J’ai testé les lunettes connectées Oakley Meta HSTN pendant 3 mois et je me suis finalement laissé convaincre

 
Après s’être imposé sur le marché des lunettes connectées en ville avec Ray-Ban, Meta s’attaque désormais aux cyclistes et aux coureurs sous la bannière d’Oakley. Les lunettes Oakley Meta HSTN promettent le compromis idéal entre look urbain et exigences sportives. Après quatre mois d’essai, voici notre verdict sans concession sur les Oakley Meta HSTN.
Les Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Bon, pour y voir plus clair dans la stratégie de Meta, petit cours de rattrapage avec les dates de lancement françaises — les annonces aux USA ont très souvent lieu plusieurs mois avant.

Après des prémices assez limitées techniquement (Ray-Ban Stories) en 2022, Meta lance fin 2023 les Ray-Ban Meta. C’était là la première paire de lunettes connectées que certains se voyaient porter au quotidien, du moins c’était le modèle qui a prouvé la viabilité du concept. Résolument urbain, il a apporté une vraie qualité audio open-ear, un capteur 12 MP exploitable et les fondations de l’assistant Meta AI. C’est le modèle que Meta déstocke actuellement en promotion.

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C’est en 2025 que l’affaire commence à m’intéresser. En plus de faire évoluer sa gamme urbaine avec les Ray-Ban Meta Gen 2, la marque en a remis une couche en visant cette fois-ci les sportifs grâce à un partenariat avec Oakley. Précisons que Ray-Ban et Oakley sont détenues par EssilorLuxottica, avec qui Meta travaille.

Dans cette nouvelle gamme Oakley, deux modèles ont été annoncés :

  • les Oakley Meta HSTN, qui reprennent une monture emblématique d’Oakley et se positionnent entre la ville et le sport ;
  • les Oakley Meta Vanguard, qui se positionnent clairement pour les sportifs en adoptant le verre panoramique si caractéristique des lunettes de vélo ou de trail.

C’est cette première paire de lunettes Oakley Meta, les HSTN, que nous allons tester aujourd’hui. Avec plus de 3 mois passés sur mon nez, dans mon sac ou sur mon bureau, voici mon avis complet sur le premier pas de Meta dans le monde des lunettes de sport.

Ce test a été réalisé avec une paire de Oakley Meta HSTN prêtée par Meta.

Design des Oakley Meta HSTN : la technologie se cache (presque) bien

Bon avant d’aller plus loin, je n’ai jamais été un type à lunettes. Je suis toujours le seul à me cramer la rétine à la plage ou à la montagne. Par contre, je fais beaucoup de sport d’endurance et suis passionné par les nouvelles technologies.

Les premières lunettes Meta ne m’ont jamais trop fait de l’œil. Puis sont venues les versions Oakley. Après avoir essayé les Vanguard sur quelques randonnées et sorties trail, je me suis finalement vu prêter les HSTN pendant plusieurs mois.

Les Oakley Meta HSTN en version transition Amethyst // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Côté design, Meta et Oakley ne sont pas partis de zéro puisque le modèle HSTN existait depuis plusieurs années et était assez connu chez Oakley. Positionnées comme des lunettes lifestyle, les HSTN sont surtout reconnaissables avec leurs branches brisées. Mais ici, version Meta oblige, les branches sont redevenues droites et le châssis a pris du volume pour loger la batterie et l’électronique.

Chloé Pertuis – Frandroid

Je le dis dès maintenant au tout début du test : je les trouve grosses. L’effort de miniaturisation est remarquable, mais si vous avez un visage fin, l’effet « gros sourcils » est inévitable à cause de l’épaisseur de la partie supérieure de la monture. Elles allaient à certains de mes proches, à d’autres non. Bon à la fin, ce sont des lunettes et tout est une question de goûts personnels.

Lunettes de vue
Oakley Meta HSTN

Cette comparaison photo est très aléatoire, mais donne une idée de l’épaisseur des lunettes. Certains modèles non connectés sont bien entendu encore plus gros.

