J’ai essayé le Skoda Epiq : pourquoi ce SUV électrique à 25 000 € va faire très mal à Renault et Peugeot

Voitures • 2026

Skoda signe sa nouvelle voiture électrique d'entrée de gamme avec l'Epiq, au style inédit et loin du superflu. Après plusieurs heures à son volant, force est de constater que le SUV applique la recette maison du zéro émission à la pointe de la technologie, sans sacrifier le sens pratique. La prestation est rationnelle, ce qui le place en nouvelle référence populaire. Premiers tours de roue d'un futur best-seller pas cher.
Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin
Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin
 

Chez Skoda, l’équation à 25 000 euros peut tout changer. Combiner le gabarit compact d’une citadine, la position de conduite surélevée d’un SUV à un tarif abordable, voici le défi qu’a relevé la marque tchèque avec son nouvel Epiq.

Et ce, en profitant de la toute nouvelle plateforme du groupe Volkswagen, la MEB+, partagée avec les Volkswagen ID. Polo, ID. Cross, ainsi que la Cupra Raval. Celle-ci a été conçue pour permettre de rattraper le retard sur le créneau du petit véhicule abordable, autrement dit le modèle urbain à traction.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Skoda profite de ce regain côté groupe pour commercialiser son Epiq, et affronter directement les Renault 4 E-Tech, Kia EV2, Peugeot e-2008, ou Leapmotor B03X. Tout en tenant la promesse indispensable de casser les prix sans sacrifier l’autonomie ni la polyvalence.

Fidèle à son pragmatisme historique, la marque ne cherche plus l’énième véhicule d’apparat, ni la surenchère de puissance, les technologies futiles et les tarifs stratosphériques.

En prenant le volant de ce petit aventurier urbain, on comprend le refus de la course au statutaire pour se concentrer sur une proposition accessible, intelligente et immédiatement exploitable au quotidien.

Fiche technique

Modèle Skoda Epiq
Dimensions 4,17 m x 1,80 m x 1,62 m
Puissance (chevaux) 210 chevaux
0 à 100km/h 7,4 s
Niveau d’autonomie Conduite semi-autonome (niveau 2)
Vitesse max 160 km/h
Taille de l’écran principal 13 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Fiche produit

Un design sans fioritures

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Cette ambition de démocratisation ne pouvait pas s’exprimer dans un moule classique. Pour le style, Skoda a fait du « nouveau » Skoda. ​Du haut de ses 4,17 mètres de long et 1,8 m de large (1,58 m de hauteur) comme la R4, l’Epiq s’offre une carrure trapue et assurée, aux lignes simples, sans tomber dans la surenchère d’agressivité.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Pas de chichi, ce petit véhicule urbain monté sur des pneus de 17 à 20 pouces inaugure pour autant la silhouette rassurante « Modern Solid » de la marque. L’alliance d’une calandre pleine laquée aidée d’un bandeau noir dissimulant capteurs et radars et d’une signature lumineuse en T bien ancrée aux quatre coins du véhicule.

Skoda Epiq 55 – profil // Source : Morgan Mathurin

Il y a en plus un capot haut et plat, un bouclier avec volets actifs (le coefficient de pénétration dans l’air, ou Cx, est de 0,275), des protections de soubassement robustes et des barres de toit intégrées pour l’esprit petit baroudeur urbain. ​

La marque a laissé les poignées de porte classiques sur son Epiq et y injecte des jantes travaillées sous d’imposantes arches de roues.

À l’arrière, les projecteurs s’étirent jusqu’aux ailes et on remarque un hayon très large. C’est net, sans bavure, juste ce qu’il faut. L’Epiq évite les fioritures aérodynamiques grotesques tout en affichant une gueule immédiatement reconnaissable dans le trafic.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

La magie du rangement à l’intérieur

Comme à son habitude, le génie de Skoda opère également à bord de l’Epiq. Son gabarit étant celui d’une citadine surélevée ultra-compacte, ça n’entache en rien son habitabilité globale, et généreuse à l’arrière, grâce à un empattement de 2,60 m et une garde au toit de 97,3 cm.

Skoda Epiq 55 – places arrière // Source : Morgan Mathurin

Deux adultes peuvent y voyager sans problème profitant d’un espace aux jambes suffisant. Bon, pour les très grands, ils diront qu’ils ont les genoux hauts et dans le vide.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Les passagers pourront utiliser les deux prises USB-C dédiées et profiter de buses de ventilation dédiées, d’un accoudoir central, de porte-gobelets, etc. Petit à l’extérieur, mais grand à l’intérieur !

Skoda Epiq 55 – toit vitré // Source : Morgan Mathurin

Ajoutez à cela les célèbres astuces Simply Clever qui vous feront forcément plaisir comme les supports pour smartphone, le parapluie inséré dans la portière, le gratte-givre caché dans le coffre, le passage de câble au niveau de la console centrale en plus de la recharge par induction, l’entonnoir pour liquide lave-glace… Vous obtenez un véhicule ultra-pratique.

