Batterie remplaçable obligatoire dès 2027 : vous avez sûrement mal compris la nouvelle loi

 
Une nouvelle réglementation européenne va obliger les constructeurs à proposer des batteries facilement remplaçables par les utilisateurs. Néanmoins, tous ne seront pas concernés. On détricote la situation.
Honor 600 // Source : ElR – Frandroid

L’Union européenne a décidé de s’attaquer l’obsolescence des batteries dans nos appareils mobiles. L’objectif est de permettre à n’importe quel utilisateur de remplacer lui-même son accumulateur, sans avoir à passer par un centre agréé ou à utiliser des outils propriétaires complexes.

Et en lisant trop rapidement, on peut louper une info ou se fourvoyer sur certaines d’entre elles :

  • Ça ne concerne que les smartphones.
  • Nous allons revenir aux bonnes vieilles coques en plastique à déclipser.
  • Tous nos smartphones qui sortiront dès février 2027 devront avoir une batterie remplaçable.

Dans les trois cas, c’est faux.

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Un périmètre très large

Concernant le premier point, le champ d’action de la loi européenne dépasse l’univers des smartphones.

Bien que le texte ne cite pas explicitement chaque catégorie de produit, la réglementation doit s’appliquer à une immense majorité de nos appareils. En effet, elle cible les « batteries portables » dans leur globalité. Selon le règlement, une batterie est considérée comme telle si elle est scellée, pèse moins de 5 kg et n’est pas destinée à un usage industriel ou au transport électrique lourd.

En clair, nos smartphones, tablettes, ordinateurs portables et même vos montres connectées sont théoriquement visés.

Batterie remplaçable et pas amovible

Pour le second point, on parle bien de batterie remplaçable et pas amovible. Ainsi, elle doit pouvoir être ôtée facilement, mais sans pour autant être conçue avec les anciens contacteurs que l’on avait il y a plus de quinze ans.

On peut imaginer une coque vissée et une batterie à ôter via une languette, mais raccordée à la carte-mère par une nappe. On a dit que la tâche devait être opérable par n’importe quel utilisateur, pas qu’elle sera très simple.

L’exception de la durabilité : l’échappatoire des constructeurs

Enfin, et c’est sans doute le plus important, si l’on s’en tient aux smartphones et aux tablettes, tous les modèles ne seront pas concernés, loin de là.

Le règlement prévoit une exception de taille. Un constructeur peut conserver une batterie scellée s’il prouve que son appareil est déjà particulièrement durable.

Pour bénéficier de cette exemption, le cahier des charges est cependant strict. La batterie doit pouvoir supporter au moins 1 000 cycles de charge complets tout en conservant 80 % de sa capacité initiale. Cela correspond grossièrement à quatre ans d’utilisation quotidienne. En comparaison, les normes actuelles tournent souvent autour de 500 ou 800 cycles.

De plus, l’appareil doit afficher une résistance exemplaire avec un certification IP67 au minimum pour les smartphones (étanchéité totale à la poussière et immersion à 1 mètre pendant 30 minutes) et IP42 pour les tablettes (protection contre les petits objets de plus de 1mm et la projection de gouttes d’eau projetées en biais jusqu’à 15°).

Les modèles qui respecteront ces deux aspects ne seront pas soumis à la nouvelle règlementation et rien ne changera pour eux par rapport à aujourd’hui.

Les smartphones « jetables » dans le colimateur

Ainsi, il n’y a rien à craindre par exemple pour les futurs iPhone. Ils sont étanches comme il faut et offrent déjà 1000 cycles de charge. Idem pour les smartphones Android, mais pour eux, le niveau de gamme pourra jouer.

En effet, par exemple, aujourd’hui, un Galaxy A17 de Samsung offre bien 1200 cycles de charge, mais il n’est que IP54. Il ne passerait donc pas en 2027.

De fait, les smartphones d’entrée de gamme ou les marques moins connues venues souvent de Chine risquent d’être face à un dilemme. S’ils n’ont pas les moyens technologiques de garantir une telle longévité ou une certification IP (payante), ils devront opter pour le remplacement facile de la batterie. Cela pourrait se traduire par des appareils plus épais, une perte d’étanchéité ou une esthétique moins travaillée.

À terme, cette loi pourrait pousser vers la sortie les produits de mauvaise qualité qui inondent le marché. Pas chers, ils sont jetables et c’est ce que l’UE ne veut plus avoir à traiter en son sein.


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