Lunettes de vue vs Oakley Meta HSTN, désolé pour la comparaison, je n’avais que ça sous la main // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

J’imagine que je ne suis ni le dernier ni le premier à faire ce commentaire : peu de personnes réalisent que vous portez des lunettes connectées. Sur un groupe de 10 personnes pendant un weekend, seule la personne assise en face de moi en terrasse sous le soleil a remarqué la petite caméra intégrée. Les personnes habituées aux nouvelles technologies découvrent cependant rapidement la supercherie.

Reste que, l’intégration de la technologie dans un produit du quotidien qui en est dépourvu initialement est impressionnante :

  • vidéo/photo : un capteur de 12 MP logé dans le coin externe de l’œil gauche, avec une petite LED blanche de l’autre côté qui s’allume pour prévenir les gens que vous filmez ;
  • audio : deux haut-parleurs cachés dans les branches, juste au-dessus des oreilles, et cinq microphones, dont un sur le pont du nez ;
  • commandes : un bouton physique sur le dessus pour déclencher une photo (appui court) ou une vidéo (appui long), avec une zone tactile sur le côté de la branche pour gérer le reste (volume, lecture/pause).
La caméra est à droite // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Tous ces éléments jouent forcément sur la balance. Comptez environ 53 grammes pour les Oakley Meta HSTN (version connectée donc), contre 25-30 grammes pour les Oakley HSTN habituelles, non connectées. Lors des longues sessions de port, j’ai simplement remarqué une légère gêne au niveau des oreilles. Aussi, il m’était quasi impossible de porter les lunettes avec une casquette vissée sur la tête, à l’envers comme à l’endroit.

En intérieur elles me vont quand même pas vraiment // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Le tout reste très bien équilibré et on ne finit pas avec une migraine au bout de deux heures, mais on sent tout de même l’objet, surtout lors des chocs répétés en course à pied où elles ont tendance à descendre légèrement si vous transpirez beaucoup. Rien de choquant pour une paire de lunettes vous allez me dire, surtout que Meta et Oakley la mettent plutôt en avant pour du skateboard ou du golf.

Chaque début de branche accueille le logo Oakley, tandis que le seul logo Meta présent est caché sur la face intérieure de la branche gauche — logiquement invisible depuis l’extérieur.

Le seul logo Meta présent sur les lunettes // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Un détail qui a son importance : les HSTN se contentent d’une certification IPX4. Concrètement, elles encaisseront votre sueur en plein effort ou une petite bruine, mais n’espérez pas les rincer sous le robinet en rentrant de votre trail. Pour une vraie étanchéité (IP67) capable de survivre sur le papier à une grosse averse, Meta a préféré réserver ça au modèle Vanguard. Les HSTN sont donc plus « lifestyle » que « sport ».

Pas de panique si notre modèle HSTN de test dans cet article ne vous plaît pas : Meta et Oakley en proposent sept autres variantes avec des couleurs de montures différentes, mais aussi différents types de verres.

Bon ben en extérieur aussi je ressemble pas à grand chose avec // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Comptez un modèle transparent, deux modèles transition (qui se teintent automatiquement aux UV), et cinq versions équipées des fameux verres Prizm de Oakley, censés accentuer les couleurs et les détails. Je ne suis vraiment pas un expert des lunettes, mais je n’ai rien de particulier à redire sur l’optique Oakley, qui a parfaitement joué son rôle, en intérieur comme au soleil. La promesse de transition est largement tenue : les verres se teintaient franchement et rapidement dès que je sortais de chez moi. Autre point très important : toutes ces déclinaisons sont compatibles avec des verres correcteurs. Les spécifications techniques indiquent « compatible avec une sphère de -6.00 à +6.00 ».

Le boîtier des Oakley Meta HSTN // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

En résumé, on fait face à un bel objet, très bien fini, mais qui trahit encore sa nature de « gadget haut de gamme » par son léger embonpoint. À noter que les lunettes sont accompagnées d’un boîtier qui fait office de boîtier (qui l’eut cru) et de base de recharge.

