
Jensen Huang, visiblement d’humeur nostalgique, a levé son verre pour célébrer le quart de siècle de la GeForce 3. L’occasion de prononcer un discours, mi-technique mi-sentimental, adressé directement à la communauté qui l’a fait roi.
« Sans GeForce, il n’y aurait pas de CUDA. Sans CUDA, il n’y aurait pas d’IA », d’après le CEO de Nvidia. C’est factuellement irréprochable. L’entreprise a compris au début des années 2000 que l’accélération matérielle fixe devait devenir programmable pour permettre aux jeux d’avoir leur propre identité visuelle.


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Cette simple décision de design, née pour afficher de plus beaux polygones, a transformé un fabricant de cartes graphiques en mastodonte du calcul informatique. D’une certaine manière, chaque joueur qui a acheté une carte graphique depuis 2001 a joyeusement financé, sans le savoir, l’infrastructure qui fait tourner ChatGPT aujourd’hui.
L’ironie des 3 500 watts
Jensen Huang s’intéresse au chemin parcouru. La puce de l’époque comptait une trentaine de millions de transistors. Aujourd’hui, on parle de centaines de milliards sur un seul composant.
Mais c’est sur la consommation énergétique que le cofondateur de Nvidia lâche le morceau. « Nous étions à 35 watts. Nous poussons maintenant vers les 3 500 watts », selon Jensen Huang. C’est amusant, car cette petite phrase censée illustrer le progrès technique prouve exactement ce que la communauté reproche à la marque. Une carte à 3 500 watts, ce n’est pas pour faire tourner GTA 6. C’est un rack de serveurs destiné aux centres de données.
Malgré cela, Nvidia tente de garder le lien avec les joueurs. La promesse pour la prochaine décennie s’appelle le neural rendering ou rendu neuronal en français. L’idée est de fusionner le rendu graphique traditionnel avec l’IA générative pour créer des mondes infiniment plus détaillés. C’est la suite logique du ray tracing introduit en 2018, une technologie si lourde qu’elle a forcé Nvidia à inventer le DLSS pour compenser la chute des fps.
Pour aller plus loin
« Sans le jeu vidéo, Nvidia n’existerait pas » : l’avertissement de Microsoft
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