
J’étais sur le sol chinois pour arpenter les allées du tentaculaire salon de Pékin, et j’ai pu m’approcher de la nouvelle génération du BYD Atto 3 (vendu en France), aussi connu là-bas sous le nom de Yuan Plus.
C’est l’une des stars incontestées de l’événement, une voiture électrique qui veut écraser la concurrence avec des promesses techniques délirantes et un prix très compétitif. On parle bien d’une recharge en 5 minutes pour regagner l’essentiel de sa batterie. Mais attention, derrière ces chiffres ahurissants et un habitacle en partie repensé, l’arrivée de ce modèle dans nos contrées risque de vous demander un peu de patience.
Une recharge délirante, le nouveau Tesla Killer ?
La grosse claque de ce salon, c’est évidemment ce que le constructeur cache sous le plancher de ses nouvelles voitures électriques, y compris cet Atto 3. BYD a intégré sa nouvelle Batterie Blade 2.0 de chimie LFP, déclinée en 57 et 68 kWh, qui permet d’encaisser des puissances de charge phénoménales.

Concrètement, cette troisième génération profite d’une autonomie en hausse, passant de 420 kilomètres CLTC à un maximum estimé de 630 kilomètres. Etrangement, en Europe, la BYD Atto 3 vendu depuis quelques semaines bénéficie de cette nouvelle autonomie. Mais pas de cette nouvelle recharge rapide.
Pour aller plus loin
BYD améliore grandement son Atto 3 sans toucher au prix : voici les améliorations du SUV électrique
Et justement, c’est surtout le temps de passage à la borne qui choque, balayant presque tout ce qui existe sur le marché. Rappelons que l’actuelle génération plafonne à une puissance de 220 kW en crête, ce qui est dans la moyenne haute du secteur. Ce qui permet de passer de 10 à 80 % en 25 minutes, comme une Tesla.
Mais le roi Tesla Model Y a du souci à se faire, car BYD frappe très fort avec son système Flash Charging. La nouvelle architecture peut encaisser jusqu’à 1 500 kW, ce qui permet de passer de 10 à 70 % en 5 minutes et de 10 à 97 % en seulement 9 minutes. C’est clairement ce qui se fait de mieux sur le segment et dans l’industrie automobile en ce moment.
Un design massif et un LiDAR sur le toit
Visuellement, le constructeur chinois a décidé de faire grandir son bébé pour l’adapter aux nouvelles exigences de la catégorie. La voiture s’allonge de vingt centimètres pour atteindre 4,67 mètres de longueur, ce qui la rend beaucoup plus imposante face à un rival direct comme le Peugeot e-3008. Et ça l’approche de plus en plus du fameux Tesla Model Y.

Le SUV électrique passe au nouveau design de BYD. Avec des traits adoucis et de nouvelles prises d’air à l’avant. La partie arrière change peu, on note que le bandeau lumineux devient plus fin.
Mais la vraie nouveauté technique que j’ai pu scruter, c’est l’excroissance trônant au-dessus du pare-brise. Et oui, le fameux LiDAR fait son apparition sur le toit du véhicule. C’est assez disgracieux visuellement, mais ça pourrait avoir un impact technique intéressant.
Cet équipement ultra-sophistiqué promet une conduite semi-autonome de niveau supérieur, un enjeu crucial pour le marché asiatique. Sur le papier, le capteur LiDAR permet au véhicule de cartographier son environnement en temps réel. De quoi éviter les obstacles, même si les caméras ont déjà ce rôle.
J’ai aussi pu voir le capot et le coffre grand ouverts lors d’une démonstration des équipes. On découvre ainsi un petit espace avant de 101 litres, parfait pour stocker vos câbles sales (voire même des valises cabines et sac à dos) sans encombrer la malle arrière, qui peut désormais engloutir jusqu’à 750 litres au maximum.
J’ai regardé à travers les vitres (et c’est surprenant)
Je n’ai malheureusement pas pu monter à bord, les portes étant verrouillées pour le public au moment de mon passage. Mais j’ai pu détailler l’habitacle en collant mon nez aux vitres et en profitant d’une portière ouverte, et on note une petite évolution par rapport au modèle que nous connaissons dans l’Hexagone.

Les lignes paraissent un peu plus matures, tout en conservant le gigantesque écran tactile rotatif emblématique de la firme. Le combiné d’instrumentation numérique m’a semblé nettement plus grand et lisible qu’auparavant.
D’ailleurs, le volant a aussi évolué pour faire la part belle aux vrais boutons physiques, une excellente nouvelle qui répond aux dernières réglementations de sécurité locales.

On note aussi la présence d’un petit réfrigérateur avec fonction chauffante. C’est le genre de gadget ultra-prisé par la clientèle chinoise qui fait toujours son petit effet.
Mais cette voiture est loin d’être parfaite (et il faudra être très patient)
Si la fiche technique, avec ses déclinaisons propulsion de 268 chevaux et quatre roues motrices de 322 chevaux, est impressionnante, les conducteurs européens vont être déçus.
Déjà, l’augmentation très franche du gabarit et de l’empattement risque de rendre ce SUV moins à l’aise pour stationner dans nos centres-villes étriqués européens.
Ensuite, les bornes ultra-rapides de BYD nécessaires à atteindre ces temps records de recharge ne sont pas encore installées en Europe, même si le constructeur en prévoit 3 000 d’ici la fin de l’année. C’est impressionnant. Mais comme mon collègue Jean-Bapstiste a pu le relever lors de l’essai du Denza Z9GT qui intègre la même technologie, même en branchant cette batterie sur une borne Ionity classique, la recharge s’effectue en moins de 15 minutes. Toujours deux fois plus rapide qu’une Tesla.

En Chine, la commercialisation du BYD Atto 3 n’est pas encore ouverte, ce qui nous empêche de connaître les tarifs. Mais vu la guerre des prix en cours dans le pays, le rapport qualité / prix s’annonce très intéressant.
A titre de comparaison, la version actuelle est vendue sur place l’équivalent de 14 000 euros… contre près de 40 000 euros en Europe, du fait de nombreuses raisons (importations, droits de douanes, création du réseau, etc.). Même si la production en Europe devrait permettre à BYD de baisser les prix… ou d’augmenter ses marges, pour sauver ses bénéfices.
Mais le plus gros bémol reste sans conteste sa date d’arrivée chez nous. BYD vient tout juste de lancer la timide mise à jour Atto 3 Evo sur notre marché pour tenter de reprendre sa couronne face à Tesla.
De fait, l’introduction de cette troisième génération survoltée ne devrait pas se faire avant quelques longs mois (ou longues années) en Europe. Reste à voir si, d’ici là, la concurrence n’aura pas rattrapé son retard sur ces temps de charge ahurissants, ou si cette pépite chinoise réussira à conserver son avance technologique une fois la frontière franchie.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.