J’ai testé la Marshall Stockwell III : la petite enceinte nomade qui envoie du lourd (et du beau)

Enceintes bluetooth • 2026

La Stockwell revient dans une troisième itération qui peaufine la formule sans la trahir. Design soigné, son surprenant pour la taille, fonctionnalités bien pensées : on a passé plusieurs jours avec elle pour voir si la magie Marshall opère toujours.
Marshall Stockwell III
 
L’enceinte Bluetooth Marshall Stockwell III // Source : Tristan Jacquel

On ne présente plus Marshall. Enfin si, un peu, parce que la marque a longtemps été cantonnée dans l’imaginaire collectif à ses amplis guitare et ses stacks de scène sur lesquels se sont appuyés Hendrix, Clapton ou Angus Young. Mais depuis une bonne dizaine d’années, Marshall a décidé d’emmener son ADN sonore dans nos salons et nos sacs à dos. Casques, écouteurs, et surtout une gamme d’enceintes Bluetooth qui s’est étoffée au fil des ans : Emberton, Willen, Middleton, Tufton, Woburn, Stanmore… et donc la Stockwell.

Pour aller plus loin
Quelles sont les meilleures enceintes Bluetooth de 2026 ? Le comparatif et tests des modèles portables étanches

La Stockwell III se positionne entre les Emberton et Middleton en termes de format. Contrairement à celles-ci, elle adopte un format vertical, et non horizontal. Elle présente les mêmes atouts, son solide, batterie, résistance aux intempéries, mais adopte un look plus élégant.

Cette troisième itération ne se contente pas d’un lifting cosmétique. Elle embarque son lot de nouveautés.

Marshall Stockwell IIISpécifications techniques

Modèle Marshall Stockwell III
Dimensions 15 cm x 7,2 cm x 18,1 cm
Poids 1300 grammes
Indice de protection IP55
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Marshall.

Marshall Stockwell IIIDesign et prise en main

Dès le déballage, c’est beau. Vraiment. La Stockwell III, c’est ce genre d’objet qu’on sort du carton et qu’on pose sur la table en se disant « ah oui, quand même ». Le design est vertical, compact, ramassé. On est en plein dans l’ADN Marshall : la façade est recouverte d’une grille métallique derrière laquelle on devine les haut-parleurs, le logo Marshall trône en lettres couleur laiton, et le tout est cerclé d’une housse en silicone texturée qui se démonte – oui, elle se démonte, et ça se voit, c’est assumé. C’est propre, c’est net, ça fait « objet fabriqué avec soin ».

Marshall Stockwell III

Sur le dessus, on retrouve la petite plaque en aluminium brossé avec les potentiomètres crantés : volume, graves, aigus. Ces potentiomètres ont un toucher à l’ancienne, une résistance bien dosée. C’est du Marshall tout craché, et c’est un petit plaisir d’y toucher.

L’enceinte est certifiée IP55 : elle encaisse les projections d’eau et la poussière. Vous pouvez l’emmener en pique-nique, au bord de la piscine, en rando, elle ne vous en voudra pas. On sent d’ailleurs à la prise en main qu’elle est faite pour encaisser, avec un châssis plus robuste que celui de sa devancière. C’est dense, c’est solide, ça ne sonne pas creux.

Marshall Stockwell III

Marshall livre l’enceinte avec une bandoulière en cuir synthétique inspirée des sangles de guitare, doublée d’une feutrine rouge à l’intérieur. C’est très élégant, ça donne un petit côté vintage sympathique, et surtout c’est pratique : on porte l’enceinte comme un petit sac, on l’accroche à un crochet, à une branche, à un sac à dos. Seule petite réserve : la feutrine rouge, si elle est très jolie, ne me semble pas taillée pour résister à de grosses projections de liquide.

La Stockwell III diffuse le son des deux côtés : une grille métallique en façade, une grille au dos. Marshall appelle ça le True Stereophonic 360, une diffusion avant-arrière en réalité, plutôt 180° donc. On y reviendra dans la partie audio, mais c’est un choix malin pour une enceinte qu’on pose au milieu d’un groupe.

Marshall Stockwell III

Le petit riff de guitare au démarrage et à l’extinction est toujours là, mais désormais lié au volume choisi par l’utilisateur. Si vous avez pris soin de baisser le volume, le son sera joué tout doucement.

Connectique : sobre, mais suffisante

Sous le petit capot en caoutchouc à l’arrière, on trouve :

  • Une entrée auxiliaire mini-jack 3,5 mm. On peut y brancher un baladeur, une petite radio portable, n’importe quelle source analogique. Pratique pour donner un peu de corps à une radio de poche ou à un vieux lecteur MP3.
  • Un port USB-C qui sert à recharger l’enceinte, à lire de la musique depuis un smartphone ou un ordinateur, et qui fonctionne aussi comme batterie externe. Vous pouvez brancher votre smartphone dessus pour lui redonner un peu de jus. La Stockwell III se transforme en batterie d’appoint. Pas idiot.

