Piratage du fisc : ZeroBytes provoque le gouvernement et laisse planer la peur de nouveaux piratages

 
C’est une affaire qui n’en finit pas d’éclabousser le gouvernement. Le butin obtenu grâce au piratage du site des impôts qui a eu lieu il y a quelques jours aurait déjà été vendu et les pirates derrière l’affaire restent bravaches sur les coups à venir.
Application Impots Gouv
La plateforme des impôts est le terrain d’une guerre des nerfs entre les pirates et la justice // Source : Frandroid

Alors que Sébastien Lecornu a réuni une cellule de crise le 17 août 2026 pour faire le point sur l’affaire du piratage de Bercy, les pirates de ZeroBytes ont voulu faire la nique au gouvernement en annonçant en parallèle que le fichier contenant 678 000 lignes de données avait déjà été vendu « quelques milliers » d’euros à deux acheteurs intéressés, note France Info.

Si cette affirmation est par nature invérifiable, le duo derrière l’attaque tente clairement de jouer avec les nerfs de l’administration, affirmant à l’AFP que « les données sont toujours en vente », puisqu’un fichier peut être vendu plusieurs fois. Magie du copier-coller.

D’autres fuites à redouter ?

Non seulement ZeroBytes cherche à miner la communication de l’exécutif, mais, en plus, le collectif affiche une sérénité assez déconcertante face à tout ça. Concernant de potentiels déboires avec les autorités, un des auteurs fanfaronne. « Je ne suis pas en France et il n’y a pas d’extradition ici. » Sur X, pris à partie par le député breton Éric Bothorel, le compte des pirates plaisante que « le destin nous dira » s’ils seront bel et bien appréhendés par le parquet de Paris et sa section de lutte contre la cybercriminalité.

Comble de la provocation, ce même compte affirme même que « les impôts c’était que le début ». Menace rapidement mise à exécution puisque le récent piratage de l’Éducation nationale est à mettre au compte du même collectif. « On a quelqu’un qui manifestement joue un peu en donnant au fur et à mesure les choses », s’inquiétait Amélie Verdier, directrice générale de la DGFiP, lors d’un point presse.

Jusqu’à sept ans de prison

Interrogé par l’AFP sur les motivations derrière tout ça, ZeroBytes réfute toute volonté de déstabilisation politique et affirme n’être motivé que par l’appât du gain et par le fait que les cibles françaises sont souvent « faciles à pirater ».

En cas d’accrochages avec les forces de l’ordre, le duo derrière cette affaire pourrait risquer jusqu’à sept ans de prison pour extraction frauduleuse de données. Sans nul doute que si cela arrivait, la justice voudrait faire de ce cas un exemple.


Les bons réflexes en cas de piratage

Si vous avez été victime d’un piratage ou d’une fuite de données, quelques bonnes pratiques sont à garder en tête pour mieux vous protéger. Frandroid en a fait une liste :

  • Changer sans attendre les mots de passe des comptes concernés ;
  • En profiter pour changer aussi les mots de passe identiques ou similaires sur d’autres services ;
  • Utiliser des mots de passe uniques et solides (avec, pourquoi pas, un gestionnaire de mots de passe) ;
  • Activer la double authentification (2FA) partout où c’est possible ;
  • Activer les Passkeys quand c’est possible ;
  • Dans les semaines à venir, se méfier des emails, SMS ou appels suspects, même s’ils semblent crédibles ;
  • Ne jamais cliquer sur un lien ou télécharger une pièce jointe en cas de doute ;
  • Prévenir ses contacts si le piratage peut les concerner ;
  • Mettre à jour ses appareils et logiciels pour corriger d’éventuelles failles de sécurité ;
  • En cas de virements frauduleux, faire un signalement sur la plateforme Perceval.

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