L’Allemagne passe dans le camp du FSD de Tesla et va plaider pour lui à Bruxelles

Berlin change de voie

 
Le ministère allemand des Transports a annoncé ce mardi 6 octobre un accord avec Tesla sur le FSD, son système d’aide à la conduite, qui pourra dépasser les limitations de 10 % au maximum. Berlin promet désormais de pousser pour son homologation dans toute l’Union européenne.

L’Allemagne se range derrière le FSD de Tesla. Dans un communiqué publié ce mardi 6 octobre, le ministère fédéral des Transports dit avoir trouvé un accord avec la marque en septembre, après des discussions directes. Son ministre, Steffen Bilger (CDU), promet de plaider pour une homologation européenne « aussi vite que possible ». Les propriétaires de Tesla allemands n’ont toujours pas accès au système, et c’est la première fois que Berlin prend position pour lui.

Il y a quelques jours encore, le ministère affichait encore ses doutes. Il s’inquiétait surtout de la capacité du FSD à dépasser de lui-même les limitations, et de son usage dans les centres-villes. D’autres pays partagent ces craintes. En mai, Electrek rapportait, à partir de courriels obtenus par Reuters, qu’un enquêteur de l’agence suédoise des transports s’était dit « assez surpris » que Tesla laisse son système rouler trop vite.

10 % de marge et un nouveau nom

Sur la vitesse, le FSD pourra dépasser la limite autorisée de 10 % au maximum. En clair, 55 km/h en ville, ou 143 km/h sur une autoroute limitée à 130 km/h.

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Tesla a aussi proposé de rebaptiser le système « Tesla Assisted Driving ». Pour le ministère, le nom actuel, « Full Self-Driving » (conduite entièrement autonome), est « quelque peu trompeur ». Le système accélère, freine et braque, mais le conducteur doit rester attentif en permanence. Et il reste responsable à 100 % de la conduite (Elon Musk ne paiera donc pas vos excès).

À Bruxelles, rien n’est joué

Le soutien allemand est bienvenu, mais il ne suffit pas. L’homologation européenne dépend d’un vote au comité technique sur les véhicules à moteur (TCMV), qui réunit les États membres autour de la Commission européenne. Il faut le « oui » de 55 % des États, représentant 65 % de la population de l’Union. Berlin veut clairement accélérer, comme le relèvent nos confrères de Numerama, et l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’UE.

Paris a pris un chemin proche. Malgré son refus de juillet, la France a ouvert la porte au FSD avec deux voitures fournies par Elon Musk, CEO de Tesla. Le ministre des Transports s’est dit ouvert à l’homologation après un « échange constructif » avec lui, et Tesla a ensuite donné sa version de cet échange. La marque avance aussi ses propres chiffres sur la sécurité du FSD.

Pour le calendrier, le vote européen n’aura pas lieu avant décembre. Les conducteurs allemands (et français) devront donc attendre au moins jusque-là.


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