Tous les boutons sont solides, bien ajustés, sans jeu. La fabrication inspire confiance.

Marshall Stockwell III
Le port USB-C permet de lire de l’audio via un câble USB // Source : Tristan Jacquel

Marshall Stockwell IIICe qui se cache sous la grille

Parlons technique. La Stockwell III adopte une architecture qu’on connaît bien chez Marshall pour ses enceintes nomades :

  • Un haut-parleur de graves actif de 8 cm, monté en façade.
  • Un radiateur passif sur la face arrière. Ce radiateur, c’est une simple membrane, qui vibre par la pression d’air générée par le transducteur actif et produit des sons très graves.
  • Deux haut-parleurs de hautes fréquences de 4 cm environ, l’un en façade, l’autre au dos. Ils servent à diffuser les sons les plus fins, les plus aigus, que le transducteur de 8 cm ne peut reproduire proprement.
Marshall Stockwell III
Source : Tristan Jacquel

L’intérêt du duo avant/arrière, c’est que l’enceinte diffuse les hautes fréquences, celles qui donnent le relief, la clarté, la présence, des deux côtés. Si vous la posez sur une table au milieu d’un groupe, tout le monde entendra la même chose, et non un son clair d’un côté et étouffé de l’autre.

Côté amplification, c’est costaud : 65 watts pour le woofer, et deux amplis de 31 watts, un pour chaque haut-parleur hautes fréquences.

Marshall Stockwell IIIUne application qui progresse

Comme toujours chez Marshall, pas besoin d’application pour ajuster la tonalité de l’enceinte, les potentiomètres sur le dessus sont là pour ça.

Pour autant, l’application Marshall n’est pas inutile, loin s’en faut. On y trouve :

  • Un égaliseur paramétrique pour jouer avec plusieurs bandes de fréquence et créer son profil sonore personnalisé, qu’on peut attribuer au petit bouton M sur le dessus de l’enceinte. Une pression, et le preset est rappelé.
  • Optimisation du placement : ça, c’est l’héritage sonorisation de Marshall. La marque sait que poser une enceinte dans un coin de pièce, au bord d’un meuble ou au milieu d’une table, ça change tout, surtout dans le grave. L’application vous propose de sélectionner votre configuration (près d’un mur, en angle, au bord d’un meuble, au centre…) et l’enceinte ajuste automatiquement sa tonalité.
  • Élargisseur de scène sonore : un petit slider qui permet d’élargir légèrement la spatialisation. Ça modifie un peu le signal d’origine, mais ça donne un peu plus d’ampleur, un peu plus d’air autour des instruments. C’est une vraie bonne idée, et ça montre que Marshall continue d’améliorer ses produits avec des petites fonctions utiles.

Bluetooth : du classique et du moderne

Côté technologies de transmission, la Stockwell III prend en charge les codecs :

  • SBC et AAC classiques, bien suffisants.
  • LC3 : le codec basse consommation de dernière génération, celui du Bluetooth LE Audio. Si votre smartphone est suffisamment récent pour le supporter, vous gagnez un petit peu en efficacité énergétique.

Pas de codec haute définition type LDAC ou aptX. On reste sur du pragmatique. Pour une enceinte de cette taille et à ce prix, c’est cohérent.

L’Auracast est aussi prise en charge. Pour rappel, cette technologie permet de rejoindre une diffusion audio en cours. Par exemple, une personne diffuse publiquement sa musique depuis son smartphone, et vous pouvez connecter votre Stockwell III à sa diffusion. Ça fonctionne aussi avec des points de diffusion publics ou avec certains téléviseurs.

Marshall Stockwell III
Source : Tristan Jacquel

Marshall Stockwell IIIUn son soigné avec une belle extension dans les graves

La première chose qui frappe, c’est le volume sonore. L’enceinte est compacte, verticale, elle tient dans un sac à dos, et pourtant elle remplit une pièce sans forcer. À volume raisonnable, le grave est généreux, rond, presque surprenant pour la taille.

Si on pousse le volume, l’électronique fait son travail : elle limite progressivement la restitution des basses fréquences pour protéger l’amplificateur et éviter que la membrane du woofer ne se déplace trop violemment. C’est classique, c’est le lot de toutes les enceintes compactes, mais il faut le savoir : à faible volume, vous avez un grave plein et profond ; à très fort volume, ce grave s’amaigrit. Il conserve de l’impact, de la puissance dans sa partie haute, mais il perd en profondeur. Ce n’est pas un défaut de conception, c’est une contrainte physique.