Qualité audio et appels des Oakley Meta HSTN : la vraie bonne surprise du quotidien

Le son proposé par les Oakley Meta HSTN est surprenamment bon, en tout cas pour des lunettes — ne venez pas me demander de les comparer à des AirPods Pro. Le son est clair et les voix restent bien restituées, si bien que vous pourrez écouter de la musique et passer des appels sans vous dire que le son est horriblement plat.

On remarque ici un des haut-parleurs // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Les lunettes étaient franchement pratiques pour la musique lors de mes sorties course à pied, mais ne vous attendez pas à des basses profondes pour vos séances de fractionné.

Lors de mon test, les balades en ville rendaient parfois l’écoute peu agréable : les voitures, les foules et le vent me poussaient parfois à mettre le volume au maximum pour continuer un appel. Rien de surprenant, elles ont les mêmes avantages et désavantages que les écouteurs dits open-ear.

Ne pensez donc pas pouvoir écouter votre musique dans le métro, à moins de monter le volume assez haut et d’accepter une expérience dégradée. À titre d’exemple à 100 % du volume, je pouvais tout juste écouter le message vocal d’une amie dans un métro vide — sans bruit social mais avec le bruit du métro en lui-même. Dans un bus avec plusieurs personnes qui parlaient derrière-moi, j’ai cependant pu passer un long appel, avec le volume assez haut. En temps normal, je restais à la moitié du volume sans problème.

Les Oakley Meta HSTN pliées // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Si le grand public est désormais habitué à voir des gens être au téléphone en utilisant leurs écouteurs sans fil, j’avoue avoir eu quelques regards interloqués quand je parlais tout seul dans la rue, sans téléphone ni écouteurs. Notez d’ailleurs que le son qui sort des lunettes provient initialement de votre téléphone et transite en Bluetooth.

Maxime Grosjean pour Frandroid

Puisque toutes les personnes à qui j’ai fait essayer ces lunettes m’ont posé la question : non, les Oakley Meta HSTN n’utilisent pas de conduction osseuse. Il y a tout simplement un petit haut-parleur intégré au milieu de chaque branche, pile au-dessus des oreilles donc.

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Quoi qu’il arrive, vos oreilles restent bien évidemment libres et à la merci de chaque bruit qui vous entoure. Certains regretteront l’effet bulle des écouteurs avec réduction de bruit active, d’autres préfèreront être conscients de leur environnement. En parlant d’environnement, je vous conseille vivement de désactiver l’option de volume adaptatif, bien trop lunatique.

Le second haut-parleur : un sur chaque branche // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Seconde question préférée de ceux qui ont joué avec ma paire : « Et là, tu entends la musique ? ». Oui, j’entendrai un peu de bruit se dégager des lunettes de mon voisin à environ 2/3 du volume dans une salle silencieuse, en devinant difficilement la musique précise. Non, personne n’entendra votre podcast sur la course à pied dans la rue.

Côté micros, mes interlocuteurs ne se sont jamais plaint de la qualité d’appel : rue bruyante, bus bondé, vélo à 20 km/h… C’est bien là la grande surprise de mon test. Peu importe la situation en 3 mois de test, personne ne se doutait que je passais mes appels avec des lunettes. Notez qu’il n’est pas possible de filmer pendant que vous passez un appel.

Magnifiques // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Sachez aussi que vous serez félicités par un bruitage de bienvenue à chaque fois que vous mettrez les Oakley Meta HSTN sur votre nez — pour vous faire comprendre que les lunettes se sont bien reconnectées à votre téléphone. L’expérience utilisateur est bonne au début, mais ce bruitage peut vite devenir embêtant au long de la journée si on passe notre temps à enlever et remettre les lunettes. Il est cependant possible de désactiver le mode de détection de port automatique qui coupe les fonctionnalités des lunettes dès qu’elles sont retirées du visage.

Le bouton pour prendre des photos/vidéos est à droite, juste au-dessus du logo Oakley // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Lors de mon test, j’ai passé plus de temps à modifier le volume des lunettes qu’à prendre des photos et la commande que j’ai donc le plus utilisée est la zone tactile sur le côté extérieur de la branche droite. Des rapides et successifs glissements de doigt vers l’avant permettent de monter le volume, et vers l’arrière de le baisser.

