On l’a peut-être oublié, dans les années 80 et 90, Sony jouissait d’une solide réputation dans l’audio, avec des produits qui se distinguaient souvent par leur qualité de fabrication et leurs performances sonores. Aujourd’hui, la marque est surtout connue pour ses téléviseurs BRAVIA, l’excellence de ses appareils photo hybrides et ses casques audio. Elle n’a pourtant pas abandonné les enceintes, avec une gamme de barres de son généralement convaincantes.
Pour aller plus loin
Quelles sont les meilleures barres de son testées en 2026 ?
Avec le BRAVIA Theatre Trio, Sony prend toutefois une direction inhabituelle et renoue avec un home-cinéma plus traditionnel. Plutôt que de concentrer tous les haut-parleurs dans une barre de son chargée de simuler les effets surround au-dessus et derrière l’auditeur, le fabricant sépare les trois canaux frontaux en autant d’enceintes physiques. Une petite barre centrale se charge des dialogues, tandis que deux enceintes indépendantes prennent place de part et d’autre du téléviseur, ou de l’écran de projection. Ce sont elles qui disposent des haut-parleurs orientés vers le plafond pour reproduire les effets verticaux des bandes-son Dolby Atmos et DTS:X.

Répartir les trois canaux frontaux en autant d’enceintes présente un intérêt majeur : obtenir une scène sonore beaucoup plus large et enveloppante, avec des dialogues plus clairs. Le système Sony Bravia Trio peut en outre accueillir un ou deux caissons de basses et deux enceintes arrière sans fil, placées derrière le point d’écoute.
C’est précisément cette configuration complète que nous avons testée, avec le caisson BRAVIA Theatre Sub 8 et une paire d’enceintes BRAVIA Theatre Rear 9.
Sony Bravia Theatre TrioSpécifications techniques
Ce test a été réalisé avec un produit prêté par Sony.
Sony Bravia Theatre TrioDes lignes sobres et discrètes
Les trois éléments du BRAVIA Theatre Trio adoptent un design très sobre, entièrement noir, avec des formes arrondies et un revêtement en tissu acoustique. Pas d’angles saillants, de surfaces brillantes, ni d’éclairage d’ambiance, le Trio mise sur la discrétion.
Les deux enceintes avant sont suffisamment compactes pour trouver leur place sur un meuble ou être fixées au mur. Leur format vertical permet de les positionner de part et d’autre d’un grand téléviseur ou d’un écran de projection, tout en conservant une certaine légèreté visuelle. Des équerres de fixation murale sont fournies.

La barre centrale est particulièrement courte : elle mesure moins de 60 cm de largeur, soit la moitié de nombreuses barres de son haut de gamme. Elle peut ainsi se loger facilement sous un téléviseur et là encore, son impact visuel dans une pièce est modéré.
Le même soin est apporté aux enceintes arrière, dont le dessin reste cohérent avec celui des modules avant. Elles sont un peu plus petites (28 cm de hauteur contre 34 cm pour les frontales) et d’un diamètre comparable, d’environ 16 cm. Elles sont également largement recouvertes de tissu acoustique.

Le caisson de basses est un modèle sans fil plat, d’environ 40 x 40 x 17 cm, assez facile à loger.
Sony Bravia Theatre TrioConnectique réduite
La connectique physique se limite à une entrée HDMI et à une sortie HDMI compatible ARC/eARC pour récupérer le son du téléviseur. L’entrée HDMI permet de brancher la source de son choix : PlayStation 5, lecteur Blu-ray, Apple TV…
La compatibilité HDMI 2.1 laisse transiter les signaux vidéo récents, avec notamment la prise en charge de la 4K à 120 Hz, du VRR et de l’ALLM. Les signaux HDR (HDR10, HLG et Dolby Vision) sont également transmis au téléviseur. De quoi intégrer le Trio dans une installation destinée aussi bien aux films qu’aux jeux vidéo.

Côté sans fil, on peut compter sur le Bluetooth avec prise en charge des codecs SBC et AAC, mais aussi du LDAC de Sony, qui transmet la musique avec un débit allant jusqu’à 990 kbit/s depuis la plupart des smartphones Android (le flux reste toutefois compressé). La connexion Wi-Fi donne accès à Spotify Connect, Tidal Connect et Apple AirPlay 2.
Sony Bravia Theatre TrioDesign interne
L’enceinte centrale abrite deux haut-parleurs de grave-médium de 45 × 108 mm, à membrane rectangulaire, épaulés par un tweeter central à dôme souple de 25 mm pour les hautes fréquences.
Pour rappel, cette conception à deux voies permet d’améliorer la restitution de façon significative, notamment dans les hautes fréquences, un tweeter apportant une finesse de restitution dont un transducteur large-bande est incapable.
Ces trois transducteurs sont positionnés en face avant et diffusent essentiellement les dialogues et les sons mono, et pour les films et séries en Dolby ou DTS, le canal central.

