
On connaissait BYD pour son ambition débordante sur le Vieux Continent. Mais là, le géant chinois a visiblement confondu stratégie commerciale et règlement de comptes même si ce n’était pas forcément sa volonté première.
L’opération « Purefication », lancée en janvier dernier, promettait jusqu’à 10 000 euros de prime aux automobilistes acceptant de troquer leur véhicule équipé d’un moteur PureTech contre un modèle électrique estampillé BYD comme le relaye Italpassion.
Le problème ? Ce moteur pose effectivement des soucis de fiabilité sur certaines versions montées notamment sur des Peugeot et Citroën. Des rappels ont été organisés, des garanties prolongées proposées. BYD a flairé la faille et n’a pas hésité à enfoncer le clou, allant jusqu’à ironiser sur le « Blue Monday » permanent que vivraient ces malheureux propriétaires.
Sauf que l’humour a ses limites, surtout en matière publicitaire. Le régulateur italien a tranché : la campagne enfreint les règles interdisant la diffamation, la publicité comparative déloyale et les communications trompeuses. Autrement dit, carton rouge.


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Stellantis savoure, BYD encaisse
Du côté de Stellantis, on ne cache pas sa satisfaction. Le groupe franco-italien salue une « reconnaissance importante de la nécessité de protéger les clients et les concurrents contre la publicité déloyale ».
Il faut dire que le timing était particulièrement savoureux pour BYD, qui multipliait les piques alors même que Stellantis traverse une période délicate, entre restructurations et difficultés sur l’électrique.

Côté BYD, silence radio pour le moment. Difficile de défendre l’indéfendable quand on s’est fait prendre la main dans le pot de confiture. La marque, qui a vendu plus de 23 000 véhicules en Italie l’an dernier (soit huit fois plus qu’en 2024) pensait sans doute pouvoir se permettre quelques libertés. Raté.
Le révélateur d’une guerre commerciale sans merci
Au-delà de l’anecdote, cette affaire illustre aussi en quelque sorte la brutalité de la bataille que se livrent constructeurs asiatiques et européens. BYD et ses compatriotes débarquent en force sur un marché où les acteurs historiques sont déjà sous pression : normes environnementales contraignantes, transition électrique coûteuse, concurrence féroce.
Dans ce contexte, tous les coups semblent bons pour grappiller des parts de marché. Mais il existe quand même des règles du jeu, et BYD vient d’apprendre à ses dépens qu’en Europe, on ne peut pas tout se permettre. Taper sur les problèmes techniques d’un concurrent, pourquoi pas. Mais transformer ses défaillances en argument commercial avec autant de morgue, c’est franchir la ligne rouge visiblement.
Cette sanction pourrait bien servir d’avertissement aux autres marques chinoises tentées par des méthodes similaires. L’Europe reste un terrain de conquête exigeant, où l’audace doit composer avec un cadre réglementaire.
En attendant, les propriétaires de Peugeot et Citroën concernés apprécieront modérément qu’on leur rappelle leurs déboires. Même pour 10 000 euros.
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