La plainte d’Apple tombe à un très mauvais moment pour OpenAI

Mauvais timing

 
OpenAI vise l’une des plus grosses entrées en Bourse de l’histoire de la tech. La plainte d’Apple pour vol de secrets tombe ainsi au pire moment.
L’entrée en Bourse d’OpenAI pourrait souffrir du procès contre Apple // Source : Frandroid

Pour OpenAI, la plus grande menace face à Apple n’est peut-être pas le procès en soi, mais le timing. La société prépare une entrée en Bourse géante qui pourrait bien être chamboulée par cette affaire.

Rappel du contexte : Apple accuse OpenAI d’avoir organisé le pillage de ses secrets industriels pour concevoir son futur produit hardware 100 % ChatGPT. La plainte, déposée le 10 juillet devant le tribunal fédéral de Californie du Nord, vise notamment Tang Tan, le patron du hardware d’OpenAI et ancien vice-président d’Apple. Apple ne réclame pas seulement des indemnités : il demande aussi l’interdiction pour OpenAI d’utiliser ses secrets.

Une introduction en Bourse à 1 000 milliards de dollars

Pour comprendre l’enjeu, il faut voir les montants. OpenAI a déposé un dossier confidentiel (un draft S-1) auprès de la SEC, le gendarme boursier américain, courant mai-juin 2026. La dernière valorisation privée de la société atteint 852 milliards de dollars (environ 785 milliards d’euros), levés en mars, et l’objectif d’IPO (Initial Public Offering) vise potentiellement les 1 000 milliards de dollars (environ 920 milliards d’euros). À ce niveau, on parlerait de l’une des plus grosses introductions en Bourse de la tech, avec Goldman Sachs et Morgan Stanley aux manettes, et une cotation visée dès septembre 2026.

Sauf que les comptes racontent une histoire à double tranchant. OpenAI a généré environ 13 milliards de dollars de revenus en 2025, mais en a brûlé bien plus : le groupe perd de l’argent sur chaque dollar encaissé. Sa directrice financière Sarah Friar aurait d’ailleurs poussé en interne pour décaler l’opération, l’écart entre les dépenses promises et les revenus réels étant énorme.

Pourquoi le procès tombe au pire moment

Voici le cœur du problème. Toute société qui dépose un S-1 doit lister ses litiges en cours comme « facteurs de risque ». L’affaire opposant Apple à OpenAI doit ainsi figurer dans les documents que chaque investisseur institutionnel lira avant de souscrire.

Le risque le plus concret, c’est l’injonction. Si un juge la prononce, même partiellement, elle pourrait geler ou retarder le lancement du fameux appareil d’OpenAI attendu vers la fin d’année. La plainte a d’ailleurs, sans le vouloir, tellement détaillé le projet qu’elle dessine le portrait-robot du fameux smartphone supposé de ChatGPT (batteries, cartes mères, verre coloré…).

Apple plus menaçant qu’Elon Musk

Un détail peut rassurer les investisseurs : OpenAI vient de gagner contre Elon Musk dans une affaire similaire. Mais le dossier d’Apple semble structurellement différent puisque la firme de Cupertino aligne des preuves beaucoup plus tangibles.

OpenAI, de son côté, nie tout en bloc. « Nous n’avons aucun intérêt pour les secrets commerciaux d’autres entreprises », affirme la société. L’affaire entre les deux mastodontes va probablement s’éterniser. Et en attendant le verdict final, le dépôt de plainte d’Apple fait forcément déjà mal à OpenAI puisqu’il peut faire douter les investisseurs juste avant l’introduction en bourse.

Pour aller plus loin
Trois crises chez Apple en quelques semaines : coïncidence ou symptôme d’un modèle à bout ?


Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google News (et Numerama).

Recherche IA boostée par
Perplexity