La 5G arrive en 2019 et Qualcomm vient de dévoiler son premier SoC compatible avec ce nouveau réseau. Pour y arriver, il a fallu surmonter bien des défis, mais d’autres sont encore à venir.

À l’occasion de son Qualcomm Technology Summit, la firme de San Diego a présenté son Snapdragon 855, premier SoC intégrant le modem Snapdragon X50, et donc compatible avec les réseaux 5G. Plus que sur sa nouvelle plateforme, le géant californien s’est étendu sur la 5G et les défis qu’il a fallu relever pour en arriver là.

2 ans de travail

La première fois que Qualcomm a parlé de son Snapdragon X50, c’était en 2016. À l’époque, la 5G n’était qu’un rêve encore lointain pour le grand public, mais le spécialiste des microprocesseurs voyait déjà le potentiel de cette technologie. « Les ondes millimétriques (mmWaves) ne fonctionneront jamais », pouvaient dire certains à ce moment.

Qualcomm n’a cependant pas baissé les bras et a surmonté ce défi, et bien d’autres encore.

Le défi des smartphones

En ce qui concerne directement Qualcomm, son modem et ses antennes, ce sont de nombreux éléments qui ont été pris en compte pour venir à bout des problèmes potentiels pour le grand public.

L’un des exemples cités ici rappelle un peu l’antennagate de l’iPhone 4 : selon comment vous tenez votre smartphone, votre main peut bloquer les ondes millimétriques, et donc empêcher une bonne réception. Pour contrer cela, Qualcomm a créé ses propres modules antennes QTM052, disposés à différents endroits du téléphone pour permettre la connexion dans n’importe quelles conditions.

« Les appareils auront l’air trop gros », arguaient certains, encore en 2018. Car oui, ces modules, ils doivent bien être intégrés quelque part, mais Qualcomm a particulièrement travaillé sur la miniaturisation de ses composants pour aller au-delà de ce problème.

La chauffe et la consommation énergétique ont également été des éléments importants au cours du développement de la 5G. Là où Huawei envisage des SoC gravés à 5 nm et des batteries au graphène pour surmonter cela, Qualcomm dit avoir réussi à gérer cela directement avec son Snapdragon 855 sans donner beaucoup plus de précisions.

Le défi du réseau

La 5G repose sur de nombreuses technologies. Les fréquences Sub-6GHz, le refarming des fréquences 4G LTE, mais aussi les ondes millimétriques. Les opérateurs auront donc énormément de challenges à relever également de leur côté.

Les partenaires de Qualcomm se sont succédés sur la scène du Snapdragon Technology Summit pour parler de tout ce qui a été mis en œuvre de leur côté pour rendre la 5G possible. Verizon, AT&T et EE sont ainsi revenus sur le sujet, mais d’autres ont bien sûr travaillé main dans la main avec la firme de San Diego, y compris Orange pour la France.

L’un des défis qui a dû être relevé par les opérateurs, c’est de proposer un débit constant, quelles que soient les conditions, la distance de l’antenne, la hauteur, les obstacles… Pour cela, Verizon a réalisé de nombreuses expérimentations, en hauteur sur des parkings, en mouvement, en intérieur, par temps pluvieux, etc. L’opérateur affirme aujourd’hui que grâce aux ondes millimétriques, il peut continuer de proposer un débit proche du Gigabit dans toutes ces conditions. Et ce n’est bien sûr que le début.

Bien sûr, il faudra pour cela équiper de nombreux sites en 5G pour couvrir la totalité des territoires. Si l’on n’a pas encore les chiffres pour la France, EE affirme pouvoir couvrir 15 % de la population et 25 % des besoins en data en installant seulement 1500 sites 5G.

En France, on imagine cependant qu’il faudra un peu plus de sites pour obtenir de tels chiffres de couverture.

Pour l’heure, la 5G NR n’en est qu’à ses balbutiements, et on devrait en entendre parler durant toute la prochaine décennie, avec des améliorations régulières (environ un par an pour les prochaines années), permettant ainsi à la 5G de prendre toute son ampleur. Tout comme la 4G, on devrait voir apparaître différents noms marketings pour accompagner ces évolutions à chaque défi relevé. Brace yourself, 5G+ is coming.