mieux vous protéger. Frandroid en a fait une liste :

  • Changer sans attendre les mots de passe des comptes concernés ;
  • En profiter pour changer aussi les mots de passe identiques ou similaires sur d’autres services ;
  • Utiliser des mots de passe uniques et solides (avec, pourquoi pas, un gestionnaire de mots de passe) ;
  • Activer la double authentification (2FA) partout où c’est possible ;
  • Activer les Passkeys quand c’est possible ;
  • Dans les semaines à venir, se méfier des emails, SMS ou appels suspects, même s’ils semblent crédibles ;
  • Ne jamais cliquer sur un lien ou télécharger une pièce jointe en cas de doute ;
  • Prévenir ses contacts si le piratage peut les concerner ;
  • Mettre à jour ses appareils et logiciels pour corriger d’éventuelles failles de sécurité ;
  • En cas de virements frauduleux, faire un signalement sur la plateforme Perceval.

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