On a quelques ratés ici et là, mais le taux de réussite est suffisamment haut pour continuer d’utiliser cette commande une fois le mouvement pris en main. La manœuvre devient logiquement plus compliquée si vous avez les mains mouillées ou que vous avez transpiré — j’ai un peu galéré lors de sessions de trails. Il m’est aussi arrivé plusieurs fois de lancer sans faire exprès de la musique en calant les lunettes sur mon crâne.

Bon à savoir : j’ai pu paramétrer un appui long sur la zone tactile pour lancer automatiquement ma musique depuis Apple Music.

Qualité photo et vidéo des Oakley Meta HSTN : la praticité prime sur la qualité

Allons droit au but : matériellement, la caméra des Oakley Meta HSTN est identique à celle des premières Ray-Ban Meta de 2023. Eh oui, on y retrouve exactement le même capteur ultra grand-angle de 12 mégapixels.

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Fini cependant le plafond de verre du 1080p à 30 images par seconde puisqu’on débloque ici de la 3K à 30 ips et du 1080p à 60 ips, avec un HDR censé être plus efficace. Selon Meta, les anciennes lunettes n’avaient ni la batterie ni la dissipation thermique pour encaisser une telle charge. Cette bride logicielle est désormais levée. Je précise d’ailleurs que les lunettes n’ont jamais particulièrement chauffé lors de mon test, en tout cas jamais sur mes tempes.

Chloé Pertuis – Frandroid

Avant d’aller plus loin, sachez que les lunettes enregistrent uniquement en format vertical. Vous pourrez techniquement toujours recadrer le résultat en 16:9, si vous acceptez une perte de qualité. Justement, parlons-en.

Sur le papier, on a affaire à une définition de 3 024 x 4 032 px, mais dans les faits avec la stabilisation logicielle, on est plutôt sur du 2400 x 3 200 ou 2 336 x 3 120 pour un plan stable, mais la majorité du temps du 2 192 x 2 928, voire un peu moins.

Et la qualité alors ? En plein jour, elle est étonnamment bonne. On remarque tout de même assez vite une espèce d’effet de netteté artificiel, surtout sur les contours, qui me fait différencier une vidéo des lunettes de celle d’un téléphone en un coup d’œil.

Allez, voici un giga pêle-mêle des vidéos que j’ai enregistrées les trois derniers mois. Vous aurez largement de quoi juger la qualité d’image et sonore des lunettes.

La caméra des Oakley Meta HSTN n’a pas non plus à rougir, mais reste un vrai cran en dessous de celles des modèles haut de gamme — mon iPhone 17 Pro pour ne citer que lui. La plage dynamique est sans surprise limitée et vos vidéos en basse lumière ou avec de forts contrastes ne seront pas les plus belles de votre galerie.

Les ciels sont très souvent cramés et j’ai franchement parfois l’impression d’avoir un rendu de fausse GoPro sur Amazon. Les tests que j’avais vus en ligne avant d’avoir ma paire me semblaient avoir une meilleure qualité. Après plusieurs mois d’utilisation, je peux tout simplement dire que la qualité vidéo est passable. Il n’en fallait pas moins.

Là j’ai une tête vraiment bizarre et je m’apprête à prendre une photo avec les Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

L’effet POV ne pourra pas remplacer une vidéo stable et propre tournée avec un téléphone, mais plaira à certains. Lorsque vous filmez, il faut simplement se rappeler que la caméra est sur le côté gauche : elle n’est pas centrée comme sur les Oakley Meta Vanguard et les vidéos finales ne retranscriront donc pas exactement votre axe de vision.

Justement en parlant d’angle de vision : attention à vos cheveux, casquette, ou tout ce qui pourrait se trouver sur votre tête et par extension à tout ce qui est à proximité de la lentille. Si Meta propose bien un mode dédié censé automatiquement rogner dans l’image pour effacer les mèches rebelles, j’ai retrouvé un bon nombre de mes vidéos gâchées par mes propres cheveux. Bon c’est de ma faute je dois aller chez le coiffeur depuis un mois.

