
D’après Neowin, le développeur de Wintoys, une application de personnalisation de Windows, a fait état de sa découverte sur Reddit d’un site « wintoys.app » qu’il n’a jamais créé. La page reprend le nom de son logiciel, affiche des informations erronées, mais renvoie vers la vraie fiche du Microsoft Store. Un choix étrange, accompagné d’une clause de non-responsabilité en petits caractères, sans doute pour limiter les poursuites.
En remontant le contact du propriétaire, il a trouvé une adresse e-mail liée à plus de 70 autres sites, tous déguisés en applications Windows. On y retrouve des utilitaires très recherchés comme PowerToys, CrystalDiskMark ou WinUtil. Plusieurs pages sont encore « en construction », signe que l’opération vient de démarrer. Cloudflare, un service qui filtre le trafic web, affichait même un avertissement d’hameçonnage sur le domaine imitant Wintoys.
Un piège qui prend son temps
Pour l’instant, ces sites ne distribuent pas de logiciel malveillant : les liens pointent vers des sources officielles. Le danger, c’est l’attente. En restant inoffensifs, ils grimpent dans les résultats Google et gagnent la confiance des internautes, avant qu’un bouton de téléchargement ne se transforme un jour en porte d’entrée pour un virus.
Le scénario n’a rien de théorique. Selon une enquête de The Hacker News basée sur les travaux de Check Point, une opération similaire imitait des outils open source bien classés sur Google, et son infrastructure a basculé vers la diffusion de malwares à partir de janvier 2026.
Un cas de SEO poisoning
Cette technique, le « SEO poisoning » (l’art de manipuler le référencement pour placer un site piégé en haut des recherches), se double d’un nouveau canal. Selon un rapport de Microsoft, des utilisateurs ont commencé à recevoir des liens vers ces faux sites directement dans les réponses de chatbots IA quand ils demandaient où télécharger un logiciel. Un espace que beaucoup jugent plus fiable qu’une page de résultats classique. Les magasins d’applications officiels ne sont pas non plus à l’abri, comme le rappellent régulièrement nos confrères de Numerama à propos du Play Store.
Le réflexe à garder est simple : ne téléchargez un logiciel que depuis le site officiel du développeur, son dépôt GitHub ou le Microsoft Store, et méfiez-vous du premier résultat Google, même quand il a l’air parfait. Un nom de domaine légèrement modifié ou une page trop belle pour être vraie peut vous mettre sur la piste.

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