Une balance tonale cohérente avec les autres enceintes Marshall

La balance tonale est ronde, chaleureuse, agréable. Le médium est détaillé, précis, présent. Les voix ont du corps, de la matière. L’aigu est légèrement brillant, sans jamais devenir agressif. En somme, la signature est équilibrée. Elle s’écoute bien sur tous les styles. Rock, pop, électro, jazz, hip-hop : rien ne sonne faux. C’est une enceinte facile à vivre, qui ne demande pas d’effort.

Réponse en fréquence Marshall Stockwell III
La réponse en fréquences de la Marshall Stockwell III, en bleu à volume modéré, en rose à pleine puissance // Source : Tristan Jacquel

Si on regarde la mesure, on observe à volume modéré (courbe bleue) un grave qui descend jusqu’à 50 Hz environ. Autrement dit, l’enceinte produit un grave profond, ce qui est étonnant au regard du volume.

En revanche, à très fort volume (courbe rose), on voit que la zone 50-60 Hz décroche significativement par rapport au reste du spectre. Le grave perd de sa profondeur, même s’il garde de la nervosité et de l’impact dans sa partie supérieure. En clair : à fond, vous avez toujours du punch, mais vous perdez la profondeur de la grosse caisse ou de la guitare basse.

Les sons moyens sont équilibrés, avec un pic de présence vers 300 Hz pour soutenir les voix, qui ressortent particulièrement bien. Le haut-médium est plus discret, pour ne pas agresser l’oreille et l’aigu file haut, sans excès.

Objectivement, il n’y a aucun reproche à faire à cette signature sonore, qui, à volume modéré, est quasi parfaite. Cependant, à volume très soutenu, le grave en retrait prive l’enceinte de ce bel équilibre. Il faut le savoir.

Marshall Stockwell III
Source : Tristan Jacquel

Scène sonore : mono, mais pas ridicule

C’est une enceinte compacte, avec un canal diffusé par face. La scène sonore est étroite. Ceci dit, le mode d’élargissement dans l’application apporte un petit plus perceptible : ça donne un peu d’air, un peu d’espace autour des instruments. Ce n’est pas miraculeux, mais c’est mieux que rien.

Impressions d’écoute

Quelques morceaux pour illustrer tout ça :

Espresso, Sabrina Carpenter. Le beat est rond, la basse synthétique a du corps tant qu’on ne pousse pas trop le volume. La voix est bien détachée, précise, un peu en avant. L’aigu sur les cymbales et les petits effets de production est brillant sans piquer.

Birds of a Feather, Billie Eilish. Production plus aérée, plus subtile. La Stockwell III s’en sort bien : les petits détails de production, les souffles, les réverbérations légères sont audibles. Le grave est tenu, discret, il accompagne sans écraser. L’élargisseur de scène sonore apporte un petit plus ici, ça donne un peu plus d’espace à la voix de Billie.

A Bar Song (Tipsy), Shaboozey. Plus rythmé, plus énergique. Le kick tape bien, la basse a de l’impact. À volume élevé, on sent que le grave perd un peu de profondeur par rapport à l’écoute à mi-volume, mais l’énergie est là, ça reste très entraînant.

Marshall Stockwell IIIAutonomie : plus de 40 heures, le double de la Stockwell II

C’est l’un des gros chantiers de cette troisième mouture. Marshall annonce plus de 40 heures d’autonomie, soit environ le double de ce qu’offrait la Stockwell II, qui plafonnait à un peu plus de 20 heures. Cela place la Stockwell III parmi les enceintes Bluetooth compactes les plus endurantes de la marque.

Dans les faits, à 30-50 % du volume, sans pousser excessivement le potentiomètre de graves, on approche bien ces 40 heures. C’est confortable pour une journée d’écoute, et même bien plus que ça : on part en week-end, voire en semaine entière, sans emporter le câble.

À très fort volume, avec du grave en plus : l’autonomie fond, évidemment, et sans avoir fait le test, on peut tabler raisonnablement sur 4-5 heures.

La bonne nouvelle, c’est que l’enceinte se recharge en USB-C Power Delivery et accepte jusqu’à 30 watts en charge. Mieux : on peut la recharger tout en l’utilisant. Si vous embarquez une petite batterie externe USB-C PD, vous pouvez brancher la Stockwell III dessus et la faire tourner toute une nuit à quasi pleine puissance. Intéressant pour garder une ambiance festive toute une nuit.

Dernier point, et pas des moindres : la batterie est remplaçable. Et elle n’est pas la seule pièce modulaire : les grilles avant et arrière, la housse en silicone et la bandoulière le sont aussi. Si dans trois ou quatre ans la batterie perd de sa capacité, un passage en SAV et on vous la change. C’est un produit pensé pour durer, et ça, c’est appréciable.