Je m’en suis rendu compte un peu tard lors de mon test : la différence de qualité vidéo entre le mode 3K et 1080p n’est franchement pas bluffante. Elle est même souvent difficilement perceptible, y compris avec les deux vidéos côte à côte. La différence sera cependant bien visible si vous zoomez dans l’image finale. Je précise cela, car enregistrer en 3K implique trois désavantages par rapport au 1080p :

  • moins d’autonomie ;
  • des fichiers plus lourds : pour deux vidéos de la même durée (5 secondes) et représentant exactement la même scène, comptez 7 Mo pour le format 1080p contre 18 Mo pour le format 3K ;
  • une limite de temps : la caméra coupe automatiquement l’enregistrement au bout de 3 minutes — il faut basculer en 1080p pour atteindre les 5 minutes d’affilée.

Côté photo, c’est peut-être là que la qualité était moins rapidement différenciable de celles de mon iPhone — avant de zoomer, on s’entend. Je me suis cependant surpris à ne prendre quasiment aucune photo, à tel point que j’ai changé l’action déclenchée par défaut sur le bouton des lunettes, pour le basculer du mode photo au mode vidéo.

Photo iPhone 17 Pro
Photo Oakley Meta HSTN

Par contre, je me suis assez vite pris au jeu de filmer des micros vidéos ici et là pour des choses qui ne motiveraient pas à sortir mon téléphone habituellement. À savoir que des modes Ralenti et Hyperlapse sont disponibles, mais les activer demande une manipulation, ce qui supprime selon moi tout l’avantage de ce produit.

La LED s’allume automatiquement si vous prenez une photo ou une vidéo // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Ce n’est pas un secret : le voyant LED de capture dans le coin des Oakley Meta HSTN (de l’autre côté de la caméra) s’allume pour indiquer aux autres que vous filmez (il clignote en continu) ou que vous prenez une photo (il s’allume une fois). J’ai tout de même pu prendre une vidéo en masquant le voyant LED avec mon doigt.

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Pour résumer cette sous-partie sur la qualité vidéo, personne ne sera surpris si je conclus ici en disant que la caméra des Oakley Meta HSTN ne remplacera jamais un iPhone ou une GoPro. Son atout est tout simplement d’être posée sur notre nez, prête à filmer à tout moment en un seul clic, sans sortir quoi que ce soit de notre poche et sans besoin de cadrer. Et ça, croyez-moi, on s’y fait bien vite.

Application et Meta AI : un écosystème envahissant mais efficace pour les Oakley Meta HSTN

Avant d’aller plus loin, précisions que ces lunettes sont compatibles avec les iPhone (à partir d’iOS 15.2) et les téléphones Android (à partir d’Android 10).

L’application utilisée pour piloter les Oakley Meta HSTN est Meta AI, qui remplace d’ailleurs l’ancienne application Meta View. Si l’on n’est pas surpris du nom étant donné la direction IA prise par Meta (et globalement par toute l’industrie), on l’est un peu plus quand on l’ouvre.

On se rend vite compte que les trois quarts de l’application concernent des usages qui n’ont strictement rien à voir avec les lunettes : flux de vidéos sociales verticales à la TikTok, espace de chat IA, page de news « pour toi », flux d’abonnés… Bref, Meta a profité de l’occasion pour transformer ce qui devrait être un simple utilitaire de réglages en un véritable hub social déguisé.

Meta reste une entreprise de réseaux sociaux, certes, mais on sent clairement la marque pousser au maximum son écosystème. Heureusement, l’onglet dédié à vos lunettes fait très bien le job pour récupérer ses rushs et gérer les paramètres, mais on se passerait bien de tout ce brouhaha logiciel pour simplement vider la mémoire de sa caméra.

