Cet avantage de la Mustang électrique sur la thermique devient soudainement payant aux États-Unis : bye-bye le frunk

 
La Mustang Mach-E millésime 2026 intègre une nouveauté qui fait tiquer : son fameux frunk (coffre avant), jadis inclus de série, passe désormais dans la colonne des options. Heureusement, en France, ce n’est pas encore le cas.
Le frunk du Ford Mustang Mach-E // Source : Marius Hanin pour Frandroid

Souvenez-vous. En 2021, Ford lançait le Mustang Mach-E avec tambours et trompettes, et l’un des arguments phares du discours commercial était justement ce coffre avant (ce frunk, contraction de front trunk) logé sous le capot là où ronronnait autrefois un moteur thermique. Un V8 en l’occurrence quand on parlait de Mustang.

Presque 145 litres de volume, doté d’un drain pour y glisser une glacière ou un bagage cabine. Un vrai espace utile, mieux pensé que ceux de bien des concurrents comme la Kia EV6 ou la Hyundai Ioniq 5, dont les frunks ressemblent davantage à des boîtes à chaussures coincées dans un vide technique.

Depuis, le frunk avait certes rétréci et est passé à 100 litres lors du restylage de 2024 (victime d’une pompe à chaleur qui s’était taillé la part du lion sous le capot) mais il restait fonctionnel, suffisant pour un sac de voyage. Et puis surtout, il était inclus. Gratuit en somme.

Pour le millésime 2026, Ford a décidé de changer la donne : le frunk devient une option à 495 dollars (environ 420 euros). Vous voulez utiliser cet espace situé sous le capot de votre voiture ? Sortez le chéquier comme le relaye Electrek.

La logique du comptable contre le bon sens

L’argumentaire de Ford pour justifier cette décision a le mérite d’exister, même s’il laisse perplexe : selon la marque, « les données d’utilisation montreraient que les propriétaires de Mach-E se servaient finalement assez peu de leur frunk », comme l’a expliqué Teddy Ankeny, responsable de produit Mustang Mach-E, dans une interview accordée à la chaîne The Electric Duo sur YouTube. Dès lors, pourquoi l’inclure systématiquement si cela engendre des coûts sans créer de valeur perçue ?

Le raisonnement a une certaine logique industrielle. Sauf qu’il oublie une nuance essentielle : entre « peu utilisé » et « justifiant qu’on le facture en supplément », il y a un gouffre symbolique. Ford ne supprime pas le frunk, la marque verrouille simplement l’accès à un espace qui existe physiquement sous le capot. Sans l’option, il y a un vide. Littéralement. On vous fait payer pour remplir ce vide. C’est un peu comme si un constructeur facturait l’accès à la banquette arrière en arguant que les propriétaires voyagent surtout seuls.

Ford n’est pas seule à faire ça. Aux États-Unis, la Dodge Charger EV propose son frunk de 42 litres uniquement avec le pack R/T, qui gonfle la facture de 5 000 dollars. Comparé à ça, les 495 dollars de Ford semblent presque raisonnables. Mais le principe, lui, reste contestable.

Le frunk est-il vraiment indispensable à l’ère électrique ?

La vraie question de fond mérite d’être posée : le frunk est-il un vrai critère d’achat, ou simplement un argument de vente parmi d’autres ? Les chiffres de vente semblent partiellement donner raison à Ford. La Tesla Model 3 et le Model Y, qui en sont équipées, caracolent en tête des ventes mondiales. Mais le Volkswagen ID.4, qui n’en disposent pas, affichent eux aussi des résultats commerciaux très respectables. La corrélation entre frunk et succès commercial est donc loin d’être évidente.

Il reste que transformer en option payante un espace physiquement disponible sur la voiture n’est pas un très bon signal. Après les sièges chauffants via un abonnement chez BMW, après les assistances à la conduite bridées sur les modèles d’entrée de gamme, voilà que l’on facture le droit d’ouvrir un capot.

L’industrie automobile, dans sa quête frénétique de nouvelles sources de revenus, semble décidément prête à tout monétiser. Y compris le vide.

En tout cas en France, pour le moment, le frunk est toujours disponible de série sur n’importe quelle finition du Mustang Mach-E pour la simple et bonne raison que la clientèle est plutôt friande des modèles toutes options à ce niveau de prix, et les marques fonctionnent généralement par packs d’options ou bien avec deux ou trois équipements à ajouter en suppléments, comme le toit ouvrant en l’occurrence chez Ford.


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