Si on passe du côté de la soute, l’Epiq bouscule la concurrence avec ses 475 litres de coffre en configuration 5 places, avec une trappe supplémentaire de 25 litres, et un frunk avant de 25 litres (en option pour l’instant).

Skoda Epiq 55 – coffre // Source : Justine Pérou pour Frandroid

Un gros point fort qui peut même surpasser des modèles de la catégorie supérieure. Le volume peut atteindre 1 345 litres avec la banquette rabattue (2/3-1/3). Et, la proposition Simply Clever offre un plancher variable avec des crochets de fixation pour vos sacs.

Source : Morgan Mathurin

Technologie à bord ou le retour du bon sens

Le conducteur et sa petite tribu seront accueillis dans un intérieur des plus soignés, aux matériaux recyclés parfaitement choisis, et surtout robustes. Dans sa finition Clever (milieu de gamme), le plastique moussé et le revêtement de qualité durable (et doux) sur la planche de bord ainsi que sa sellerie au tissu robuste et l’éclairage d’ambiance font vraiment leur effet. Tout le package ne semblera pas subir les assauts du temps.

Skoda Epiq 55 – cockpit // Source : Morgan Mathurin

Au poste de conduite, il sera question aussi de partage. Si le combiné d’instrumentation derrière le volant multifonctions est vraiment tout petit (5,3 pouces), l’écran tactile de 13 pouces pour l’infodivertissement se place au centre et parallèle à la planche de bord pour que le copilote puisse autant en profiter (zéro inclinaison). Les deux peuvent aussi jouer avec l’énorme slidebar tactile dédiée au volume juste en dessous.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Tout le système demeure complet et plutôt réactif, mais et c’est un grand mais, il y a encore trop. D’autant que les icônes sont aussi toutes grises ou sombres, pas franchement visibles. Nous avons pu toutefois trouver sans trop de problèmes ce que nous voulions, comme l’accès direct et rapide aux aides à la conduite ou aux modes de conduite.

On aime les raccourcis. Surtout quand ils sont associés à des boutons physiques réorganisés sur le volant ou sous la dalle numérique ! Skoda sait donc qu’on en a marre des menus cachés dans trois sous-dossiers numériques pour régler la ventilation et autres fonctions essentielles… Donc, oui, allez, ​l’ergonomie peut faire mouche en quelques secondes.

Pour aller plus loin
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Sur la route, la bonne tenue

Après une installation manuelle compliquée (pas de sièges électriques ni de dossier réglable aux lombaires), et un sur-tenseur de ceinture redoutable, nous voilà partis pour nos essais. Toutefois avec le sourire.

Skoda Epiq 55 – essai // Source : Morgan Mathurin

Nous avions entre les mains un Skoda Epiq en version 55 kWh, équipé d’un moteur synchrone à aimants permanents de 155 kW (211 ch), donné pour 290 Nm de couple. Son compteur peut atteindre une vitesse maximale de 160 km/h et abattre le 0 à 100 en 7,1 secondes.

Skoda Epiq 55 – au volant // Source : Morgan Mathurin

Sur l’asphalte, notre SUV tchèque, perché sur ses jantes de 19 pouces optionnelles (225/45 R19), se distingue par un comportement routier neutre dans sa globalité et équilibré.

Incisif de l’avant et scotché au sol à l’arrière, le petit SUV affiche une tenue de route rassurante. Sa prise en main est immédiate, les accélérations sont assez franches selon le mode de conduite, sans pour autant en mettre plein la vue.

Petit bémol sur voies rapides, on constate une insonorisation générale qui avoue ses limites à grande vitesse en raison des barres de toit et d’un manque de double vitrage. Ça siffle dès 80 km/h et les bruits sont tout de suite prenants à 130 km/h.

Source : Morgan Mathurin

On n’oublie pas le Travel Assist, équipé d’un régulateur de vitesse « intelligent » et d’un maintien de voie amélioré. Il s’avère un bon assistant, mais somme toute peu précis, nécessitant une surveillance du véhicule.

Il semblait peu capable de maintenir sa trajectoire bien longtemps sans l’intervention du conducteur. Accordons-lui le bénéfice du doute, les tests ont été très rapides, mais il faut tout de même savoir que ce système est optionnel, à un coût assez élevé (1 140 euros), alors autant en être pleinement satisfait.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Peu dynamique, l’Epiq privilégie ainsi l’agrément de conduite et la fluidité aux sensations fortes. Dommage que la direction manque un poil de précision et de consistance pour offrir un toucher de route parfait.

Avec ses quelque 1 618 kg, la caisse est bien suspendue, malgré l’absence d’un système de suspension pilotée. La filtration reste correcte et assure un confort de bon aloi, même si parfois ça claque un peu. Ses dimensions compactes, son rayon de braquage court (11 m) et sa douceur de fonctionnement en font un outil redoutable en milieu urbain.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Le système de freinage régénératif possède une fonction One Pedal en mode B, capable de mener le véhicule jusqu’à l’arrêt complet. Il est facile d’usage mais il aurait pu être amélioré, car il est un poil violent.