Pour améliorer la reproduction des basses fréquences en extension et en volume, deux tubes bass-reflex sont intégrés.
Chaque transducteur bénéficie de son propre amplificateur. Sony annonce une puissance totale de 405 watts pour les neuf haut-parleurs du système, ce qui est amplement suffisant pour des transducteurs de taille moyenne à petite.
Les enceintes latérales et surround
Les deux enceintes avant intègrent un haut-parleur de grave de 10 cm, également chargé en bass-reflex afin d’augmenter le volume des basses fréquences. Les hautes fréquences sont confiées à un tweeter de 20 mm, tandis que le transducteur vertical est de type large-bande (8 cm).
Quant aux enceintes arrière optionnelles, elles reprennent l’architecture des frontales, avec un transducteur principal de 8 cm, épaulé par une membrane passive latérale, le besoin en basses fréquences étant bien moindre pour les effets surround arrière. Les tweeters sont aussi plus petits (16 mm), mais le transducteur vertical est identique à celui des enceintes avant.

Le caisson de basses BRAVIA Theatre Sub 8
Quant au caisson de basses Bravia Theatre Sub 8, il est équipé d’un haut-parleur de 20 cm à membrane en aluminium, lui aussi chargé en bass-reflex.
Sa consommation électrique est annoncée à 55 watts, soit une puissance continue disponible d’environ 50 watts, Sony annonçant des crêtes ponctuelles à 300 watts.
Sur le papier, c’est suffisant pour une pièce de vie de 30 à 40 m² environ. Au-delà et si l’on souhaite une pression acoustique plus massive, il faudra en utiliser deux.

Sony Bravia Theatre TrioUn assistant d’installation efficace
L’installation des enceintes Sony Bravia Trio est facilitée par l’assistant de l’application mobile. Il n’y a pas de place imposée pour les enceintes, le seul prérequis étant que la centrale soit positionnée au centre sous le téléviseur ou la surface de projection. Pour les latérales, c’est totalement libre, on peut les écarter d’un mètre comme de deux, les coller au mur ou les placer au bord d’un meuble bas.
C’est l’application Sony Bravia Connect qui se charge d’évaluer tout cela grâce à un système de calibration qui utilise le microphone du smartphone ou, mieux, un microphone USB-C fourni.
Il suffit de mettre sous tension les enceintes et le caisson, pour que l’app les détecte automatiquement et les interconnecte en Wi-Fi.

L’app Bravia Connect invite à préciser la distance approximative ou au centimètre près entre les enceintes, puis procède à une calibration acoustique en émettant des sons au travers de chaque enceinte, pour mesurer notamment le temps de propagation dans l’espace et les réflexions sur les murs et plafond. Cela ne prend que quelques secondes et permet ensuite de compenser ces différences en amont, en traitant le signal audio numérique entrant.
Cette calibration est un réel atout, dans la mesure où chaque pièce de vie est différente acoustiquement et qu’elle influence énormément le rendu sonore. Un système home-cinéma avec amplificateur dédié ne procède pas autrement.
Des réglages sonores simples, mais bien pensés
Une fois l’installation terminée, l’application donne accès aux principaux réglages du système.
L’écran d’accueil réunit les principaux réglages proposés par la petite télécommande fournie : sélection de source, volume, volume des basses fréquences, mode Nuit (pour comprimer la dynamique), mode Voix (pour renforcer les dialogues) et choix du mode immersif. Lorsque les enceintes surround sont présentes, leur volume peut être ajusté directement depuis cet écran principal.
Le seul manque notable est la possibilité d’ajuster le volume de la barre centrale séparément, soit de renforcer précisément le canal central et donc les voix. Sony propose à la place un simple mode Voix, à activer pour améliorer les dialogues. Reste qu’il fonctionne très bien, alors il n’y a pas matière à se plaindre.
Les réglages avancés sont rassemblés sur un écran secondaire : choix du champ sonore (360 Spatial Sound Mapping, Dolby Speaker Virtualizer ou DTS Neural), réglage de la hauteur du champ sonore, traitement IMAX Enhanced (renforcement des graves) ou encore DSEE Ultimate (conversion audio HD, sans grand effet).
On peut ne toucher à rien et s’en tenir aux réglages par défaut, car tout est bien dosé.

Sony Bravia Theatre TrioUn son polyvalent cinéma et hi-fi
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le BRAVIA Theatre Trio ne sonne pas comme une barre de son. La scène sonore frontale est nettement plus large qu’avec une barre de son classique. Détacher les canaux gauche, droit et verticaux de la barre centrale change radicalement la donne.
J’ai effectué mes tests avec un vidéoprojecteur associé à un écran de 100 pouces et jamais le son ne m’a semblé étroit ou inadapté à la grande image.
La signature tonale du Trio
Le système Trio a une signature tonale bien étudiée, avec un registre médium globalement creusé et seulement rehaussé en fin de registre pour donner du détail. Cela rend le son doux et ne masque ni le grave, ni l’aigu.
L’équilibre est immédiatement plaisant et l’on peut écouter l’ensemble des heures durant sans fatigue.

