Fuite ANTS : près de 12 millions de comptes concernés et des mesures mises en place

 
Touché en son cœur par le piratage de l’ANTS, l’État tente de jouer la transparence sur le sujet en livrant plus d’informations sur l’opération. En tout, près de 12 millions de comptes sont concernés.
Crédit : ANTS

C’est une fuite qui risque de faire très mal. Le 15 avril 2026, l’Agence Nationale des Titres Sécurisées (ANTS) annonçait avoir été la cible d’un piratage d’ampleur qui aurait siphonné de nombreuses données personnelles, comme les noms, prénoms, les identifiants de connexions et parfois le numéro de téléphone ou l’adresse postale.

Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, le ministère de l’Intérieur a donné quelques informations supplémentaires sur l’étendue du massacre et les mesures mises en place pour y remédier, note Le Monde.

Un standard téléphonique mis en place

En tout, c’est donc 11,7 millions de comptes qui auraient été visés par cette intrusion. Soit une bonne partie de ceux hébergés par la plateforme qui, rappelons-le, s’occupe de l’édition des cartes d’identité, cartes grises, passeports ou permis de conduire. La Place Beauvau tient tout de même à rassurer les concernés, les données « ne permettent pas d’accès illégitime au compte nominatif sur le portail » et les investigations menées jusque-là « excluent la divulgation de données complémentaires […] telles que les pièces jointes et les données de biométrie ».

Pour répondre aux questions soulevées par ce piratage, le ministère de l’Intérieur a commencé à contacter tous les profils concernés, qui incluent notamment certains comptes professionnels. En parallèle « le serveur vocal de l’ANTS a été modifié pour intégrer l’incident comme motif d’appel » et les capacités de traitement des appels ont été augmentées, promet le ministère de l’Intérieur. Sur le site, par contre, aucun bandeau ou message d’alerte à signaler. La communication se limite au communiqué publié le 20 avril dernier dans la section « Actualités ».

Changer son mot de passe par « hygiène »

En plus du signalement obligatoire fait auprès de la CNIL par l’ANTS, une notification a été transmise à la Procureure de la République de Paris « en vue de l’ouverture d’une enquête », explique le communiqué. L’agence en profite pour rappeler que « toute mise en vente ou diffusion de données présentées comme les siennes constituent une activité illégale ». Enfin, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a aussi saisi l’inspection générale de l’administration « pour établir la chaîne de responsabilité dans cet incident sérieux ».

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En attendant, il est conseillé comme à chaque fuite de données de faire très attention à tous les courriers, mails ou coup de fil venant prétendument de l’ANTS dans les prochaines semaines. Le communiqué conseille aussi de changer son mot de passe lors de la prochaine connexion à la plateforme « dans un souci d’hygiène numérique renforcée ».


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