Maxime Grosjean pour Frandroid

Justement, deux méthodes existent pour télécharger les vidéos et photos des lunettes vers votre téléphone : laisser la synchronisation se faire discrètement en arrière-plan (c’est long, surtout pour les fichiers 3K), ou accélérer drastiquement le processus en autorisant l’application à se connecter directement au réseau Wi-Fi généré par les lunettes. Dans les deux cas, les médias se téléchargent automatiquement dans la galerie native de votre téléphone, cela vous évitera de devoir systématiquement repasser par l’application Meta pour retrouver vos plans.

Des lunettes Meta avec des micros et des haut-parleurs intègrent forcément un assistant vocal. Si je n’ai pas eu le réflexe de l’utiliser énormément, force est de constater qu’il fonctionne assez bien et se montre très réactif. Honnêtement, hormis lui demander de me décrire ce qu’il voit devant moi pour impressionner la galerie (« Hey Meta, décris-moi ce que tu vois »), savoir de quelle plante il s’agit ou demander la météo… bon, c’est comme les autres IA, les vrais usages quotidiens viendront avec le temps. Ça reste tout de même assez impressionnant techniquement. Attention, le langage français est moins complet que l’anglais.

Meta nous pousse également à utiliser les lunettes et l’application pour mettre en place des rappels (mémos vocaux), mais je n’ai pas envie d’être totalement dépendant de Meta pour mon organisation — et j’utilise toujours mon téléphone pour ces besoins.

Il est d’ailleurs assez drôle de lire les cas d’usage mis en avant sur le site officiel pour ces HSTN : « Tu peux me proposer un entraînement pour le haut du corps ? »… Comme si quelqu’un allait vraiment dicter ça à ses lunettes avant de faire des pompes dans son salon — aux USA peut-être, qui sait.

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Le géant américain profite bien évidemment de sa mainmise sur les messageries et vous permet d’envoyer le flux vidéo de vos lunettes en direct lors d’un appel vidéo Messenger ou WhatsApp, ou même de streamer sur Instagram. On peut aussi connecter son compte WhatsApp pour que l’assistant lise nos notifications entrantes. C’est pratique, mais ils auraient pu peaufiner l’expérience : j’ai un groupe WhatsApp avec des émojis dans le nom, et à chaque nouveau message, la voix robotique des lunettes prenait le temps de me dicter chaque émoji à haute voix avant de lire le texte.

Enfin, pour l’aspect sportif, la plus connue des intégrations reste bien celle de Strava. En connectant votre compte dans l’application Meta et en laissant quelques secondes à la synchronisation automatique, un menu de statistiques apparaît sur chaque vidéo. Il faut bien sûr avoir enregistré la vidéo pendant l’activité en cours, et on peut alors choisir d’afficher en surimpression diverses données : la vitesse en temps réel, la distance parcourue, l’altitude ou encore la fréquence cardiaque.

L’intégration des statistiques Strava dans l’application Meta AI

C’est un grand classique qu’on connaît déjà très bien sur les caméras d’action, et nous sommes bien contents de l’avoir ici de façon automatisée avec Strava, sans aucun effort de montage. Les pros de l’influence savent à quel point ça fait tout de suite son petit effet pour habiller une story ou un réel.

La petite LED interne des lunettes (oui, il y en a une, dans le coin en haut à droite de votre vision périphérique) qui sert habituellement de témoin système peut même se coupler avec une montre Garmin pour qu’elle s’allume et vous alerte visuellement en temps réel si vous sortez de votre zone de fréquence cardiaque ou de votre allure cible.

Autonomie des Oakley Meta HSTN : une belle progression

Meta et Oakley annoncent une autonomie pouvant atteindre les 8 heures avec une seule charge et jusqu’à 48 heures avec l’étui entièrement chargé. Cela ne veut pas dire grand chose quand on sait que les lunettes peuvent être utilisées pour filmer, prendre des photos, parler à l’intelligence artificielle, écouter de la musique ou passer des appels.

Les Oakley Meta HSTN et leur boîtier // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

À titre d’exemple, mes lunettes sont passées de 100 % à 65 % après 1 h 30 d’appel FaceTime, donc en sollicitant en continu les micros et les haut-parleurs.

