
C’est le retour en force de Sony sur le marché des enceintes de soirée nomades, dominé par JBL depuis quelques années alors que Samsung, LG ou Hisense y tentent une percée. Pour rappel, ces enceintes sont conçues pour produire un fort volume sonore, un éclairage club et la possibilité de mixer des effets DJ, ou encore de brancher des microphones pour des séances de karaoké.
Après des ULT Tower 9 et 10 très bonnes, mais pas époustouflantes, Sony change de braquet avec les ULT Tower 5, Tower 7 et Tower Max. L’ULT Tower 7 appartient à la même gamme que les 9 et 10, mais, à bien y regarder, peut-être pas à la même famille.
Nouveau design, nouveau son, j’ai passé des semaines à l’écouter tous les jours, et il y a beaucoup à dire.
Sony ULT Tower 7Spécifications techniques
| Modèle | Sony ULT Tower 7 |
|---|---|
| Dimensions | 42,1 cm x 34,7 cm x 71 cm |
| Autonomie annoncée | 30 h |
| Version du Bluetooth | 5.3 |
| Poids | 22800 grammes |
| Indice de protection | IPX4 |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Sony.
Sony ULT Tower 7Design : une enceinte verticale qui peut aussi se coucher
La Sony ULT Tower 7 est une enceinte massive de près de 23 kg, un poids à rapprocher de ses ambitions acoustiques. Jouer fort, avec beaucoup de basses fréquences, implique d’utiliser des transducteurs puissants, par définition équipés de gros aimants. Tout cela pèse et c’est donc bon signe.

Pour autant, et c’est une différence importante avec les ULT Tower 9 ou 10, l’ULT Tower 7 est conçue pour être transportée par une seule personne ou à deux. Elle est ainsi équipée de quatre poignées, pour la saisir par chaque coin. Qu’elle soit installée à la verticale ou à l’horizontale, on la saisit avec la même facilité. Une paire de roulettes est également présente, avec une cinquième poignée pour la déplacer comme un bagage. Cette poignée n’étant pas télescopique, il faut toutefois avoir le bras long ou se courber pour la tracter.

L’enceinte est trapue, avec des coins arrondis et une face avant recouverte d’une grille acoustique, sur laquelle est installé, dans l’angle supérieur gauche, le bouton ULT. Celui-ci fait office de potentiomètre de volume et peut être pressé pour basculer entre différents modes d’égalisation.

Des commandes réparties sur trois zones
Sony a fait un choix assez malin pour les boutons de commande. Tous ne sont pas logés sur le plateau supérieur, et à l’usage, c’est une bonne idée. On l’a vu, le bouton de volume est à l’avant et, sur le dessus, se trouvent essentiellement les fonctions indispensables, comme la mise sous tension et l’appairage Bluetooth. Dans l’obscurité ou l’ivresse de la fête, cela évite aux utilisateurs d’appuyer là où il ne faut pas et de changer l’entrée audio par exemple.

Les boutons secondaires sont logés à l’arrière de l’enceinte. On trouve le bouton Stereo Pair pour associer deux Tower 7, celui du mode Stamina pour économiser la batterie en réduisant notamment les basses et certains traitements, et enfin le bouton Light, qui permet de modifier l’éclairage.
Deux sources de lumière
À propos d’éclairage, Sony connaît la musique. L’installation de chemins de LED était déjà une spécialité du fabricant sur ses petites enceintes nomades Bluetooth. Ici, un liseré lumineux fait le tour de la façade et change de couleur en fonction des réglages ou de la musique. Le bouton ULT dispose lui-même de son propre cerclage lumineux.

Ce système reste d’une puissance modeste, mais suffisante pour créer une ambiance festive.
Sony ULT Tower 7Connectique : presque une petite sono à elle seule
Sony propose ici une connectique beaucoup plus riche que celle d’une simple enceinte Bluetooth, avec deux entrées ligne pour brancher une source externe, une platine vinyle, un lecteur CD ou n’importe quelle source analogique compatible. La première est au format RCA Cinch classique, la seconde au standard professionnel XLR, pour raccorder une table de mixage par exemple ou utiliser des câbles de très grande longueur. Il existe même une sortie XLR pour renvoyer le signal vers une autre enceinte.
Pour le karaoké, Sony ajoute une entrée microphone en jack 6,35 mm avec réglage de volume dédié. Cette entrée est aussi compatible avec les guitares électriques.

