Arrivée en Europe en 2022, BYD a rapidement réussi à s’y faire une place au soleil, notamment portée par le succès de ses modèles hybrides.
Le deuxième étage de la fusée a lieu en 2026 avec l’arrivée sur le territoire européen de Denza, sa marque premium, qui débarque avec deux voitures dans sa valise : le D9, un van hybride, et la Z9GT, une immense voiture électrique, véritable carte de visite de l’ingénierie BYD (qui regroupe, pour rappel, 120 000 employés).
Ce break de chasse veut nous en mettre plein la vue, avec une carrosserie voyante, des équipements à n’en plus finir, une plateforme à trois moteurs et une recharge à 1 500 kW, capable de passer de 10 à 70 % de la batterie en 5 minutes.
Une promesse forte, donc, mais qu’en est-il face aux ténors allemands ? Pour le savoir, nous avons essayé cette Denza Z9GT sur les routes de l’Oise.
Fiche technique
| Modèle | Denza Z9GT |
|---|---|
| Dimensions | 5,18 m x 1,99 m x 1,49 m |
| Puissance (chevaux) | 1156 chevaux |
| 0 à 100km/h | 2,7 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 270 km/h |
| Taille de l’écran principal | 17,3 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
| Prix entrée de gamme | 115000 euros |
| Essayez-la | Fiche produit |
Cet essai a été réalisé dans le cadre d’un voyage presse organisé par la marque.
Design : on ne voit qu’elle
Pas de citadine ou de SUV anonyme : pour son arrivée en Europe, Denza a frappé fort en lançant cet immense break de chasse qu’est la Z9GT.

Longue (5,18 mètres, dont 3,12 m d’empattement), large (1,99 m) mais pas si haute (1,49 m), la Z9GT détonne dans les rues européennes et dépasse ses concurrentes, qui se limitent généralement autour des 5 mètres.

Reste que ce gabarit est assez efficacement dissimulé par les équipes de design, gérées par Wolfgang Egger (un ancien d’Audi et de Lamborghini). Les lignes sont tirées, les proportions maîtrisées, et les immenses jantes de 20 pouces (21 en option) permettent de gommer le gabarit XXL.
La face avant en devient presque générique, avec un nez plongeant et des phares en oblique, incluant une signature lumineuse à double étage. En revanche, l’arrière impressionne, avec une lunette arrière très inclinée et des feux sur la quasi-intégralité de la largeur, doté de graphismes en losange.
Notons enfin un effort sur les couleurs, incluant un très élégant vert émeraude ; sept autres teintes sont à votre disposition, incluant même deux finitions mates (noir et bronze) à 4 500 euros pour les plus téméraires.
Habitacle : trop n’est pas assez
Une présentation tirée à quatre épingles
L’habitacle de la Z9GT mérite qu’on s’y attarde. Débutons par les portes, à ouverture électrique – attention à l’intérieur : le bouton sur la contre-porte sert uniquement à la déverrouiller ; pour actionner le moteur, il faut appuyer sur un second bouton, situé dans le plafond.

On pénètre donc dans un habitacle qui n’a pas grand chose à voir avec une vulgaire BYD. Le cuir est omniprésent, allant même jusqu’à recouvrir les vide-poches, tandis que de larges inserts en bois égaient contre-portes et tableau de bord. Quelques rares boutons prennent l’aspect du cristal, tandis que les écrans ont la place du roi : on en retrouve jusqu’à cinq rien qu’en partie avant.
Bref, un habitacle assez original, mais remarquablement bien fini : les matériaux sont de qualité, rien ne bouge, rien ne couine en roulant. C’est du bon travail, et certaines marques allemandes (je pense à toi, Audi) pourraient en prendre de la graine.
Ajoutons à cela une liste d’équipement longue comme le bras. Certes, le double chargeur à induction de 50 W devient presque standard sur une voiture chinoise, mais le réfrigérateur (capable de passer de -6°C à +30°C), la sono Devialet à 20 haut-parleurs ou les fonctions de chauffage, massage et ventilation des quatre sièges sont bien moins communs.
Des passagers choyés, un coffre limité
Justement, les passagers sont particulièrement bien traités. Même si on est installés haut, la position de conduite n’appelle à aucun reproche, tandis que les sièges sont redoutables de confort, notamment via des réglages à n’en plus finir.