Mieux, voici un vrai test terrain étalé sur trois semaines (je les portais principalement le week-end). Vous y trouverez la date, les types d’utilisations précis et la baisse d’autonomie des lunettes, ainsi que celle du boîtier après avoir rechargé les montures.

Phase de testUtilisation réelleImpact batterie des lunettesImpact batterie du boîtier
18/04 : Sortie sportiveTrail de 3 h 40 mn. 2-3 musiques + 1 appel de 2 min + 21 vidéos (5 min de rush). Ensuite transfert vers le téléphone.100 % ➔ 61 % (fin du trail)

➔ 53 %(après transfert)
Départ à 100 %
Recharge dans le boîtier100 % ➔ 70 %
19/04 : Grosse matinée d’appels1h40 d’appels cumulés + un peu de musique + 2-3 vidéos (1m30)100 % ➔ 55 %
Recharge dans le boîtier70 % ➔ 55 %
25/03 : Journée passivePortées normalement ou laissées posées hors de leur boîte (sur tableau de bord). Environ 10 petites vidéos et 1 appel.100 % ➔ 20 % (le soir)
Recharge dans le boîtier et quelques utilisations de 2-3 minutes maximum55 % ➔ 35 %
10/05 : Journée hybridePortées toute la journée avec recharges ponctuelles dans le boîtier. 1h30 d’appels cumulés + quelques musiques + environ 20 vidéos (total de 3 min).Finit à 56 %
Recharge dans le boîtier35 % ➔ 20 % le lendemain matin

Vous le voyez, la batterie des lunettes se vide assez rapidement si vous passez des appels, mais le boîtier offre une solide base de recharge, qui vous tiendra des semaines si vous n’utilisez pas les lunettes tous les jours.

Sur la dernière journée dite « hybride » dans le tableau ci-dessus, les lunettes sont passées de 100 % à 20 % après 8 heures passées sur mon nez ou posées sur ma tête, pendant lesquelles j’ai pris le soleil, écouté un peu de musique, mais surtout passé 1 h 30 d’appels et enregistré une dizaine de vidéos.

Les lunettes en elles-mêmes n’ont ni port USB-C ni charge sans fil. Elles se rechargent exclusivement via leur boîtier, grâce à de minuscules broches de connexion situées au niveau du pont, juste sous le nez. Vous pourrez donc enfin sortir cette phrase lors des repas de famille : « Oui papi, je dois recharger mon téléphone et mes lunettes ».

Le port USB-C et le bouton d’appairage du boîtier des Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Si vous êtes habitué à la simple pochette souple en microfibre ou aux coques classiques de chez Oakley, préparez-vous à du changement. L’étui de charge des Meta HSTN est rigide — et très bien fini. Le capot est magnétique et l’intérieur a une espèce de revêtement en nubuk. Il faut bien enfoncer les lunettes pour les ranger et les connecter, et à l’inverse bien tirer pour les sortir du boîtier. C’est étrange la première fois, mais le coup de main se prend rapidement.

Le boîtier intègre logiquement sa propre batterie et se recharge en USB-C à l’arrière. Il se révèle logiquement plus lourd et plus volumineux qu’un étui standard. S’il trouvera sans problème sa place dans un tote bag ou une sacoche de vélo, oubliez tout de suite l’idée de le glisser discrètement dans la poche de votre jean. Je le prenais d’ailleurs rarement quand je sortais en ville.

Sous vos yeux ébahis, je range le boîtier sans un sac // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Côté temps de charge, selon nos tests, le boîtier demande 2 heures pour passer de 15 % à 85 %. Meta indique que l’’étui peut être rechargé complètement en trois heures et demie. En 13 minutes dans le boîtier, les lunettes sont quant à elle passées de 20 % à 40 % de batterie.

C’est ici que les lunettes se rechargent // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Sait-on jamais : une fois la batterie vidée, les Oakley Meta HSTN restent… des lunettes de soleil. Elles continueront de protéger vos yeux et de jouer leur rôle initial quoi qu’il arrive. Il est d’ailleurs possible de les éteindre complètement en faisant glisser un petit interrupteur physique caché à l’intérieur de la branche gauche, juste à côté de la charnière.

