Face à SpaceX, l’Europe veut accélérer son projet de géant spatial souverain

 
La Commission européenne pourrait accélérer la création d’un concurrent à SpaceX. Porté par Airbus, Thales et Leonardo, ce projet de constellation de satellites vise à réduire la dépendance de l’Union européenne aux technologies américaines.

La dépendance aux technologies américaines reste un enjeu stratégique pour l’Europe. Starlink, le service d’Internet par satellite de SpaceX, joue notamment un rôle important dans les communications de l’armée ukrainienne. Ces dernières ont récemment pu être perturbées alors qu’elles sont en pleine guerre contre la Russie. De quoi rappeler les limites d’une infrastructure stratégique contrôlée par une entreprise privée étrangère.

Pour réduire cette dépendance, Bruxelles souhaite accélérer l’examen du projet Bromo, porté par Airbus, Thales et Leonardo. Les trois groupes envisagent de réunir une partie de leurs activités spatiales au sein d’une même entité afin de créer une réponse directe à SpaceX, rapporte Bloomberg.

Bromo, le pari européen

Présenté comme un champion européen par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le projet Bromo doit encore montrer patte blanche.

Depuis un an, les discussions entre les industriels portent entre autres sur les éventuels problèmes de concurrence que pourrait soulever ce rapprochement. L’objectif étant de les identifier avant le dépôt officiel de la demande d’autorisation. D’après Bloomberg, la Commission européenne s’attend à la recevoir dans les prochaines semaines.

Un feu vert loin d’être acquis

Si les entreprises proposent des concessions suffisantes pour répondre aux préoccupations des autorités, l’opération pourrait être approuvée à l’issue d’un rapide examen préliminaire d’un peu plus d’un mois. À l’inverse, des inquiétudes persistantes pourraient entraîner la mise en place d’une enquête approfondie pouvant retarder le projet de plusieurs mois.

Malgré le soutien public d’Ursula von der Leyen, Teresa Ribera, vice-présidente exécutive chargée de la concurrence, a rappelé que ce soutien ne dispensait pas les industriels de respecter les règles. « Cela ne signifie pas que nous n’allons pas appliquer et faire respecter notre propre réglementation », a-t-elle ainsi déclaré.


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