Pokémon Go aura été l’application phénomène de l’été 2016. Mais depuis, nombreux sont ceux à crier à tue-tête que le jeu est mort et que la tendance Pokémon Go n’était bien que cela : une tendance. Est-ce vraiment le cas ?

Quelle superbe technologie que celle d’internet. L’ouverture du réseau nous aura permis l’ouverture d’esprit, faisant tomber les frontières du réel pour nous permettre de tous nous rejoindre au centre d’un espace neutre qui ne demande qu’à être apprivoisé.

Et puis, les dérives que l’on connaît. Tout n’y est pas rose, mais de grands phénomènes arrivent parfois à tous nous réunir. Le lancement de Pokémon Go au cours du mois de juillet 2016 a été l’un de ceux-là.

L’irrésistible Pokémon Go, un été magique

Nous avons tous été touchés de près ou de loin par Pokémon Go. Le temps d’un sublime été, les joueurs à travers la France se sont réunis massivement dans les parcs et les lieux publics afin de partir à la chasse au Pikachu.

Il semblait un temps que tous les possesseurs de mobiles étaient penchés sur leur smartphone pour capturer l’arène du coin. Même ceux qui n’avaient pas nécessairement été touchés par la licence étant plus jeune se sont laissés prendre au jeu et ont rempli petit à petit leur Pokédex avec les quelque 142 Pokémon disponibles au lancement.

Pour ma part, ce fut l’occasion de parler avec des tonnes d’inconnus, même peu frais sur le chemin de retour d’un bar, de revenir à l’émulsion de la cour de récré de mon enfance, voire de faire de grands détours en voiture pour capturer ce petit Noadkoko apparu soudainement.

Pour les accessoiristes, ce fut l’occasion de sortir des tiroirs toutes les batteries externes possibles et imaginables. Et pour les constructeurs, ce fut l’occasion de mettre en avant l’autonomie de leur smartphone en prenant Pokémon Go en exemple, comme l’a fait Asus.

Pokémon Go est mort un soir d’hiver

Et puis… Pokémon Go s’est essoufflé. Malgré le fait que Niantic Labs ait fini par stabiliser ses serveurs, permettant d’enfin capturer une arène sans prier une divinité quelconque, le phénomène n’a pas résisté à l’arrivée de l’hiver.

Froides sont les mains, mais aussi les os et les cœurs pour sortir son smartphone sous -10°C, et froids sont les voyageurs loins de leur demeure prêts à continuer à arpenter leur ville. Pokémon Go a chuté dans l’actualité et sur les smartphones…

De là, ses détracteurs se sont empressés de crier à la mort de Pokémon Go. Et il faut dire que le titre de Niantic Labs semblait s’être fait oublier, malgré la sortie anticipée de quelques monstres de la deuxième génération.

Vive Pokémon Go !

Pokémon Go n’est plus sur mon téléphone depuis lors, moins par manque d’intérêt pour le jeu que pour avoir trop joué dans une zone aux Pokéstops et arènes limités. Beaucoup l’ont désinstallé dans le même ordre d’idée : le jeu a tout simplement disparu, presque naturellement.

Mais le jeu n’a pas disparu pour autant… il a tout simplement pris sa place au sein des titres mobiles les plus populaires. Mi 2017, l’application enregistrait toujours 5 millions d’utilisateurs actifs journaliers pour 65 millions de joueurs par mois.

Et Niantic Labs est loin de l’avoir abandonné. En cette fin d’année, le développeur a organisé la plus grande chasse jamais vue sur son application. Les joueurs ont répondu massivement présents et ont capturé plus de 3 milliards de Pokémon en une semaine. De quoi, qui plus est, débloquer le légendaire Ho-Oh, en prime d’autres objets bonus.

Pas mal pour un jeu mort hein ? Niantic Labs fait un petit sourire en coin à ceux qui n’ont fait que dénigrer Pokémon Go pour sa simple popularité et continue de surfer sur son application à sa guise.

Pokémon Go reste un Pokémon

En vérité, j’ai l’impression que le « phénomène » Pokémon Go suit le même arc que le phénomène Pokémon tout court, diablement bien mis en dessin par Awkward Zombie en 2010. En primaire, tout le monde jouait à Pokémon. Puis est venu le collège, où le peu de joueurs restants à assumer leur partie se prenait les grands classiques « c’est pour les gamins » de leurs compères. Et enfin, au lycée… tout le monde y revenait en masse.

Pokémon Go est fait pour durer : Nintendo le prouve en le liant à ses sorties consoles et Niantic continue de le supporter mois après mois, mise à jour après mise à jour. Ne manque que le retour des joueurs, qui ne tient qu’à une fonctionnalité attendue ou une génération plus aimée qu’une autre. Un point de détail en somme qu’atteindra inévitablement le titre.

L’influence Pokémon Go

En attendant, on ne peut pas nier l’influence qu’aura eue Pokémon Go sur le marché. Il aura tout d’abord été le titre qui aura rendu légitime la réalité augmentée dans l’œil du grand public, ce qui s’est très vite converti en des efforts massifs en ce sens. Apple a lancé son ARkit, qui a vite trouvé un concurrent avec l’ARcore de Google : la réalité augmentée est plus que jamais dans l’œil des grands fabricants de la high-tech.

Ces mêmes technologies pourront donner un second souffle à Pokémon Go… et même aux autres titres qu’a pu annoncer Niantic Labs entre temps. En effet, le studio de développement est désormais dans l’œil des éditeurs : Warner Bros. leur a même confié leur poule aux œufs d’or, Harry Potter. Le studio en lui-même en a même profité pour relancer Ingress, le jeu qui aura prouvé l’intérêt de la formule.

Bref, pour tout ce que peuvent en dire les détracteurs, Pokémon Go est loin d’être mort. Bien au contraire : il n’a jamais été aussi bien soutenu par son développeur et n’a jamais eu autant d’influence sur le marché.