
Si vous suivez l’actualité LEGO, vous avez vu passer les nouveaux sets Star Wars. C’est mignon. Mais si vous lisez Frandroid, c’est pour comprendre ce qu’il y a à l’intérieur. Et croyez-moi, ce que LEGO a présenté au CES 2026 est une petite merveille d’intégration.
Faire clignoter une LED dans un jouet, tout le monde sait le faire depuis 1990. Mais ce que LEGO propose avec le système Smart Play est d’une tout autre complexité.
L’objectif des ingénieurs de Billund était radical : supprimer l’écran. Pas d’application qui tourne en fond, pas de latence Bluetooth vers un iPad. Tout le traitement se fait « on-device ». Pour réussir ce pari, ils ont dû miniaturiser une architecture complète d’ordinateur dans le format sacré de la brique 2×4 (31,8 × 15,8 mm).
Voici ce qui se passe réellement à l’intérieur.
Le cœur : un « Game Engine » sur silicium
C’est l’information la plus surprenante de la documentation technique : la Smart Brick n’est pas un simple récepteur passif. Elle embarque un moteur de jeu (Game Engine) complet.

Concrètement, la brique intègre un ASIC (Application-Specific Integrated Circuit).

Contrairement à un processeur généraliste (comme dans un Raspberry Pi) qui consommerait trop et chaufferait, cette puce de 4,1 mm a été gravée sur mesure pour LEGO. Elle gère en temps réel :
- La physique : un accéléromètre et un gyroscope 6 axes analysent le mouvement dans l’espace. La brique ne sait pas juste qu’elle bouge, elle connaît son vecteur. Elle différencie un vol plané (X-Wing) d’une secousse sismique (crash).
- La logique contextuelle : le code change à la volée. Si vous retournez le vaisseau, le moteur de jeu déclenche une routine « Alarme ». Si vous le posez, il passe en mode « Idle ».
Tags vs Minifigs : la gestion des données RFID
Le système repose sur une architecture maître-esclave assez maligne pour réduire les coûts.
- La Smart Brick (Maître) : Elle contient la batterie, le CPU et les capteurs actifs (couleur, lumière).
- Les Smart Tags (Esclaves) : Ce sont des tuiles 2×2 passives. Elles n’ont pas de batterie. Elles intègrent une puce NFC/RFID qui contient un simple identifiant hexadécimal.
Quand la brique est connectée à un Tag, elle lit l’ID « Hélicoptère ». Immédiatement, le moteur de jeu charge le profil correspondant : la courbe d’accélération change, les sons changent, les lumières changent. C’est du hardware-defined software.

Les Smart Minifigurines fonctionnent sur le même principe mais ajoutent une couche de données « Personnalité ». La brique va moduler sa réponse audio (pitch, tonalité) en fonction de l’ID de la figurine. Une figurine « nerveuse » déclenchera des sons plus saccadés.
Synthèse Audio vs Sampling : la révolution sonore
C’est ici que l’ingénierie audio est impressionnante. LEGO n’utilise pas de simples fichiers MP3 préenregistrés (sampling), qui sonneraient toujours pareil.

Ils utilisent la synthèse sonore procédurale. La puce possède un synthétiseur intégré qui génère l’onde sonore en temps réel.
- Pourquoi c’est mieux ? Si vous faites accélérer votre vaisseau doucement, le son du moteur monte en fréquence de manière fluide et analogique. Si vous le secouez, le son ondule. Le son est calculé, pas lu. Cela permet une variété infinie de réactions sans saturer la mémoire de stockage de la puce.
Induction et bobines : le double usage
Enfin, parlons énergie. La Smart Brick est scellée (IP54 probablement, même si non confirmé). Pour la charger, LEGO utilise une bobine de cuivre pour l’induction, compatible avec les standards type Qi.
Mais cette bobine a une fonction secrète : le positionnement magnétique. En modulant le champ électromagnétique, la brique peut détecter la proximité d’autres bobines (d’autres briques) dans un rayon court. Cela crée un réseau maillé (Mesh) local. Les briques « savent » où elles sont les unes par rapport aux autres.
La brique repère les SMART Tags (des tuiles passives intégrant des puces d’identification) et les Smart Minifigures. Concrètement ? La brique sait si la figurine de Luke est assise dans le cockpit ou debout à côté. Ce n’est pas du simple contact électrique, c’est de la détection de proximité champ proche.
Pourquoi tant de R&D ?
LEGO bosse là-dessus depuis 2017. Neuf ans de R&D pour une brique, c’est long dans la tech. Mais l’objectif était philosophique : l’invisibilité.
L’entreprise explique avoir testé des centaines de prototypes. L’idée de connecter le tout à un iPhone a été écartée (et heureusement). Cela aurait tué l’immersion. Ici, la technologie s’efface. Vous assemblez, ça marche.
Pour aller plus loin
Nouveaux LEGO Star Wars avec briques « Smart Play » : voici « la plus grosse évolution depuis 50 ans »
Envie de rejoindre une communauté de passionnés ? Notre Discord vous accueille, c’est un lieu d’entraide et de passion autour de la tech.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et ses partenaires.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.
Gérer mes choix