Le bouton on/off des Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Dommage, en revanche, de ne pas pouvoir désactiver uniquement la partie tactile ou audio. Cela éviterait bien des agacements et des faux positifs. À plusieurs reprises pendant mon test, la musique s’est lancée toute seule simplement parce que je remontais les lunettes sur ma tête pour les poser sur mes cheveux. Avoir une option logicielle pour verrouiller le son et les commandes tactiles, tout en nous laissant la possibilité d’enregistrer des vidéos avec le bouton physique, aurait été un vrai plus pour une utilisation sportive.

Prix et date de sortie des Oakley Meta HSTN

Les Oakley Meta HSTN ont débarqué en France à l’été 2025 et sont déclinées dans huit coloris différents. Il faudra débourser entre 439 euros et 519 euros pour les obtenir, en fonction du modèle.

À titre de comparaison, la monture Oakley HSTN classique, vendue sans aucune électronique, se situe autour des 150-200 euros en général.

La boîte (l’emballage) des Oakley Meta HSTN // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Les Ray-Ban Meta de deuxième génération, qui embarquent pourtant exactement les mêmes composants, sont quant à elle affichées à partir de 419 euros. Les Oakley HSTN vous facturent donc au prix fort le look de la monture et la technicité des verres Oakley. Enfin, il faut bien sûr les placer face au véritable modèle haut de gamme de la marque pensé pour la performance pure, les Oakley Meta Vanguard. Ces dernières ont été lancées en France au tarif particulièrement salé de 549 euros à 629 euros.

Note finale du test
8 /10
Les Oakley Meta HSTN sont franchement séduisantes. La promesse est tenue : je peux écouter ma musique, passer des appels clairs et capturer des moments en POV d'une simple pression sur la branche, sans jamais sortir mon téléphone. La qualité optique des verres Oakley est au rendez-vous et l'intégration de Strava ou Garmin fait vraiment plaisir pour les sorties course à pied. L'assistant vocal plaira à certains et sera inutile pour d'autres.

On reste cependant sur notre faim côté image. Avec des bonnes conditions lumineuses, la caméra embarquée dépannera sans problème pour alimenter des réseaux sociaux, mais sa qualité vidéo reste passable si la lumière baisse ou que les contrastes s'en mêlent. Attention si vous êtes habitués à filmer avec un téléphone haut de gamme ou des caméras d'actions, ce n'est clairement pas le même calibre ici. L'utilisation sportive est aussi assez limitée à cause des commandes tactiles logiquement capricieuses dans ces conditions, et de la simple résistance aux éclaboussures (IPX4).

En fin de compte, si vous cherchez des lunettes de soleil connectées au look un peu plus affirmé et stylé que les modèles urbains classiques, assurez-vous simplement que leur gabarit un peu épais convient à la forme de votre visage et allez-y. Gardez toutefois en tête qu'à plus de 439 euros, elles sont plus chères que les Ray-Ban Meta (Gen 2) aux capacités identiques, mais moins robustes que les Oakley Meta Vanguard pensées pour la performance.

Une chose est sûre : Meta est pour l'instant seul et franchement convaincant sur un marché qui risque bien de prendre de l'ampleur.

Points positifs
Oakley Meta HSTN

  • La praticité du produit (écouter, appeler et capturer sans les mains)

  • Qualité audio étonnamment suffisante

  • Qualité d'image convenable en plein jour

  • Excellente qualité d'appels en toutes conditions

  • La qualité optique des verres Oakley (surtout en Prizm)

  • Les différentes intégrations (Strava, Spotify, Garmin, WhatsApp...)

  • L'autonomie convenable des lunettes

  • La large autonomie du boîtier de charge

Points négatifs
Oakley Meta HSTN

  • Qualité vidéo souvent passable (netteté artificielle, plage dynamique)

  • Pas de vraie étanchéité (IPX4)

  • L'application Meta IA, ce hub social envahissant

  • Le boîtier de charge rigide est encombrant

  • Le rapport prix/fonctionnalités face aux Ray-Ban Meta et aux Vanguard

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