On pensait le projet mort, Intel ressuscite le 14A (1,4 nm)

 
Oubliez tout ce qu’on disait l’année dernière. En 2025, Intel menaçait de tout arrêter si personne ne signait pour sa gravure 14A. Au CES 2026, l’ambiance a radicalement changé. Le CEO Lip-Bu Tan est formel : le projet fonce à toute allure. La raison de ce miracle ? Une puce qui tient enfin ses promesses.
Un wafer de Intel 18A // Source : Intel

Le vent tourne vite dans la Silicon Valley. Il y a encore six mois, la gravure Intel 14A (équivalent 1,4 nm) était sur la sellette. La direction était claire : sans clients externes importants, pas d’investissements massifs.

Pour aller plus loin
« C’est du sérieux » : pourquoi la technologie 14A d’Intel va marquer un sérieux tournant

Mais au CES 2026, le discours de Lip-Bu Tan, le CEO d’Intel, a pris tout le monde de court. Fini le conditionnel, place à l’affirmatif : Intel y va « big time ». Ce revirement n’est pas un coup de tête. C’est la conséquence directe d’une réussite technique qu’on attendait tous : le 18A fonctionne.

L’effet domino « Panther Lake »

Pour comprendre pourquoi Intel accélère sur le futur, il faut regarder le présent. La star du CES, c’est le Core Ultra 3, nom de code Panther Lake. C’est la première puce grand public fabriquée en volume avec le procédé 18A.

Pour aller plus loin
Intel Panther Lake : plus qu’un pari, le nouveau départ d’Intel

Pourquoi c’est important ? Parce que jusqu’ici, les plans d’Intel étaient des promesses sur papier. Avec Panther Lake, Intel prouve qu’il peut sortir des volumes massifs, avec des rendements corrects et une efficacité énergétique réelle.

Ce succès valide la technologie RibbonFET (les transistors) et le PowerVia (l’alimentation par l’arrière).

Du coup, le 14A ne ressemble plus à un saut dans l’inconnu, mais à une évolution logique.

Le dossier Nvidia : entre milliards et hésitations

Et en coulisses, tout tourne autour d’un nom : Nvidia. Cependant, la situation est complexe. En 2025, Nvidia a bien investi environ 5 milliards de dollars dans Intel.

Mais attention aux raccourcis : cet accord porte sur des CPU sur mesure et une participation au capital. Ce n’est pas une commande ferme pour graver des GPU GeForce ou des puces IA Blackwell avec l’aide d’Intel.

La réalité est un peu plus difficile pour Intel : selon plusieurs sources, Nvidia n’a pas voulu du 18A pour ses produits, ils auraient jugé probablement le nœud encore trop jeune ou pas assez performant face au N3 de TSMC. C’est un coup dur qui a pesé lourd l’an dernier.

C’est là que le 14A entre en jeu. Pour Intel, ce nœud doit être la « rédemption ». L’objectif est de proposer une technologie (grâce aux machines High-NA EUV) suffisamment performante pour devenir une seconde source crédible pour Nvidia.

Jensen Huang a besoin de sécuriser sa chaîne d’approvisionnement et de mettre la pression sur les prix de TSMC. Intel veut être cette alternative.

Le 14A est bien là

Ce qu’il faut retenir des annonces du CES, c’est que le 14A n’est plus un projet R&D en l’air. Le CEO évoque désormais des « clients » (au pluriel) que l’entreprise doit servir.

Le 14A coûte une fortune à développer. Pour rentabiliser ces usines, Intel ne peut pas se contenter de fabriquer ses propres puces.

Il lui faut les commandes de gros poissons. Il lui faut les commandes de Nvidia, Amazon ou Microsoft. Si Nvidia n’a pas encore signé publiquement pour graver ses GPU en 14A, l’intérêt est stratégique et réel.

En confirmant que le développement continue sans pause, Intel envoie un message : nous sommes prêts. Les kits de développement (PDK) arrivent cette année, la production est calée pour 2027.

C’est un pari gigantesque. Si le 14A tient ses promesses de performance, Intel pourrait récupérer une partie de la production des puces IA de 2027-2028. Si ça rate ? L’investissement de Nvidia restera financier, et les usines de l’Arizona tourneront à vide. Mais pour la première fois depuis longtemps, Intel a les cartes en main pour se battre.


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