
La cataracte reste la première cause de cécité dans le monde, avec près de 100 millions de personnes touchées. Le problème frappe surtout les lieux reculés, là où les ophtalmologues manquent cruellement.
C’est le point de départ des travaux du docteur Prabhu Krishna Ravilla, médecin à l’Aravind Eye Hospital de Madurai, en Inde, présentés ce dimanche 13 septembre au congrès de la Société européenne des chirurgiens de la cataracte et de la réfraction (ESCRS), à Londres.
Le dispositif tient dans la paume. Cette petite pince se clipse sur un smartphone Android, avec à l’intérieur une lentille pour grossir l’avant de l’œil, deux LED blanches alimentées par le téléphone et un embout en silicone qui se pose sur l’orbite. Ce dernier bloque la lumière ambiante et garde une distance fixe avec l’œil pour offrir une image nette. Fabriqué en Inde, l’ensemble coûte moins de 150 livres, soit environ 175 euros, téléphone compris. Une application maison gère la télémédecine.


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On savait déjà Android capable de veiller sur notre santé au poignet ou de s’attaquer au mal des transports. Le transformer en petit outil de diagnostic ophtalmologique c’est un pas de plus.
96 % d’accord avec l’ophtalmologue
Après trois heures de formation seulement, des agents de santé communautaires ont examiné 1 093 patients dans 19 camps ruraux autour de Pondichéry, au Tamil Nadu. Les images filaient ensuite vers un ophtalmologue à distance, dont les décisions étaient comparées à celles d’un confrère présent sur place. Les deux médecins tombaient d’accord dans 96 cas sur 100. Pour repérer une cataracte, l’accord atteignait 89 %, et jusqu’à 96 % pour les formes matures. Chaque œil était examiné en moins de deux minutes trente.
Aujourd’hui, atteindre des villages isolés repose sur des « camps ophtalmologiques », des cliniques temporaires où les spécialistes se déplacent depuis la ville. Coûteux et lourds à organiser, ils ne touchent qu’une minorité.
Une précédente étude de l’Aravind Eye Hospital évoquait 7 % des habitants ruraux dépistés, avec une fréquentation en chute de 80 % au-delà de trois kilomètres.
Avec la pince, l’ophtalmologue reste à l’hôpital et se concentre sur le diagnostic pendant que l’agent de terrain fait le tour des maisons.
Prometteur, mais pas un examen complet
Le président de l’ESCRS, le professeur Burkhard Dick, salue une approche prometteuse pour les régions mal desservies, tout en rappelant qu’elle ne remplace pas un examen ophtalmologique complet.
Les chercheurs planchent déjà sur un tri automatisé par intelligence artificielle, capable un jour d’assurer seul un premier filtrage. Pour des millions de personnes trop loin d’un spécialiste, un smartphone Android bon marché pourrait devenir la porte d’entrée vers une opération qui sauve la vue.
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