Pour couvrir le Computex 2018, j’ai utilisé pour la première fois un PC sous Windows 10 équipé d’une puce ARM Qualcomm Snapdragon 835 et d’une connexion 4G LTE.

Fiche technique

CaractéristiquesHP Envy X2
Écran12,3 pouces IPS 2:3 1920 x 1280 pixels
ProcesseurQualcomm Snapdragon 835 (2,6 GHz)
Puce graphiqueQualcomm Adreno 540
RAM4 Go de LPDDR4
Stockage128 Go UFS 2.1
Connectique1 USB Type-C USB 3.1 (DisplayPort 1.3 et alimentation), 1 lecteur de micro SD, 1 jack
BiométrieReconnaissance faciale
Wi-FiQualcomm WCN3990 802.11 ac (2x2)
Bluetooth5.0
4G LTEQualcomm Snapdragon X16 LTE
Batterie45 Wh
Dimensions293 x 210 x 7 mm (sans clavier), 294 x 217 x 15 mm (avec clavier)
Poids0,7 kg (sans clavier), 1,21 kg (avec clavier)
Prix1299 euros

Cet ordinateur a été prêté par Qualcomm avec un forfait 4G.

Une expérience d’une semaine

Peu de temps avant mon départ pour Taipei, où j’ai couvert pour FrAndroid et Numérama le salon du Computex 2018, Qualcomm m’a proposé de tester un PC HP Envy X2 sous Windows 10. Sa particularité ? Il s’agit de l’un des deux premiers ordinateurs sous Windows 10 à intégrer une puce Qualcomm Snapdragon 835, à la place du processeur Intel, associé à un modem 4G LTE de la marque.

Pour que l’expérience soit complète, sinon ça aurait peu d’intérêt pour le test, la marque a également fourni une carte SIM avec un forfait 4G fonctionnant à Taipei.

Rapide tour du propriétaire

Le HP Envy X2 est une machine 2-en-1, l’écran se détache du clavier un peu à la manière d’une Surface Pro, sauf que la tablette n’intègre pas de pied ajustable et c’est le clavier qui se plie pour donner une forme d’ordinateur portable à l’ensemble.

Si on fait exception de ses composants interne, le HP Envy X2 est un appareil somme tout assez classique sous Windows 10. L’ensemble est très bien fini avec un joli châssis, assez fin, en aluminium. Sur ce genre d’appareil, la connectique est souvent limitée et c’est bien le cas ici : un port USB Type-C jouant aussi le rôle de port d’alimentation, un port microSD et un port jack.

Mentionnons quand même la reconnaissance faciale Windows Hello, grâce à une double caméra RGB et infrarouge, et l’utilisation d’un écran au format 2:3, qui est selon moi le meilleur format pour des appareils sous Windows. Ce format permet aussi bien de travailler en mode portrait qu’au format paysage, avec aussi bien du texte plutôt vertical que des vidéos 16:9, le compromis idéal donc.

Sans ventilateur et sans bruits

Le Qualcomm Snapdragon 835 consomme beaucoup moins d’énergie et dégage également beaucoup moins de chaleur qu’un processeur Intel. Le HP Envy X2 n’intègre donc pas de ventilateur, ni aucune pièce mécanique, puisque le stockage est bien entendu assuré par de la mémoire flash. Le PC est donc complètement silencieux.

La promesse de Qualcomm

Mais le plus intéressant avec cette machine, c’est donc l’utilisation d’une puce Qualcomm Snapdragon et un modem 4G LTE. Voici les avantages que doit permettre cette configuration, comparée à une machine Intel classique :

  • une consommation et un dégagement thermique plus faibles
  • une sortie et une mise en veille instantanée
  • une connexion 4G permanente, même en veille
  • une autonomie en forte hausse

Voyons si ces promesses ont été tenues.

Un PC toujours connecté, ça change tout !

On commence par ma plus grande surprise à l’utilisation de cette machine. Lors des présentations de Microsoft et Qualcomm, je n’étais pas du tout convaincu par l’idée des PC « always connected » grâce à la 4G. Déjà parce qu’il y avait déjà eu des ordinateurs intégrant des modems mobiles par le passé sans que le succès commercial ne soit là, mais aussi et surtout parce que tous les clients potentiels de ces machines ont un smartphone dans leur poche prêt à déclencher le partage de connexion.

Bon bah j’avais tort, l’intégration d’un modem 4G pris en charge nativement par Windows 10 change radicalement l’expérience que j’avais de cette machine. Plus besoin de chercher un réseau Wi-Fi, plus besoin de déclencher le partage de connexion, le PC est réellement toujours connecté et prêt à fonctionner. Très concrètement cela m’a permis de peaufiner des articles dans le taxi ou dans les transports en commun taïwanais, et d’être toujours en contact avec ma rédaction en France.