Le port USB-A sert notamment à lire de la musique depuis une clé amovible. L’USB-C, lui, prend en charge l’audio USB depuis un smartphone ou un ordinateur, tout en permettant aussi la recharge d’un smartphone par exemple.
Seul bémol, la recharge de la batterie de l’ULT Tower 7 n’est pas possible via USB-C.
La connexion Bluetooth est assurée en version 5.3, avec prise en charge des codecs SBC, AAC et LDAC. Le multipoint permet également de conserver deux appareils connectés simultanément.
Sony ULT Tower 7Architecture interne : trois voies et bass-reflex
La Tower 7 adopte une architecture trois voies, avec un gros haut-parleur de grave de 28 cm, deux transducteurs de médium de 12 cm et quatre tweeters de 5 cm, dont deux placés à l’arrière.
Contrairement à JBL qui choisit systématiquement d’utiliser deux woofers pour le grave, Sony opte pour un woofer unique bien plus grand. C’est une philosophie différente : de petits woofers produisent souvent un grave plus rapide, tandis qu’un grand woofer apporte plus d’impact, au prix parfois d’un peu de traînage. On le verra plus loin, le grave produit par ce woofer de 28 cm est très autoritaire et sert bien l’usage festif.

La charge utilisée est un bass-reflex classique, avec un évent Sony DUCT positionné vers le bas, dans le piètement de l’enceinte. Pour rappel, le bass-reflex consiste à utiliser un tube résonateur, qui gonfle une plage ciblée de très basses fréquences. Les bénéfices sont multiples : plus d’infra-grave, moins de mouvements de membrane du woofer et moins de puissance d’amplification requise sur la plage de fréquences où travaille le tube.
Pourquoi trois voies, et pas deux ?
La Sony ULT Tower 7 adopte trois voies, là où la plupart des enceintes de soirée se contentent de deux. Autrement dit, les sons graves sont produits par le woofer de 28 cm, les sons médiums par les transducteurs de 12 cm et les sons aigus par les quatre tweeters. Cela apporte une précision accrue dans la restitution, car contrairement à un système deux voies où les sons médiums (les plus essentiels pour la clarté) sont partagés entre le woofer et les tweeters, ils sont ici reproduits par une paire de transducteurs optimisés. On va le voir plus loin, c’est le gros atout de cette enceinte.

Les tweeters arrière : une très bonne idée
Sony ne s’est pas contenté de mettre quatre tweeters pour multiplier les chiffres sur la fiche technique. Deux sont placés à l’arrière, et c’est particulièrement pertinent avec ce type d’enceinte, autour de laquelle les auditeurs se déplacent.
Sans haut-parleurs arrière, on se retrouve vite à entendre essentiellement le grave lorsqu’on passe derrière l’enceinte. Les hautes fréquences deviennent beaucoup moins présentes.
Ici, on conserve une bonne restitution à l’arrière. Évidemment, le meilleur résultat reste obtenu face à l’enceinte. Mais il y a beaucoup moins cette sensation de son étouffé lorsqu’on se déplace autour.

Sony appelle cela 360° Party Sound. En pratique, la diffusion se rapproche plutôt de 180°, mais elle remplit bien son rôle autour de l’enceinte.
Sony ULT Tower 7Sony Sound Connect : le tableau de bord
Sony Sound Connect donne accès aux modes sonores, à l’égaliseur 10 bandes, aux fonctions d’éclairage et à plusieurs réglages complémentaires. Sony permet notamment d’associer les réglages d’égalisation aux modes ULT1, ULT2 ou FLAT.
On peut par exemple conserver le grave profond du mode ULT1 tout en retouchant quelques zones de fréquence pour adapter l’enceinte à son salon ou à ses goûts.
Sony indique que l’enceinte ajuste automatiquement son comportement en fonction de son environnement. Comme souvent, ce type d’affirmation n’est pas bien explicité et l’on suppose que l’enceinte dispose d’un microphone pour déterminer le bruit ambiant et procéder à de menues améliorations (plus d’aigu par exemple). À l’usage, je n’ai rien noté de vraiment différenciant.
L’application permet aussi de gérer l’éclairage. Trois modes sont proposés, avec plusieurs possibilités de personnalisation.
Deux Tower 7 peuvent être associées pour une écoute en stéréo grâce au mode Bluetooth Stereo Pair. Pour des installations beaucoup plus importantes, Sony propose Party Chain via Auracast, avec jusqu’à 100 enceintes compatibles.
Sony ULT Tower 7Audio : une courbe de réponse vraiment bien pensée
On attend d’une enceinte de soirée qu’elle joue fort, très fort, avec beaucoup de basses fréquences. Mission accomplie avec l’ULT Tower 7, j’ai mesuré 109 dB à 1 m dans les sons moyens et même 108 dB dans les basses fréquences. C’est énorme et mieux que sa concurrente directe, la JBL PartyBox 520.
Plus intéressant, cette puissance est très maîtrisée et la qualité du son est tout à fait exceptionnelle pour une enceinte de ce type. Le niveau de détails (merci le système trois voies) est épatant, que ce soit à volume modéré comme élevé. L’ULT Tower 7 est une enceinte qui s’écoute volontiers en fond sonore, et c’est précisément ce que j’ai fait pendant des semaines tant elle m’a séduit.

