Suite aux controverses concernant l’écoute des conversations de leurs assistants personnels par des humains, Apple et Google ont déclaré avoir suspendu leurs programmes en la matière — le premier à l’échelle mondiale, le second seulement en Europe.

Le mois passé s’est déroulé dans la controverse pour les assistants vocaux. Amazon admettait conserver les conversations Alexa de ses utilisateurs, quelques temps après la révélation que certains de ces enregistrements étaient écoutés par ses employés. Puis ce fut au tour de Google et d’Apple de se faire épingler pour des pratiques similaires impliquant Google Assistant et Siri. Ces deux derniers géants ont maintenant annoncé avoir suspendu leurs programmes d’écoute par des opérateurs humains.

D’après l’Associated Press, Google a décidé d’arrêter temporairement son programme de revue pour au moins trois mois à compter de ce jeudi, et ce uniquement en Union européenne. « Peu après que nous avons appris la fuite des données audio confidentielles néerlandaises, nous avons suspendu les revues linguistiques de l’Assistant pour enquête ». Le commissaire de Hambourg (Allemagne) à la protection des données, Johannes Caspar, avait ouvert une procédure contre la firme de Mountain View en juillet.

Nombre d’enregistrements étaient involontaires et sensibles

Peu de temps après, Apple a lui déclaré à TechCrunch avoir « suspendu la notation de Siri à l’échelle mondiale » le temps d’une enquête, ajoutant que « dans le cadre d’une mise à jour logicielle future, les utilisateurs auront la possibilité de choisir de participer à la notation ».

Dans les deux cas, des sous-traitants recevaient une fraction anonymisée des enregistrements audio de l’assistant — « moins de 1 % » pour Apple, « autour de 0,2 % » pour Google. Les opérateurs humains travaillant avec Apple devaient noter la qualité de la retranscription automatique de l’enregistrement, ainsi que si ce dernier s’était déclenché par erreur. Ceux de Google étaient des linguistes chargés d’améliorer la compréhension des langues et accents par le logiciel. Néanmoins, nombre de ces enregistrements s’étaient avérés être réalisés sans la volonté des utilisateurs, porter sur des situations ou informations sensibles, voire contenir des données permettant d’identifier les personnes.