Autre avantage auquel on est bien habitué sur smartphone : toutes les notifications sont prêtes dès que l’ordinateur sort de veille. En particulier, les mails ont été téléchargés alors que le PC était dans mon sac, et je n’ai plus qu’à les consulter et y répondre à la première pause. Tout est prêt à tout moment pour que je puisse travailler dans de bonnes conditions.

Une bonne gestion de la veille

La veille justement, parlons-en. L’avantage intrinsèque des puces ARM sur les processeurs AMD et Intel est leurs meilleures gestions des états de veille. C’est simple, une machine ARM (une tablette, une montre, un smartphone, peu importe), se réveille toujours instantanément, alors qu’un ordinateur plus classique peut mettre du temps à sortir de veilles, en particulier d’une veille profonde. Avec un processeur ARM, le HP Envy X2 est toujours prêt à l’emploi.

L’autonomie bonne, mais pas incroyable

L’autonomie de l’appareil est peut-être l’une de mes premières déceptions. Qualcomm promettait une autonomie record pouvant monter à 18, voir même 29 heures selon les usages. Dans les faits, avec mon usage, l’autonomie était bien plus proche d’une machine Intel classique, bien que tout de même plus élevée. J’ai été capable de façon constante de travailler toute la journée avec la machine.

Le plus gros changement c’est une nouvelle fois la gestion de la veille. Il n’est pas rare avec un ordinateur classique de se retrouver avec une batterie à plat après plusieurs jours passés en veille, dans un coin du salon. Dans le cas du HP Envy X2, la consommation en veille est très faible, et l’appareil tient donc très bien la durée sur cet usage particulier. On peut facilement balayer ce point d’un revers de main, mais une machine est très souvent en veille, entre chaque session d’utilisation, et c’est donc des bonus d’autonomie grappillé ici ou là.

Des performances à la ramasse

Attaquons maintenant le point qui fâche, la puissance du processeur. Windows 10 n’est pas un système aussi léger qu’Android, et ça se sent à l’utilisation. Le Snapdragon 835 n’est tout simplement pas à la hauteur pour faire tourner correctement l’OS de Microsoft. On ne parle pas ici de l’émulation des logiciels classiques, où une baisse des performances est à la fois logique et attendue, mais de l’utilisation du système lui-même. Ainsi, accéder aux paramètres de Windows 10 ou lancer l’explorateur de fichier, des tâches basiques donc, prends du temps, trop de temps. L’expérience globale manque de fluidité : le tactile accroche, les changements de fenêtre peuvent avoir de la latence, le lancement des applications demande une ou deux secondes de trop.

C’est vraiment le point noir de cet appareil qui le disqualifie automatiquement de toute recommandation et de tout guide d’achat.

L’émulation des applications win32 classiques qui permet de faire tourner des logiciels prévus pour les processeurs Intel est bien là. Une fois la limitation de Windows 10 S retirée, en passant gratuitement à Windows 10 Pro, on peut installer facilement tous les logiciels que l’on a l’habitude d’utiliser, du moment qu’ils sont en mode 32 bits. J’ai donc pu installer Chrome depuis le site de Google, alors que ce dernier n’a bien sûr pas développé son navigateur pour la version ARM de Windows 10. Les faibles performances du processeur sont une nouvelle fois une limite à l’utilisation confortable de la machine.

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Un premier aperçue du futur, et un danger pour Intel

Après ce dernier paragraphe, et en sachant que cette machine est commercialisée à 1299 euros, vous comprenez aisément qu’il nous est impossible de recommander l’achat de cet appareil. En revanche, cette machine laisse entrevoir un futur très intéressant.

En effet, la connexion permanente et l’excellente gestion de la veille font partie de l’ADN des puces ARM, et ce sont des points qui ont changé radicalement mon utilisation de la machine. Intel ne devrait pas pouvoir concurrencer de si tôt les solutions ARM sur ces deux sujets. En revanche, au fil des générations, les processeurs de Qualcomm devraient gagner en performances et associés aux avantages cités précédemment, pourraient devenir une solution incontournable.

Avec au moins un niveau de performances permettant d’utiliser un navigateur de façon confortable, regarder des vidéos sur les services à la mode comme Netflix, et jouer à un ou deux jeux peu demandeurs, un ordinateur avec une puce ARM sera un produit de choix pour beaucoup de professionnels, en particulier ceux qui voyagent régulièrement.