Xiaomi 18 Pro : vos photos partent dans le cloud pour ressembler à du Leica

 
Le mode « Legend » des Xiaomi 18 Pro envoie les données brutes du capteur dans le cloud pour leur donner, en 20 secondes, le rendu d’un appareil photo. Une promesse spectaculaire, avec deux contreparties que la keynote a soigneusement évitées.
Crédits : Frandroid / Xiaomi

Xiaomi a décidé d’aller encore plus loin. Encore plus loin, ça ne signifie pas augmenter sensiblement la puissance de calcul computationnelle locale, mais finalement proposer autre chose : ne plus modifier et corriger les photos dans le téléphone, mais plutôt sur ses propres serveurs.

Alors, accrochez-vous, parce que on doit être un des seuls médias à avoir regardé la conférence Xiaomi en chinois et donc à avoir enregistré tous les petits détails de ce qui a été annoncé.

La fonction s’appelle Legend, et ici on ne parle pas de podcast, elle a été présentée le 23 septembre à Pékin avec les Xiaomi 18 Pro et 18 Pro Max, qui en ont l’exclusivité.

Elle prolonge le mode Leica lancé fin 2025 sur le 17 Ultra édition Leicae. Le principe : après la prise de vue, un bouton envoie les données brutes du capteur vers un modèle hébergé dans le cloud, entraîné selon Xiaomi sur un million d’images, qui analyse lumière, netteté et flou pour restituer en une vingtaine de secondes la texture d’un appareil photo.

Crédits : Frandroid / Xiaomi

Trois styles simulent des boîtiers Leica : le M3 pour le noir et blanc argentique, le M9 pour les couleurs CCD très saturées, le M10R pour un rendu contemporain plus sobre. Le tout s’appuie sur un socle costaud, deux capteurs de 200 mégapixels signés Leica, un principal de 1/1,28 pouce et un téléobjectif 75 mm de 1/1,56 pouce, identiques sur le Pro et le Pro Max.

Un rendu d’appareil photo fabriqué sur un serveur

Le discours tranche avec dix ans de course à la netteté. Plutôt que d’accentuer les détails, Legend cherche à restituer ce que l’optique d’un smartphone ne sait pas faire : un flou progressif, des points lumineux crédibles, un grain de pellicule. Sur scène, Xiaomi affirme que ce traitement « brise les limites physiques de l’optique des smartphones » et ne laisse « aucune sensation de photographie computationnelle ».

Crédits : Frandroid / Xiaomi

Venant d’un mode qui délègue le calcul à un centre de données, la formule ne manque pas de sel. La démonstration la plus travaillée venait de Li Ernan, ambassadeur image de Leica pour la Grande Chine, parti à Bangkok photographier les mêmes scènes avec son Leica et un 18 Pro Max.

Ses conclusions sur le flou et les hautes lumières étaient élogieuses, ce qui n’a rien d’un scoop : l’homme est payé par le partenaire de Xiaomi, sur des images choisies pour la scène.

Vos négatifs numériques chez Xiaomi

Reste la contrepartie. Les données brutes du capteur, c’est le négatif de votre photo, la version la plus complète de ce que le smartphone a vu.

Xiaomi n’a rien dit sur leur durée de conservation ni sur un éventuel usage pour entraîner ses modèles. La fonction exige aussi une connexion, ce qui tombe mal pour un appareil vendu comme un smartphone de voyage : 20 secondes par photo en itinérance, Impossible d’envoyer une rafale de photos.

La question du prix plane également, puisque Xiaomi facture ses fonctions d’IA cloud en points, avec des crédits offerts aux acheteurs jusqu’à la fin de l’année, sans préciser si Legend émarge à ce compteur.

La disponibilité hors de Chine, enfin, n’a pas été évoquée, alors que la gamme arrive pour la première fois en France.


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