Idem pour les passagers arrière, où cinq personnes peuvent prendre place sans grand souci. Les assises extérieures ont même droit à une extension réglable électriquement, tandis qu’un petit écran permet de régler la ventilation et les programmes des sièges. On retrouve même deux miroirs de courtoisie au plafond.

Bref, un confort que peu de concurrents sont capables d’offrir, mais le coffre ne suit pas. Denza indique 495 litres à l’arrière, mais est incapable de préciser si ce volume s’entend sous tablette (comme de coutume) ou jusqu’au pavillon. Notre avis pencherait pour le dernier cas, soit un volume peu en rapport au gabarit et en deçà des concurrents, proposant généralement ce même volume, mais sous la tablette.


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Ajoutons tout de même à cela un coffre avant (frunk) de 53 litres, toujours bon pour y placer câbles et matériel de dépannage.
Infodivertissement : des services Google, mais peu d’exclusivités
De série, la Denza Z9GT dispose déjà de trois écrans, répartis sur toute la largeur du tableau de bord : une dalle de 13,2 pouces pour le conducteur, autant pour le passager, et un bel écran de 17,3 pouces au centre.

À ceci, deux écrans peuvent s’y additionner si vous optez pour les rétrocaméras (+ 1 600 euros) et prennent place dans les contre-portes. Autant celui passager est parfaitement visible, autant celui du conducteur est placé trop bas pour ne pas déranger le conducteur, qui devra descendre son regard pour voir ce qu’il se passe derrière. Un défaut classique de cette technologie.
L’écran passager est assez simple, se concentrant sur les fonctions de divertissement : streaming vidéo et audio, jeux vidéo, karaoké, navigateur, etc.

Les compteurs numériques disposent d’un affichage spécifique, affichant trois compteurs (un peu à l’image de Porsche) ; les autres affichages reprennent l’environnement BYD traditionnel, avec beaucoup d’informations parfois affichées sans grande hiérarchisation.
Concentrons-nous donc sur la dalle centrale, d’une remarquable qualité : définition et réactivité sont au meilleur niveau. Reste que, aussi bien en termes de graphismes que d’organisation, il se rapproche un peu trop d’une BYD « classique ». Dommage pour l’exclusivité… et l’ergonomie : il est parfois compliqué de se retrouver dans cet amas de menus et de sous-menus, à l’organisation dont la logique nous échappe parfois.

Reste que la Z9GT bénéficie des dernières avancées des BYD les plus récentes, à savoir l’arrivée des services Google. La navigation (et le planificateur d’itinéraire) est confiée à Maps, la commande vocale est du même acabit, tandis que le Play Store vous permet de télécharger bien des applications tierces. Tant pis pour l’exclusivité, tant mieux pour l’expérience utilisateur.
En parallèle, Android Auto et Apple CarPlay font partie du voyage, avec une connexion sans fil, mais pas sans reproche : dans notre exemplaire d’essai, la cartographie a sauté à plusieurs reprises.

Les bugs auront d’ailleurs été assez récurrents : le planificateur affichait des niveaux de batteries à destination et des temps de recharge totalement hors sujets, l’affichage du GPS dans les compteurs numériques était volatil, un raccourci nous affichait un étalonnage des caméras qui se terminait systématiquement sur un écran rouge… Pourvu que les futures mises à jour corrigeront le tir, d’autant plus vu le tarif de la Denza.
Aides à la conduite : des évolutions à venir
Autre sujet partagé entre la Denza Z9GT et le reste des BYD : des aides à la conduite complètes, et fournies de série. L’intégralité des équipements ouvrant droit au système de conduite semi-autonome est fourni, avec un régulateur adaptatif et un maintien en voie – qui, pour une raison assez étonnante, s’active via l’immense palette gauche au volant.