Autonomie : le petit appétit Epiq

Il n’y a pas à dire, le Skoda Epiq est très agréable sur la route. Notre version d’essai, dotée de la grosse batterie NMC de 55 kWh (52 kWh nets), se veut aussi capable de parcourir jusqu’à 441 kilomètres avant la pleine recharge selon le cycle WLTP, forte donc d’une consommation moyenne mixte de 13,7 à 14,1 kWh/100 km en incluant les pertes à la recharge.

Une donnée du constructeur qui s’avère réelle sur le terrain pendant les tests, voire plus avantageuse.

Skoda Epiq 55 – trappe // Source : Morgan Mathurin

Sur un parcours mixte mêlant ville et voies rapides, nous avons consommé 13 kWh/100 km, avec un léger pic à 14,6 kWh/100 km sur l’autoroute. De quoi avaler sans problème entre 400 et 450 kilomètres, en exploitant la batterie à 100 %.

Précisions toutefois que ce bilan a été obtenu sur un tracé favorable, tranquille, plutôt descendant, et en maximisant la conduite économique grâce au mode B.

Source : Morgan Mathurin

On constate certes un petit appétit et une maîtrise de l’énergie, mais qui doivent être vérifiés sur d’autres trajets plus longs, ceux de vos vacances et escapades du week-end par exemple.

La recharge plutôt rapide

Si l’Epiq version 55 embarque une chimie adaptée aux trajets quotidiens, en matière de recharge, la puissance maximale acceptée en courant continu (DC) se cale à 105 kW, permettant de passer de 10 à 80 % de charge en 24 minutes sur borne rapide. On sent l’effort du constructeur sur ce point, mais sachez que nous n’avons pas pu vérifier cette mesure lors de nos tests.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Quant au chargeur embarqué de 11 kW, il facilite les pleins nocturnes complets à la maison en courant alternatif ou sur borne publique (AC), donnés à environ 5h30 de temps (de 0 à 100 % de la batterie). D’autres modèles concurrents peuvent atteindre les 7 heures à domicile.

Notons que ce SUV est compatible avec la charge bidirectionnelle V2L, une fonction possible avec l’adaptateur optionnel dédié. Comptez 170 euros pour obtenir cet accessoire.

Côté prix, l’Epiq peut faire mal à la concurrence

Le prix de base, c’est là que la marque tchèque assène un coup à la concurrence. Le ticket d’entrée démarre à 26 470 euros en version City 35 (115 ch) ou 27 670 euros en City 40 (135 ch). Comptez 32 070 euros pour la version Epiq 55, qui grimpe à 36 500 euros pour la finition la plus haute, Clever et ses 211 ch (ce que nous avions entre les mains).

Ce sont des tarifs catalogue, hors bonus écologique ou primes CEE maximales pouvant aller de 3 535 à 6 145 euros. Car oui, rappelons-le, les modèles sont fabriqués en Europe et bénéficient des aides gouvernementales et/ou locales.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

Dans un sursaut de générosité, Skoda offre une remise minimale de 2 000 euros en cette période de lancement sur certaines versions, qui peut grimper à 4 000 euros. À négocier. Vous pouvez donc obtenir un SUV Epiq à environ 22 000 euros si toutes les conditions sont réunies à l’achat.

Une facture finale redoutable face à la concurrence, quand on sait que la R4 E-Tech se positionne plutôt à 29 990 euros en petite batterie (40 kWh et 120 ch), hors bonus.

Skoda Epiq 55 // Source : Morgan Mathurin

L’Epiq vient aussi titiller l’entrée de gamme du Kia EV2, qui coûte 26 670 euros avec sa batterie de 42,2 kWh. En revanche, les prix s’envolent pour le Peugeot e-2008, qui n’est pas affiché en dessous de 38 500 euros, sans remise.

Note finale du test
9 /10
Avec l’Epiq, Skoda prouve que le bon sens est la meilleure des stratégies. Ce petit SUV électrique se concentre sur l'essentiel : un espace à bord remarquable, un coffre record, des astuces pratiques et un comportement routier rassurant.

Malgré une insonorisation perfectible à vitesse soutenue et quelques options regrettables (frunk, pompe à chaleur), ces concessions restent secondaires au vu du tarif. Bien sûr, tout n'est pas parfait, il a fallu faire des choix pour contenir les coûts. Mais la proposition est rationnelle, ultra-polyvalente et immédiatement exploitable. C'est certain, le nouveau venu a déjà tout d'un best-seller.

Points positifs du Skoda Epiq

  • Habitacle spacieux

  • Prix attractif

  • Comportement routier rassurant

Points négatifs du Skoda Epiq

  • Encore des options (pompe à la chaleur et frunk)

  • Insonorisation assez perturbante

  • Absence des réglages d'appui lombaires

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