De façon surprenante, elle fait entendre des détails inhabituels, souligne une ligne de basse ou de guitare électrique, incarne mieux une voix. L’espace entre les plans sonores est rare sur une enceinte de soirée.
Une précision toutefois, ces excellentes performances sont obtenues en utilisant la liaison Bluetooth LDAC. Avec un iPhone (codec AAC), le son reste excellent, mais il manque ce petit quelque chose qui donne un réel plaisir auditif. Il semble donc que Sony ait optimisé la prise en charge des flux audio LDAC dans l’enceinte.
Courbe de réponse
J’ai mesuré l’ULT Tower 7 à volume modéré puis à pleine puissance. Premier constat, le grave ne s’écroule pas à mesure que le volume monte. C’est assez rare pour être souligné. Autrement dit, on obtient la même balance tonale quel que soit le volume.

La charge bass-reflex semble optimisée pour cogner vers 60 Hz, avec un pic massif dans cette zone, ce qui se traduit par un grave qui tape plus qu’il ne grogne, avec toutefois une impression de profondeur satisfaisante. On aurait aimé que la Tower 7 taquine les 40 Hz avec plus de jus, pour faire trembler les murs, mais pour cela il faut lorgner du côté de la Tower 9.
Clairement, Sony ne cherche pas à descendre au plus bas à tout prix, ce qui n’est pas un mal dans la mesure où en extérieur, les très basses fréquences se perdent souvent dans la nature.
Le reste de la courbe, du médium à l’aigu, est d’une grande régularité, avec de légers pics pour renforcer les voix et fondamentales d’instruments, et une légère pointe de brillance dans l’aigu. Juste ce qu’il faut pour que tout respire.
Une vraie polyvalence musicale
Selon Sony, la puissance d’amplification cumulée atteint 420 W, ce qui n’est étonnamment pas si élevé au regard du volume produit. Les transducteurs utilisés doivent avoir une sensibilité très élevée pour ne requérir que 420 W et jouer aussi fort. Tant mieux. Les écarts dynamiques sont remarquablement bien marqués, les petits comme les grands. C’est ce qui permet à l’enceinte de délivrer un son si organique.
On peut ainsi tout écouter avec la Tower 7, de la pop, du rap, du rock et même du jazz.
Sony ULT Tower 7Autonomie : les 30 heures sont à prendre avec précaution
La batterie de la Tower 7 est intégrée dans l’enceinte. Elle n’est donc pas amovible comme une batterie de rechange que l’on pourrait simplement sortir et remplacer en quelques secondes. C’est un point à avoir en tête pour un usage intensif en extérieur.
Sony annonce jusqu’à 30 heures d’autonomie pour la Tower 7, mais ce chiffre correspond à des conditions précises : modes ULT1/ULT2 activés, volume réglé au niveau 17 (tiers du volume) et éclairage éteint. Dans ces conditions, les 30 heures sont même dépassées.

En revanche, à pleine puissance et lumières allumées, l’autonomie chute fortement, ce qui est tout à fait normal. Sony est transparent sur ce point et revendique 3 heures environ.
Pour faire la fête toute la nuit loin d’une prise secteur, il faudra s’équiper d’une station de recharge (DJI, Bluetti, Ecoflow).
La charge complète nécessite 3 heures environ et davantage lorsque l’enceinte diffuse de la musique.
Sony ULT Tower 7Prix et concurrence
L’enceinte Sony ULT Tower 7 est lancée au prix de 799 euros et proposée actuellement à 599 euros.
À ce tarif, elle entre en concurrence avec la JBL PartyBox 330, récemment lancée elle aussi. La JBL utilise de plus petits transducteurs, mais est capable de descendre plus bas dans le grave, avec toutefois un volume maximal inférieur.

Sur le papier, sa principale concurrente est la JBL PartyBox 520, affichée à 699 euros actuellement. Sur le terrain, les deux jouent dans une catégorie de puissance comparable, mais la Sony peut jouer plus fort et en conservant son équilibre.
Marshall propose la Bromley 450 (649 euros), qui présente l’avantage de diffuser le son également par l’avant et l’arrière et d’embarquer une batterie amovible annoncée pour 40 heures, mais joue moins fort et ne peut tenir la comparaison dans le grave avec l’ULT Tower 7.
Actuellement, la Sony ULT Tower 7 est clairement le meilleur choix dans sa gamme de prix.










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