
L’enjeu est colossal. Depuis avril 2025, les droits de douane sur les produits chinois ont littéralement explosé sous l’impulsion de Donald Trump. BYD, qui emploie déjà 750 personnes aux États-Unis via ses divisions bus et batteries, estime que ces taxes sont tout simplement illégales. Et il n’est pas seul dans ce combat.
BYD ne vend pas encore de voitures particulières aux USA, mais il y commercialise déjà des bus, des camions et des systèmes de stockage d’énergie. En s’attaquant à la base légale de ces droits de douane, la marque joue son va-tout pour protéger ses activités actuelles et préparer son invasion future.
Le bug législatif de la guerre froide
Tout repose sur une loi datant de la Guerre froide : l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). C’est sur ce texte que Washington s’appuie pour justifier ses « droits de douane réciproques ». Le problème ? Selon les avocats de BYD, le texte de loi n’utilise jamais le mot « douane » ni aucun terme de signification équivalente.
C’est un angle d’attaque purement sémantique, mais redoutablement efficace en droit américain. Quatre filiales de BYD ont déposé plainte auprès de la Cour du commerce international des États-Unis. Elles réclament le remboursement intégral des sommes versées depuis avril.
D’autres entreprises comme Toyota, Costco ou Prada ont emboîté le pas. Si le tribunal leur donne raison, les États-Unis devront rendre l’argent. Mais surtout, cela permettrait à ces produits de repasser sous le régime douanier d’avant la crise. Un véritable appel d’air pour l’industrie chinoise qui suffoque sous les barrières protectionnistes.
Regardez la stratégie globale. BYD ne vend pas de voitures aux USA, freiné par le décret Biden interdisant les logiciels chinois. Mais en faisant sauter le verrou des douanes sur ses autres divisions, le groupe prépare le terrain.
Pourquoi BYD ne lâchera rien
Le marché nord-américain est le dernier grand bastion à conquérir. Au Canada, les portes s’ouvrent doucement. Geely, un autre mastodonte chinois, a déjà annoncé son intention de s’implanter aux États-Unis d’ici la fin de la décennie. BYD ne peut pas se permettre de rester sur la touche pendant que ses concurrents cherchent des failles.
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Il faut aussi comprendre que BYD est un monstre d’intégration verticale. Ils fabriquent tout : des batteries aux pompes à chaleur en passant par les puces. Cette maîtrise des coûts leur donne une marge de manœuvre financière que les constructeurs traditionnels n’ont plus. Payer des avocats d’élite pour attaquer Washington est un investissement comme un autre.
Le risque ? Une réaction politique encore plus violente. Si la justice donne raison à BYD, le Congrès pourrait voter une nouvelle loi encore plus restrictive dans la foulée. Mais pour l’instant, BYD joue la carte du droit contre celle de la politique.
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