
Vous savez ce moment où on regarde une photo de la Voie lactée sur Instagram et où on se dit que, quand même, l’univers en fait des tonnes ? Les astronomes ont le même problème, mais à l’envers : ils voient trop peu de ciel à la fois.
Hubble, c’est magnifique, mais ça scrute un timbre-poste cosmique. Pour comprendre pourquoi l’univers s’étire sans qu’on sache vraiment qui tire sur la nappe, il faudrait voir large. Très large. C’est exactement le cahier des charges du télescope Nancy Grace Roman.
Roman, c’est le nouveau grand observatoire infrarouge de la NASA, construit au Goddard Space Flight Center et prêt à partir. Lancement visé début septembre 2026 sur une Falcon Heavy de SpaceX, soit huit mois avant l’échéance officielle de mai 2027.

Budget tenu à 4,3 milliards de dollars, ce qui, pour un projet de la NASA, relève presque de l’anomalie statistique. Le miroir principal mesure 2,4 mètres, exactement comme celui de Hubble, parce qu’il vient du même genre de stock : un satellite espion déclassifié, offert en 2012 par le National Reconnaissance Office. Destination finale, le point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, là où James Webb bosse déjà.
Pas un successeur de Hubble, une autre machine
On a beaucoup lu que Roman était « le successeur de Hubble ». C’est faux, et ça mérite d’être dit. Hubble vole toujours, James Webb occupe déjà la niche « regarder très profond en infrarouge », et Roman fait autre chose : il voit large.
Son instrument grand champ embarque 18 détecteurs pour environ 300 mégapixels au total, avec un angle de vue 100 à 200 fois plus étendu que la caméra infrarouge de Hubble. Traduction pratique : ce que Hubble mettrait deux mille ans à couvrir, Roman le fait en un an. L’idée n’est pas de remplacer, mais de compléter, en dressant des cartes cosmiques que les deux autres ne peuvent pas produire.

Le second instrument, un coronographe, bloque la lumière des étoiles pour photographier directement les planètes qui tournent autour.
C’est une première pour ce type d’optique active embarquée, et c’est surtout un banc d’essai pour le futur Habitable Worlds Observatory, prévu dans les années 2040. Côté chiffres, la NASA promet 1,4 téraoctet de données transmis chaque jour, soit à peu près ce que Hubble envoie en trois mois.
Un programme de microlentilles gravitationnelles devrait révéler plus de 100 000 nouveaux corps célestes sur cinq ans, dont des dizaines de milliers d’exoplanètes. Les réserves de carburant donnent une marge d’une dizaine d’années.
Pour qui ça change quelque chose ? D’abord pour les cosmologistes qui s’arrachent les cheveux sur la matière noire et l’énergie sombre, ces 95 % de l’univers dont on ne voit rien mais qu’on devine partout.
Ensuite pour les chasseurs d’exoplanètes, qui vont passer des 6 000 mondes connus à un ordre de grandeur au-dessus. Pour le grand public, en revanche, les premières images ne devraient pas arriver avant fin 2026, le temps de la mise en service et de la calibration. Et puis il y a un détail qui pèse : l’administration Trump a tenté à plusieurs reprises, en 2025 puis en 2026, d’annuler purement et simplement le programme. Roman s’en est sorti parce qu’il était déjà construit, mais le budget science 2027 de la NASA prévoit 47 % de coupes, soit une cinquantaine d’autres missions sur la sellette.
Roman est le genre de mission qu’on n’aura peut-être plus les moyens de refaire avant longtemps. Ce téléscope enverra 1,4 téraoctet tous les jours, avec des images d’environ 300 mégapixels.
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