La réponse en fréquence montre que le caisson apporte une assise importante dans le grave profond, avec un renfort sensible autour de 38 à 40 Hz. Le registre autour de 100 Hz est, en comparaison, moins dominant, ce qui donne davantage de relief aux très basses fréquences qu’aux impacts du haut-grave. Le résultat est intéressant pour le cinéma : les grondements gagnent en profondeur sans que le son soit boursouflé dans le bas du spectre.
Le médium est légèrement en retrait, mais demeure très défini. La réponse dans le médium et l’aigu reste globalement régulière, et les hautes fréquences sont suffisamment fines pour restituer les textures des instruments, les petits effets sonores et les ambiances avec précision.
Cette signature sonore est assez inhabituelle pour un système home-cinéma et fait du Sony Bravia Trio un système audio hybride, autant à l’aise en home-cinéma qu’en hi-fi.
En termes de puissance, le système parvient à sonoriser sans difficulté une pièce de vie de 40 m². Dans de plus grands espaces, l’utilisation d’un second caisson de basses peut être utile.
Des dialogues clairs, même lorsque la bande-son s’emballe
La restitution des dialogues est très bonne : la petite enceinte centrale assure une reproduction précise et naturelle des voix. Elles restent bien ancrées au centre de l’image, alors même que les effets sonores s’étendent très largement sur les côtés.
Le système peut aussi s’appuyer sur le mode Voix pour renforcer les dialogues lorsque le mixage d’un film ou d’une série les place un peu en retrait.

Le mode Nuit est également efficace. La dynamique est comprimée, mais le rendu reste suffisamment naturel pour que le film conserve son intérêt. On peut ainsi profiter d’un film à un niveau d’écoute raisonnable sans déranger toute la maison ou l’immeuble.
Une scène sonore de salle de cinéma
Sony a conçu son système Bravia Trio pour produire une scène sonore verticale et surround même sans enceintes surround arrière. Et cela fonctionne très bien. La scène frontale est ample, très large et profonde dans l’axe frontral. Le son ne donne pas l’impression de venir des enceintes mais de plus loin, depuis l’image.
Les contenus en stéréo peuvent être remixés en 360 Audio pour être diffusés également par l’enceinte centrale.
Les effets verticaux sont assez nets et selon les contenus diffusés, on peut profiter d’un plafond sonore satisfaisant.

Les effets surround à l’arrière sont également convaincants et permettent de se passer d’une paire d’enceintes derrière soi. Ajouter les enceintes Sony Rear 9 apporte toutefois un vrai gain : le volume sonore derrière soi est nettement plus élevé et le champ sonore plus précis. De plus, les Rear 9 améliorent la verticalité du son et positionnent mieux les effets.
Impressions d’écoute (avec caisson et enceintes arrière)
Dune : Deuxième Partie. La bande-son alterne les ambiances presque silencieuses, les nappes musicales imposantes et les grondements qui accompagnent les scènes les plus spectaculaires. Le caisson Sub 8 fait ici une vraie différence. Les basses fréquences donnent de l’épaisseur aux grandes séquences désertiques et renforcent la sensation de masse lors des passages mettant en scène les vers des sables. Les effets verticaux apportent également un supplément d’immersion.

Top Gun : Maverick. Les séquences aériennes appellent une scène sonore large, capable de donner de l’espace aux moteurs, aux mouvements rapides et aux déplacements des appareils. Le système Bravia Theatre Trio y parvient très bien, mieux que la plupart des barres de son conventionnelles.
The Last of Us. Les voix restent naturelles, même lorsque les ambiances sont chargées, et la séparation des canaux avant permet de donner de l’ampleur aux environnements sans que les dialogues soient relégués au second plan.
Sony Bravia Theatre TrioPrix et concurrence
Le Sony BRAVIA Theatre Trio est commercialisé à 1 999 euros sans caisson de basses ni enceintes arrière. C’est en moyenne deux fois plus cher que les barres de son premium de Sonos (Arc Ultra, à 1 099 euros) ou Bose (Lifestyle Ultra, à 999 euros).
La prestation n’est toutefois pas la même : dès son offre de base, Sony propose une scène sonore frontale bien plus large et des dialogues mieux ancrés à l’image.
Avec le caisson de basses Bravia Theatre Sub 8 (699 euros) et la paire d’enceintes Rear 9 (799 euros), la facture approche 3 500 euros au prix public, ou environ 3 000 euros en pack. C’est plus que chez Bose, où la Lifestyle Ultra associée à son caisson et à deux enceintes Lifestyle Ultra Speaker revient à environ 2 600 euros.

Sonos propose un pack à 2 400 euros environ avec son Arc Ultra, un caisson de basses et deux enceintes surround Era 100, mais ces dernières n’ont pas de diffusion verticale pour le Dolby Atmos. Avec les enceintes surround arrière Era 300, qui diffusent verticalement le son pour l’Atmos, la note passe à plus de 3 400 euros.
Les barres de son avec enceintes surround et caisson de basses sont plus accessibles, à 1 490 euros au prix public (et autour de 1 000 euros en promotion) pour l’excellente Samsung HW-Q990H ou la JBL Bar 1300 MK2 (avec enceintes détachables et caisson à 1 500 euros), mais aucune n’offre la polyvalence du système Sony Bravia Trio pour une écoute cinéma et musique, ni une scène frontale aussi large.











Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.