Épinglé pour ses excès de vitesse en ville, Tesla bride son FSD avant le vote européen

 
Alors qu’un vote doit bientôt avoir lieu pour autoriser le FSD de Tesla en Europe, la marque opère quelques changements. Le but ? Réduire les risques d’excès de vitesse lorsque l’aide à la conduite est activée.
Tesla FSD // Source : La Chaîne EV

Pourra-t-on bientôt finir sa nuit ou lire son livre favori en allant au travail au volant de sa Tesla ? Pour le moment, on en est encore très loin. Mais la firme américaine est désormais bien décidée à imposer son aide à la conduite FSD (Full Self-Driving) sur notre continent.

Le RDW, l’autorité néerlandaise qui homologue les véhicules, l’a validé le 10 avril, et neuf autres pays ont depuis reconnu cette homologation, dont la Belgique et le Danemark. Mais l’Union européenne n’a pas encore statué sur une validation dans ses 27 États membres. La France, elle, refuse de reconnaître l’homologation néerlandaise, notamment à cause des excès de vitesse en ville.

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Le vote des États membres, d’abord prévu le 6 octobre, n’aura pas lieu avant décembre. Il doit trancher une bonne fois pour toutes l’autorisation du FSD sur toutes les routes de l’UE. Mais rien n’est gagné pour Tesla, dont le système avait été épinglé pour de nombreux excès de vitesse.

Lors de tests menés en juillet à Bruxelles par l’association Johanna, le FSD a dépassé la limitation dans 55 % des tronçons à 30 km/h, en y roulant en moyenne à 44 km/h. Pour mettre toutes les chances de son côté, le constructeur a procédé à quelques modifications, validées ce mardi 3 novembre par le RDW dans un communiqué, comme l’a repéré Electrek.

Tesla Model S en mode FSD // Source : Tesla

Déjà, fini le FSD Supervised, place au Tesla Assisted Driving (TAD) – renommé Tesla Conduite Assistée, ou TCA, en France. Un changement de nom pour cette aide à la conduite de niveau 2, censé dissiper la confusion entretenue par l’appellation « Full Self-Driving ». Le RDW rappelle que le fonctionnement ne change pas et que le conducteur reste responsable.

Dans le même temps, il a validé une seconde modification, qui arrivera par mise à jour à distance sur les Tesla équipées du matériel HW4 ou plus récent. Le régulateur la range parmi « plusieurs modifications mineures », mais elle pourrait peser lourd dans le vote européen.

Moins d’excès de vitesse

Tesla a réduit la marge de dépassement de la limitation de 50 % à 10 %. Réglée par le conducteur, cette marge n’est pas censée l’inciter à rouler trop vite : le RDW la justifie par des raisons de « sécurité et de fluidité du trafic ». Initialement, il était donc possible d’atteindre 195 km/h sur une voie limitée à 130 km/h. Ce n’est désormais plus le cas, la marge autorisant un maximum de 143 km/h. En ville, sur une rue limitée à 50 km/h, le système plafonnera à 55 km/h, contre 75 km/h auparavant.

À chaque démarrage, la marge revient à 0 % et les autres fonctions liées à la vitesse sont désactivées par défaut. Le conducteur doit les réactiver à la main : sans action de sa part, le Tesla Assisted Driving se cale sur la limitation détectée, de quoi limiter les risques de se faire flasher.

Tesla FSD
Tesla FSD

Cette mise à jour peut peser lourd pour le constructeur, car parmi les pays qui refusent encore son système, ce sont avant tout les excès de vitesse qui posaient problème. La firme d’Elon Musk aurait ainsi plus de chances d’obtenir une validation européenne.

Mais tous les États ne devraient pas encore être tout à fait convaincus. La Suède, par exemple, exige depuis juin qu’aucun réglage au-dessus de la limitation ne soit possible. Sur ce point, Tesla pourrait simplement empêcher les conducteurs de relever la vitesse maximale lorsque le TAD est activé.

Un autre souci n’est pas réglé : le système peine encore à lire les limitations. À Bruxelles, l’écran affichait 50 km/h dans la majorité des zones 30 testées, et une marge plafonnée à 10 % ne sert pas à grand-chose quand la limite de départ est fausse. Le vote européen, attendu au plus tôt en décembre, exige une majorité qualifiée de 15 États sur 27, représentant au moins 65 % de la population de l’UE.


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