
Souvenez-vous. En 2021, Ford lançait le Mustang Mach-E avec tambours et trompettes, et l’un des arguments phares du discours commercial était justement ce coffre avant (ce frunk, contraction de front trunk) logé sous le capot là où ronronnait autrefois un moteur thermique. Un V8 en l’occurrence quand on parlait de Mustang.
Presque 145 litres de volume, doté d’un drain pour y glisser une glacière ou un bagage cabine. Un vrai espace utile, mieux pensé que ceux de bien des concurrents comme la Kia EV6 ou la Hyundai Ioniq 5, dont les frunks ressemblent davantage à des boîtes à chaussures coincées dans un vide technique.
Depuis, le frunk avait certes rétréci et est passé à 100 litres lors du restylage de 2024 (victime d’une pompe à chaleur qui s’était taillé la part du lion sous le capot) mais il restait fonctionnel, suffisant pour un sac de voyage. Et puis surtout, il était inclus. Gratuit en somme.

Pour le millésime 2026, Ford a décidé de changer la donne : le frunk devient une option à 495 dollars (environ 420 euros). Vous voulez utiliser cet espace situé sous le capot de votre voiture ? Sortez le chéquier comme le relaye Electrek.
La logique du comptable contre le bon sens
L’argumentaire de Ford pour justifier cette décision a le mérite d’exister, même s’il laisse perplexe : selon la marque, « les données d’utilisation montreraient que les propriétaires de Mach-E se servaient finalement assez peu de leur frunk », comme l’a expliqué Teddy Ankeny, responsable de produit Mustang Mach-E, dans une interview accordée à la chaîne The Electric Duo sur YouTube. Dès lors, pourquoi l’inclure systématiquement si cela engendre des coûts sans créer de valeur perçue ?
Le raisonnement a une certaine logique industrielle. Sauf qu’il oublie une nuance essentielle : entre « peu utilisé » et « justifiant qu’on le facture en supplément », il y a un gouffre symbolique. Ford ne supprime pas le frunk, la marque verrouille simplement l’accès à un espace qui existe physiquement sous le capot. Sans l’option, il y a un vide. Littéralement. On vous fait payer pour remplir ce vide. C’est un peu comme si un constructeur facturait l’accès à la banquette arrière en arguant que les propriétaires voyagent surtout seuls.

Ford n’est pas seule à faire ça. Aux États-Unis, la Dodge Charger EV propose son frunk de 42 litres uniquement avec le pack R/T, qui gonfle la facture de 5 000 dollars. Comparé à ça, les 495 dollars de Ford semblent presque raisonnables. Mais le principe, lui, reste contestable.
Le frunk est-il vraiment indispensable à l’ère électrique ?
La vraie question de fond mérite d’être posée : le frunk est-il un vrai critère d’achat, ou simplement un argument de vente parmi d’autres ? Les chiffres de vente semblent partiellement donner raison à Ford. La Tesla Model 3 et le Model Y, qui en sont équipées, caracolent en tête des ventes mondiales. Mais le Volkswagen ID.4, qui n’en disposent pas, affichent eux aussi des résultats commerciaux très respectables. La corrélation entre frunk et succès commercial est donc loin d’être évidente.
Il reste que transformer en option payante un espace physiquement disponible sur la voiture n’est pas un très bon signal. Après les sièges chauffants via un abonnement chez BMW, après les assistances à la conduite bridées sur les modèles d’entrée de gamme, voilà que l’on facture le droit d’ouvrir un capot.
L’industrie automobile, dans sa quête frénétique de nouvelles sources de revenus, semble décidément prête à tout monétiser. Y compris le vide.
En tout cas en France, pour le moment, le frunk est toujours disponible de série sur n’importe quelle finition du Mustang Mach-E pour la simple et bonne raison que la clientèle est plutôt friande des modèles toutes options à ce niveau de prix, et les marques fonctionnent généralement par packs d’options ou bien avec deux ou trois équipements à ajouter en suppléments, comme le toit ouvrant en l’occurrence chez Ford.
Retrouvez un résumé du meilleur de l’actu tech tous les matins sur WhatsApp, c’est notre nouveau canal de discussion Frandroid que vous pouvez rejoindre dès maintenant !

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.