Quand bien même nous n’avons pas pu emprunter d’autoroute pendant l’essai, quelques portions de voie rapide nous auront permis d’esquisser un fonctionnement doux et en rapport à ce qu’on pourrait attendre d’une voiture de cette trempe.
Un élément nous a interrogé : toutes les Denza Z9GT bénéficient d’un LiDAR au sommet du pare-brise. Est-il activé ? À vrai dire, les réponses évoluent suivant les porte-paroles interrogés durant l’essai.

Certains indiquent qu’il sera activé ultérieurement, notamment pour un système similaire au FSD de Tesla où le conducteur pourrait lâcher les mains du volant, même en ville ; d’autres assurent qu’il est déjà opérationnel, permettant d’affiner la détection de l’environnement pour le système embarqué.
Conduite : un gros bateau ultra-technologique
Une plateforme hors du commun
La Denza Z9GT inaugure une plateforme encore inédite en Europe, baptisée e³. « E cube » pour trois moteurs électriques : un à l’avant, deux à l’arrière. Un profil déjà vu sur la Tesla Model S Plaid, l’Alpine A390 ou la Xiaomi SU7 Ultra, mais Denza va beaucoup plus loin.

La gestion des deux roues arrière, en effet, est assez inédite. Débutons par la base : elles sont directrices, permettant de diminuer le diamètre de braquage à 10,70 mètres, soit un score de citadine et particulièrement utile pour manœuvrer ce gros paquebot en ville.
Autre intérêt de ces roues arrière directrices : elles peuvent pivoter vers l’avant ou l’arrière, de quoi stabiliser la voiture en accélération ou en freinage, ou aller dans le même sens que celles à l’avant, de quoi se déplacer en crabe.

Et si le créneau ou le croisement est vraiment trop étroit, Denza a pensé à autre chose : faire pivoter le train arrière en faisant tourner les roues chacune dans un sens. L’opération se gère depuis l’écran central où l’on sélectionne l’angle désiré depuis une vue aérienne de la voiture, avant de laisser la voiture faire – sensation étonnante de sentir les pneus se battre avec l’asphalte et de sentir l’arrière pivoter sans que l’avant ne bouge.
Oh, et ces trois moteurs permettent un véritable déferlement de puissance, avec 850 kW (1 156 ch) et 1 210 Nm en cumulé, de quoi emmener le break obèse (2 930 kg !) de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes.
En parallèle, une suspension pneumatique à double chambre est fournie de série, permettant de gagner en confort.
Plus confortable que sportive
Ce qui tombe bien, puisque le confort prime amplement sur la sportivité au volant de cette Denza. Certes, un launch control est bien disponible, mais le nez se cabre tellement à l’accélération que l’exercice en devient assez peu plaisant.

Idem dans les virages, où la direction, aussi légère qu’artificielle, est à blâmer. Denza est très fier de mentionner des coussins dans le dossier du siège conducteur, reliés au système pneumatique de la voiture pour se gonfler du côté extérieur de chaque virage pour maintenir l’occupant (une première mondiale, à les entendre), mais le rendu est franchement peu agréable et incite à les désactiver au plus vite.
Bref, on calme rapidement le jeu pour se focaliser sur le confort que peut procurer la Z9GT. Et les choses deviennent bien plus agréables, notamment grâce à la suspension qui ondule gentiment sur les imperfections de la chaussée (le mode Sport raffermit l’ensemble pour gagner en rigueur sans rogner sur le confort), au moelleux des sièges et la remarquable insonorisation.

L’idée de tailler la route, longtemps, très longtemps, germe rapidement dans l’esprit. Quant aux trajets urbains, ils se font en toute décontraction. Certes, le freinage régénératif est loin d’être puissant, même dans son mode le plus intense (habitude BYD), mais le rayon de braquage vraiment bluffant et la douceur générale des commandes permettent de se faufiler dans le trafic sans anicroche.
Autonomie, consommation et recharge : un avantage unique sur le marché
Un gros appétit
Au cœur de cette Denza Z9GT se cache une immense batterie de 122 kWh, composée des cellules maison, les Blade 2.0. Une nouvelle génération, donc, qui booste la densité énergétique de 5 % et qui débloque une recharge hors du commun – nous y reviendrons plus tard.