Cette modularité ne tombe pas du ciel : à partir de 2027, le règlement européen sur les batteries imposera aux fabricants de concevoir des appareils dont la batterie peut être retirée et remplacée facilement. En rendant la Stockwell III démontable dès aujourd’hui, Marshall prend de l’avance sur cette obligation, autant qu’il soigne l’argument durabilité.

Marshall Stockwell IIIPrix et concurrence

La Marshall Stockwell III est affichée à 229 euros, disponible depuis le 18 août 2026. C’est un positionnement premium pour une enceinte compacte nomade. À ce prix, elle se frotte aux :

  • JBL Charge 6 (autour de 149 euros) : plus abordable, un son un peu plus démonstratif, une autonomie plus courte (jusqu’à 28 heures avec le mode Playtime Boost) mais un format cylindrique et pas de contrôle de tonalité physique, pas d’entrée auxiliaire. La Marshall a pour elle un design plus classique.
  • Sony ULT Field 5 (autour de 199 euros) : un son équilibré, un grave plus puissant à fort volume, une bonne autonomie, la Sony est taillée pour la fête en plein air avec ses jeux de lumière intégrés. Une autre philosophie.

La Stockwell III justifie son surcoût par son design iconique et ses contrôles de tonalité par potentiomètres.



Notre avis sur Le Marshall Stockwell III

Design
10
Un objet vertical, iconique, superbement fini : grilles métalliques, logo laiton, aluminium brossé, potentiomètres crantés au toucher délicieux. Certification IP55, châssis renforcé, bandoulière inspirée des sangles de guitare, housse et grilles modulaires : Marshall pense durabilité. On regrette simplement la feutrine rouge qui craint les liquides, et un format un peu moins pocket-friendly qu'une Emberton.
Logiciel
9
Les potentiomètres physiques graves/aigus restent uniques en leur genre, et l'app enrichit sans compliquer : égaliseur attribuable au bouton M, optimisation du placement, élargisseur de scène, préservation de la batterie. Ajoutez le LC3, l'Auracast et surtout l'audio USB-C sans perte, vraie nouveauté de cette génération. Il manque juste un codec HD (LDAC, aptX) pour viser le sans-faute, même si la différence serait quasiment inaudible.
Audio
8
À volume modéré, la signature est quasi parfaite : grave profond vers 50 Hz, médium détaillé, aigu brillant sans agressivité, diffusion à 180° efficace. À fort volume, le grave s'amaigrit et la scène sonore reste étroite : c'est le prix de la compacité. Une enceinte qui s'apprécie à volume raisonnable, et qui y excelle.
Autonomie
10
Le gros chantier de cette génération : plus de 40 heures, soit le double de la Stockwell II, et l'une des meilleures autonomies de la catégorie. Charge rapide (20 min = 7 h), recharge complète en moins de 3 heures, batterie remplaçable, fonction powerbank : tout y est. À fort volume la jauge fond plus vite, mais avec un tel matelas, on voit venir.
Note finale du test
9 /10
La Stockwell III n’est pas une enceinte qui cherche l’esbroufe. Elle mise sur un son rond et chaleureux, un grave étonnamment ample à volume raisonnable, des voix bien présentes et un aigu lumineux sans agressivité. Surtout, elle conserve ce qui fait le charme des enceintes Marshall : les potentiomètres pour ajuster directement le son, le bouton M pour rappeler son égalisation préférée, et ce look d’ampli miniature qu’on aime poser autant qu’emmener. Avec plus de 40 heures d’autonomie, une certification IP55 et une batterie remplaçable, elle s’adresse à celles et ceux qui veulent une enceinte portable élégante, robuste et endurante pour écouter chez soi, sur un balcon, en voyage ou lors d’une petite soirée. Pas un monstre de puissance pour pousser le volume à l’extrême, mais une enceinte polyvalente et pensée pour durer.

Points positifs du Marshall Stockwell III

  • Signature sonore douce avec beau registre grave

  • Grave profond à volume modéré (environ 50 Hz)

  • Design iconique, finitions premium

  • Potentiomètres physiques volume/graves/aigus

  • Audio USB-C sans perte + entrée auxiliaire 3,5 mm

  • Bluetooth LC3 et Auracast

  • Certification IP55 (poussière et projections d'eau)

  • Plus de 40 h d'autonomie

  • Charge rapide

  • Batterie remplaçable

Points négatifs du Marshall Stockwell III

  • Grave qui recule à mesure qu'on pousse le volume

  • 1,3 kg : pas la plus légère de la catégorie

Recherche IA boostée par
Perplexity