
Dans un billet de blog publié le 20 octobre, Jasika Bawa, responsable produit de Chrome, présente trois nouvelles défenses du navigateur contre les arnaques en ligne.
Chrome n’attend plus qu’un site soit officiellement fiché comme malveillant pour afficher une alerte : une page qui reprend les ficelles habituelles des sites d’arnaque suffit. En revanche, ces nouveautés ne marchent qu’avec la Protection renforcée de la Navigation sécurisée, un mode disponible depuis 2020, mais pas activé sur toutes les machines.
Une fenêtre d’alerte avant la grande page rouge
Jusqu’ici, Chrome n’avait qu’une réponse : la page rouge en plein écran, réservée aux sites dont Google est certain qu’ils sont malveillants. Celle-ci reste en place. Google ajoute en dessous un niveau « suspect », pour les pages où son verdict est moins sûr mais où un risque existe. La page reste alors visible mais assombrie, avec par-dessus une fenêtre titrée « This site doesn’t seem right » en version anglaise. Elle propose un bouton pour revenir en lieu sûr et un autre pour marquer le site comme fiable. Google reprend ici le système à deux niveaux (suspect ou dangereux) qu’il applique déjà aux fichiers téléchargés depuis 2024.

Un verdict moins sûr laisse plus de place aux faux positifs. Google n’a publié aucun chiffre indépendant sur son taux de détection ni sur les sites légitimes signalés à tort. Google n’a pas expliqué non plus comment le propriétaire d’un site honnête apprend qu’il est classé suspect, ni comment il peut le contester.
L’an dernier, Chrome s’appuyait sur Gemini Nano pour repérer les fausses pages de support technique qui bloquent le navigateur et réclament d’appeler un faux numéro d’assistance. Ce modèle local ne marchait que sur les appareils compatibles, et Google a fini par exiger 20 Go d’espace libre pour faire tourner Gemini dans Chrome.

Google passe donc à un modèle Gemini plus puissant, installé sur ses serveurs, qui repère aussi les faux antivirus et les fausses mises à jour du navigateur. Ce modèle analyse la marque imitée par la page, son intention et une note de probabilité d’arnaque. La Navigation sécurisée croise ensuite ce résultat avec la réputation du nom de domaine.
La troisième nouveauté vise ClickFix, une technique qui pousse la victime à copier une commande puis à la coller elle-même dans le terminal de son ordinateur, pour « réparer » un faux problème ou passer un faux captcha. La commande copiée permet le plus souvent de lancer des outils déjà présents dans Windows, comme PowerShell, pour télécharger un logiciel malveillant hors du navigateur, là où les protections de Chrome sur les téléchargements ne sont pas opérantes.
Désormais, Chrome repère quand on copie une commande suspecte. Il retire les données personnelles du presse-papiers, envoie le reste à la Navigation sécurisée et affiche une alerte si le verdict est « dangereux ».
Dix fois plus en sécurité, selon Google
Google affirme que la Protection renforcée rend ses utilisateurs dix fois plus en sécurité que la Protection standard, le réglage par défaut, face au phishing et aux autres arnaques.
Ces nouveautés restent réservées au mode renforcé, alors que Google vient de généraliser l’alerte avant les sites qui n’utilisent pas HTTPS pour tous les utilisateurs de Chrome. Google n’a pas dit si les alertes « suspect » arriveront un jour en Protection standard. Le mode renforcé a aussi un coût : en échange de vérifications en temps réel, il partage davantage de données de navigation avec Google, même si ce dernier assure qu’elle ne sortent pas de son giron et ne sont pas conservées.

Comment activer la Protection renforcée dans Chrome
Google présente les trois nouveautés comme disponibles dès maintenant, à condition d’activer la Protection renforcée. Pour ce faire :
- sur ordinateur, ouvrez le menu à trois points dans Chrome, puis Paramètres, Confidentialité et sécurité, Sécurité, et cochez Protection renforcée ;
- sur Android, ouvrez le menu à trois points, puis Paramètres, Confidentialité et sécurité, Navigation sécurisée, et choisissez Protection renforcée.
Vérifiez ensuite que Chrome est à jour. Le navigateur télécharge ses mises à jour tout seul, mais ne les applique qu’au redémarrage, un défaut que Google cherche à corriger. Et retenez ce rappel glissé par Google dans son billet : Chrome ne vous demandera jamais de coller une commande pour le réparer.
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