Cette batterie pour le moins généreuse laisse croire à une autonomie XXL, mais Denza communique sur une autonomie de 600 km « seulement » selon le cycle mixte WLTP. Il faut dire que la consommation normalisée, incluant les pertes à la recharge, est gargantuesque : 23,6 kWh/100 km, quand un surpuissant Porsche Taycan Turbo S Sport Turismo se contente de 17,8 kWh/100 km.
Base BYD oblige, il est assez compliqué de relever une consommation au volant de la Denza Z9GT, mais nous avons calculé avoir consommé 31 kWh/100 km à la fin d’une boucle de 115 km, certes effectuée à rythme peu tourné vers l’éco-conduite. Un autre tour, celui-ci effectué à un rythme plus calme, a été gratifié d’une consommation moyenne de 26,6 kWh/100 km.

Même avec cette consommation plus raisonnable, les 122 kWh de la batterie seront vidés en 460 km – il faudra reprendre cette Z9GT sur plus long terme pour affiner ces chiffres. Les recharges seront donc fréquentes ; heureusement, elles seront expédiées en un temps record.
Une recharge hors du commun
Car oui, le principal intérêt de la batterie Blade 2.0 est avant tout de crever les plafonds des temps de recharge. Capable d’accepter jusqu’à 1 500 kW, elle promet de passer de 10 à 70 % de batterie en 5 minutes et d’aller à 97 % en 9 minutes – partant évidemment du principe qu’elle est branchée sur une borne capable de fournir une telle puissance.

Cette borne… est fournie par BYD directement, qui compte en installer 3 000 en Europe dans les 12 prochains mois ; la première ouverte au public devrait être inaugurée en juin 2026. Pour ces essais, Denza avait installé une borne temporaire au sein du circuit d’essai de l’UTAC à Mortefontaine, de quoi donner un avant-goût.
Nous avons développé le sujet dans un article dédié, mais précisons simplement que les 9 minutes pour passer de 10 à 97 % ont bel et bien été atteints – un chiffre écrasant de très loin tout ce qu’il se fait en Europe, y compris par la concurrence chinoise.

Peut-être plus intéressant (car plus facilement reproductible) : branchée sur une borne Ionity « classique » de 350 kW, notre Z9GT d’essai est passée de 33 à 80 % en 10 minutes, et a franchi les 90 % deux minutes plus tard, le tout avec la borne en facteur limitant sur la quasi-intégralité de la recharge. Épatant.
Pour le quotidien, un chargeur 11 kW est fourni de série, de quoi se recharger intégralement en 12 heures environ ; l’absence d’un chargeur 22 kW est presque étonnant, quand on regarde la générosité de la liste d’équipements.
Prix, concurrence et disponibilité : un positionnement unique
Pour accéder à cette Denza Z9GT, il faudra débourser 115 000 euros ; BYD oblige, quasiment tout est de série. Seules les jantes 21 pouces (2 500 euros), les dispensables rétrocaméras (1 600 euros) et quelques couleurs (2 500 euros pour les métallisées, 4 500 euros pour les mates) sont en option.
C’est donc une somme, mais regardons ce qu’on peut trouver à côté. Un Porsche Taycan Sport Turismo, c’est 107 500 euros minimum avec une liste d’équipements loin, très loin de celle de la Denza.

Un coup d’œil sur l’Audi A6 avant e-tron : sa version à 4 roues motrices débute à 83 350 euros, et il faut verser 106 750 euros minimum pour la version S6 de 503 chevaux. Même son de cloche avec la BMW i5 Touring : 83 150 euros en xDrive, 112 300 euros en M60.
Bref, un positionnement assez unique et qui pourrait plaire aux aficionados des dernières technologies, cherchant à se différencier des premiums allemands plus établis. Pour les autres types de clientèle, il faudra composer avec l’image de marque, pour le moment inexistante mais ô combien importante dans ce domaine.








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