
Le problème ? Une opération de recrutement massive et, selon Taipei, totalement illégale. OnePlus aurait débauché plus de 70 ingénieurs taïwanais en contournant les règles strictes qui régissent les relations entre l’île et la Chine continentale. Pour Taïwan, ce n’est pas juste une affaire de RH, c’est une attaque directe contre sa souveraineté technologique.
Alors que la marque tente de maintenir une image de « petite entreprise de passionnés » intégrée au groupe Oppo, elle se retrouve clouée au pilori pour des pratiques de débauchage clandestin.
Des sociétés écrans pour piller les talents
Selon l’acte d’accusation du parquet de Shilin, OnePlus n’a pas simplement postulé sur LinkedIn. Pour recruter ces 70 experts, l’entreprise aurait agi dans l’ombre. À Taïwan, les sociétés chinoises n’ont pas le droit d’établir des opérations ou d’embaucher sans un feu vert gouvernemental très difficile à obtenir.
Pour contourner ce verrou, beaucoup utilisent des sociétés écrans. SMIC, le géant chinois de la puce, qui s’était fait pincer l’année dernière. Ils avaient monté une filiale déguisée en entité basée aux Samoa pour recruter tranquillement sur l’île. C’est visiblement ce genre de méthodes qui est reproché à l’équipe de Pete Lau.
Le Bureau d’enquête de Taïwan est sur les dents. Depuis 2020, plus de 100 enquêtes ont été ouvertes sur ce type de pratiques. Pourquoi ? Parce que Taïwan possède les meilleurs ingénieurs au monde, notamment chez TSMC, et que la Chine cherche désespérément à combler son retard technique. Chaque ingénieur qui part chez OnePlus ou Oppo, c’est un peu de savoir-faire stratégique qui s’évapore vers le continent.
Le fisc et la justice taïwanaise ont également inculpé deux citoyens locaux qui servaient de relais à Pete Lau. Ils risquent gros : la violation de la loi régissant les relations entre les populations des deux régions n’est pas une mince affaire là-bas. On parle de sécurité nationale, un terme qui ne laisse aucune place à la négociation ou au compromis corporate.
Pourquoi Pete Lau risque gros
Maintenant, quel est l’impact pour nous, utilisateurs ? OnePlus a publié un communiqué très laconique assurant que « les activités se poursuivent normalement ». Certes, votre OnePlus 15 ne va pas s’arrêter de fonctionner demain. Mais pour l’image de la marque à l’international, c’est une catastrophe.
Le vrai enjeu est ailleurs. Pete Lau est un acteur clé de l’intégration entre OnePlus et Oppo. Si la justice taïwanaise parvient à entraver ses déplacements ou à geler certaines collaborations techniques, c’est une partie de la R&D du groupe qui pourrait prendre un coup de froid. On sait qu’Oppo cherche à concevoir ses propres puces (les processeurs MariSilicon).
La situation est d’autant plus tendue que Taïwan a intensifié ses perquisitions. L’an dernier, 34 lieux ont été fouillés dans le cadre d’enquêtes similaires touchant 11 entreprises chinoises.
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