
J’ai pu porter les Xreal Aura pendant un petit moment et j’ai adoré. Pour rappel, ce sont des lunettes qui font tourner Android XR, la version d’Android que Google a pensée pour la réalité augmentée, avec l’assistant Gemini à bord.
Elles projettent un écran devant les yeux : on peut donc ouvrir le Play Store, aller sur le web via un navigateur, lancer une vidéo YouTube ou lancer un jeu vidéo. Le tout simplement avec des gestes de la main (ou en utilisant le trackpad du boîtier, qui renferme aussi la batterie). Pendant ce temps, le smartphone reste au fond de la poche.
Rapidement, alors que j’étais encore dubitatif, je me prends à envisager un futur relativement proche où les lunettes connectées de ce genre remplacent pleinement les smartphones auxquels on est pourtant si habitués.
Toutefois, après avoir laissé retomber l’enchantement sincère de mon essai des Xreal Aura, la réalité me rattrape. Plusieurs obstacles à une adoption pleine et entière des lunettes connectées à la place des smartphones apparaissent évidents dès qu’on y réfléchit un peu.
Le réseau mobile, l’indispensable
Le plus évident, c’est le réseau mobile. Les Xreal Aura n’embarquent ni carte SIM ni eSIM. D’ailleurs, presque toutes les lunettes du moment passent par le Wi-Fi ou par un smartphone compagnon.
Tant qu’une paire ne peut pas recevoir un appel, un SMS ou une notification toute seule, elle reste un accessoire connecté de plus et ne pourra pas obtenir le statut d’objet central du quotidien qu’a su obtenir le smartphone.
La batterie encore à peaufiner
Vient ensuite l’autonomie, et là aussi il y a un piège. Les Xreal Aura se composent de deux éléments reliés par un câble : les lunettes elles-mêmes qui pèsent moins de 95 grammes et un boîtier déporté qu’on garde en poche. Ce boîtier intègre une puce Snapdragon Reality Elite, le stockage et une batterie de 4 455 mAh.

L’astuce évite d’alourdir et de faire chauffer les lunettes posées sur le nez, mais ne permet pas une autonomie incroyable. Les responsables de Xreal évoquent une endurance de 4 à 5 heures en usage actif. C’est franchement très bien pour un tel appareil, mais on est loin du smartphone qui tient normalement une journée sans qu’on y pense.
D’autres modèles de lunettes sans écran permettent évidemment de tenir plus longtemps en termes d’autonomie, mais elles s’inscrivent alors beaucoup plus dans un objectif assumé d’accompagner le smartphone plutôt que de s’y substituer. Difficile en effet d’imaginer un vrai remplaçant du smartphone incapable d’afficher une interface devant les yeux.
La saisie de texte pas aussi efficace
Sur Android XR, il est évidemment possible de saisir du texte. Il y a deux manières :
- « taper » sur un clavier virtuel suspendu devant soi ;
- la dictée vocale.

Dans un cas, comme dans l’autre, l’action n’est jamais aussi discrète et rapide qu’un bon vieux clavier numérique de smartphone sur lequel on peut pianoter avec les deux pouces. Dans un lieu public par exemple, j’ai du mal à m’imaginer dire à haute voix un message potentiellement sensible. Idem pour la saisie gestuelle où il faudrait que je tende les bras pour écrire quelques mots.
On pourra toutefois nuancer. Si les lunettes connectées avec écran finissent par se démocratiser, agiter les mains dans le vide ou dicter un message à voix haute ne sera peut-être plus perçu comme une bizarrerie en société.
Le design et le confort d’utilisation
Il y a aussi la question de l’objet lui-même. Les Xreal Aura, avec leurs verres épaissis par les écrans et leur fil qui descend vers le boîtier, ne passent pas inaperçues dans la rue.
Ensuite, il peut aussi y avoir une nette différence de confort entre porter les lunettes pour des sessions de cinq heures max et les avoir toute la journée durant sur le nez.

Cette question du confort se pose aussi pour les personnes utilisant déjà des lunettes de vue. Avec un écran devant les yeux, les constructeurs doivent trouver le moyen de proposer une belle qualité visuelle à la fois aux myopes, astigmates et presbytes.
La question des photos et vidéos
La vie privée pose un problème à part. Sortir son téléphone pour filmer, ça se voit. Une caméra intégrée à des lunettes peut enregistrer sans que personne le remarque (malgré le témoin LED qui s’allume). Cela est carrément devenu un sujet de société et même un débat légal.

En plus du respect de la vie privée, nous pouvons aussi poser la question de la qualité de l’image et de la polyvalence. Un smartphone embarque généralement un grand-angle et un ultra grand-angle et certains modèles proposent aussi des zooms optiques allant jusqu’à x10 pour les téléphones haut de gamme.
Est-ce que des lunettes connectées permettront un jour une expérience photo au niveau de ce que proposent les smartphones ?
Paiement sans fil, titres de transport, etc.
Notez également qu’un smartphone, de nos jours, embarque du NFC pour le paiement sans contact ou la validation d’un titre de transport. Certains s’en servent même comme d’une clé de voiture.
Autant de fonctionnalités à prendre en considération si on veut des lunettes qui nous font vraiment oublier les smartphones.
Un horizon qui se rapproche, sans y être encore
Rien de tout ça n’est rédhibitoire pris séparément, et plusieurs de ces freins reculent et reculeront d’année en année sur les lunettes connectées. Mis bout à bout, ils dessinent quand même un vrai fossé avec le rôle central et discret que joue le smartphone dans nos vies.

Il n’empêche que malgré cette longue liste d’obstacles, une petite partie de moi commence non plus à se demander si les lunettes avec écran remplaceront les smartphones, mais plutôt quand.
En attendant, tout porte à croire que les Xreal Aura seront officiellement commercialisé dans les prochains mois, peut-être même avant la fin de l’année 2026. Du côté de la marque, on promet un prix de départ ne dépassant pas les 1500 dollars aux États-Unis (ce qui reste un investissement loin d’être négligeable).
Téléchargez notre application Android et iOS ! Vous pourrez y lire nos articles, dossiers, et regarder nos dernières vidéos YouTube.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.